Quand on aime la photographie, on ne peut passer à côté d’une exposition à la Maison Européenne de la Photographie, dans le Marais. Que les artistes soient très connus ou mal connus, ce qui nous y proposé ne laisse pas indifférent. J’y ai fait de belles découvertes. Cette saison, c’est Harry Gruyaert qui a particulièrement attiré mon attention, ce photographe belge est un sorcier de la couleur. Qu’il s’agisse de photos d’Ostende, de Paris ou du Maroc, l’exposition déploie des séries de photos souvent fort bien composées aux couleurs vives et aux atmosphères envoutantes. Pour Harry Gruyaert, “la couleur c’est l’émotion de la photographie”. On veut bien le croire ici. (à noter que la RATP propose jusqu’au 15 juin dans certaines stations (RER et métro) des photos de Gruyaert).  (jusqu’au 14 juin 2015)
Je suis enfin allée voir l’exposition des Cahiers dessinés, à la Halle Saint Pierre. D’habitude, je m’y précipite dès les premiers jours d’une nouvelFeatured imagele expo, mais cette fois j’ai pris le temps, le contenu du catalogue sur lequel je suis tombée par hasard ne m’avait pas trop emballée (pourtant le dessin de couverture de Pajak est attirant). Et cela s’est confirmé lors de ma visite, je n’ai pas ressenti le même enthousiasme que d’habitude. Il y a tout de même de bonnes choses, même très bonnes, comme les dessins de Marcel Bascoulard – un drôle de bonhomme marginal, clochard et génie, mort assassiné, et honoré par la ville de Bourges après sa mort – des petites merveilles. On peut aussi citer les quelques dessins de Fred Deux, Victor Hugo, Louis Soutter, Sempé, Noyau et quelques autres découvertes. (jusqu’au 14 août 2015)
En parlant d’Hugo et de Soutter, la Maison de Victor Hugo, place des Vosges dans le Marais, fait un parallèle entre les oeuvres graphiques des deux artistes. Je connaissais le travail de Louis Soutter pour l’avoir admiré dans une superbe exposition à la Maison Rouge en 2012. L’oeuvre de Soutter mérite vraiment qu’on s’y arrête, dommage que cette petite exposition n’en montre qu’un aspect. Vous me direz, elle n’est pas non plus faite pour en montrer davantage mais pour mettre un parallèle certains dessins des deux hommes. (jusqu’au 30 août 2015)
Profitant d’une fin d’abonnement au musée d’Orsay, j’ai pu voir la rétrospective sur Bonnard. Le premier bonheur, c’est de se faufiler à travers le chaos des files d’attente pour entrer dans le musée (particuliers, groupes, réservations – quel courage ont les touristes !). Il était tôt pourtant. Ensuite, c’est rien que du bonheur pour les yeux. (jusqu’au 19 juillet 2015)
Mais c’est au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris que je passe le plus de temps en ce moment. Il faut dire que les rétrospectives de Carol Rama et Markus Lüpertz sont plutôt substantielles. Deux découvertes pour moi. Un travail de la matière pour la première, ses rouges et noirs et son franc parler – j’aime moins ses compositions sur les chambres à air.
Ramaduopf
Quant à Markus Lüpertz, ses oeuvres peintes ou sculptées mêlant art figuratif ou abstrait méritent une visite. (à voir jusqu’à la mi-juillet)
Lupertz MAMpf
Au sous-sol se tient une exposition temporaire de Henri Darger, artiste que l’on rencontre souvent dans les expositions d’art brut. “Petite” exposition si on compare avec la multitude de dessins qui furent découverts après sa mort. Ses dessins illustrent son roman, quelques 15 000 pages, relatant l’histoire d’une guerre sans fin ayant pour origine la rébellion des enfants opprimés par le peuple des Glandéliniens, Un monde onirique qu’il a composé durant des décennies. Petite anecdote, j’ai appris que le roman Les visages, de Jesse Kellerman, que j’avais beaucoup apprécié, est inspiré de l’oeuvre de Darger. (jusqu’au 11 octobre 2015)
Comme on le voit, l’actualité est foisonnante au MAM, et ça ne s’arrête pas là, ce sera l’objet d’un prochain article.
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