Un jour de brume à la pointe du Hourdel, près de Saint-Valéry-sur Somme. La brume sur un paysage c’est comme la danse des sept voiles de Salomé. Un spectacle hypnotique qui nous mène entre l’eau qui s’est éloignée et le rivage dur recouvert de galets. On ne sait où on va, on flotte dans un certain bonheur, celui d’avancer dans un no man’s land mystérieux.

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C’est alors qu’au loin une tête de Godzilla apparait. Le monstre doit être là depuis des millénaires, prisonnier de la vase, pointant son museau dans un dernier réflexe d’inspiration. La curiosité nous pousse à accélérer le pas, des fois peut-être qu’il disparaitrait à jamais dans quelques limbes fantasmagoriques.

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Le Godzilla était un blockhaus… Une impression de déjà vu… C’est pourtant la première fois que…

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A peine le temps de dépasser le bloc de béton que le monde pivote sur le seuil de l’irréalité. Tout devient clair pour les yeux autant que pour l’esprit. « Dis donc, c’est pas le blockhaus qu’il y avait dans la série que tu regardais ? » « Oui, Les Témoins, une des scènes clés, c’est là qu’on retrouvait… » J’ai bien aimé cette série, surtout l’actrice, celle qui court en chaussettes sur les galets, longtemps longtemps (on a le temps de se demander comment elle fait, ils ont dû renforcer les chaussettes, parce que ouille ! aie ! là, j’y crois pas ! A moins que la demoiselle soit si légère… mais non impossible), oui, l’actrice, une présence comme je les apprécie, je ne l’avais jamais vue, ne sais pas comment elle s’appelle… Marie Dompnier, me murmure l’ami Google. Donc, me voilà plantée devant un morceau d’anthologie… C’est impressionnant, pas le morceau d’anthologie, mais cette énorme masse qui semble perdue, là, au milieu de nulle part, terrassée à jamais.

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Le temps du retour, la brume a de nouveau tout enseveli. Le phare du Hourdel est à peine visible, tout comme nous bientôt.

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Photos prises en avril 2015.

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