Tu as posé le pot à longs pinceaux sur la table à côté du carton entoilé, les tubes acrylique noir, rouge, bleu, jaune, le blanc caché derrière la palette vierge, le mortier à disposition, quelques couteaux qui semblent n’avoir jamais servi tant tu les a nettoyés, le vieux torchon devenu chiffon bariolé, le pot à eau toujours inutile. Tout est là. Manque l’artiste.
Aujourd’hui, elle s’est perdue dans les hautes herbes de l’absurdie. Une plante comme une autre, un peu plus ou moins libre face au vent, au soleil, encrée dans la terre de ses mottes de mots raturés. Champ en noir et blanc d’où jaillit un coquelicot sur lequel une coccinelle prend la pose. C’est là que le temps devrait se dissoudre. Une brève vacuité. Là, que les pensées s’abstiendraient de violer ce petit néant si doux. L’horizon tremble un peu, trouble jeu de déroute, les chemins de traverse resteront invisibles.
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