De la Picardie, je voudrais vous parler du Bois de Cise. Un endroit préservé, un bois ancien tout en longueur dans une valleuse menant à la mer. Un lieu de de contes de fées où se cachent quelques maisons dont certaines sont abandonnées. Le lieu a un vécu, une histoire de plus d’un siècle.

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Je l’ai connu l’hiver, sous la pluie, dans le froid, rien n’altérait ses charmes. Je voulais tout emporter dans ma boîte à lumière du jeu des rayons solaires à travers les branches des grands arbres nus, éveillant une telle harmonie que je me laissais croire que les dieux étaient descendus sur terre pour nous tendre leurs mains. Je m’y suis étourdie du printemps symphonique des oiseaux, j’ai couru après la danse des écureuils pour n’en rien perdre encore une fois. Te souviens-tu de nos éclats de rire ?

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Je me suis grisée du tableau des tapis de jonquilles, bientôt noyés sous des océans de clochettes bleues. Des couleurs qui hallucinaient ma palette bien incapable de les reproduire.

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Au fil des mois, j’ai traversé le bois, par tous les sentiers je l’ai hanté comme il m’a possédée. Je garde nos secrets.

Combien de fois ai-je descendu le long escalier usé qui conduit à la mer dans la petite ouverture entre les hautes falaises ? Cette mer que j’ai connue lointaine ou proche, si calme qu’on aurait dit qu’elle s’était oubliée dans une pause du temps, ou tellement agitée que de l’intérieur c’est mon coeur qui débordait, tellement bleue ou verte ou grise ou écumante de rage sous un ciel aussi sauvage que la plage à marée basse. J’ai vu bien des humains ici frémir d’extase captifs du fabuleux ballet des déferlantes.

J’ai vécu là-bas une année d’illusion, un rêve ou peut-être un mirage comme on n’en croise que dans les contes. Et puisqu’il est d’usage que le temps ramène à la réalité, me reste mes photos.

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