Recherche

les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Mois

juin 2015

Le rêve d’une page blanche

une virgule de silence pour écrire sa présence

elle pose ses mots en transparence

les points de suspension ont abordé le seuil de l’imagination

l’encre suinte        ouvre les tentations

le long des livides sillons elle irrigue le néant d’un sang noir

la page rêve elle ébauche un printemps

sur chaque feuille à venir veut s’écrire un roman 0315_002pf

(03 2015 -dessin encre sur papier bristol)

Des histoires gravées dans la pierre

Je marchais sur les galets lorsque l’un d’entre eux attira mon attention. Me baissant pour l’observer de plus près, j’y vis d’étranges dessins. En fouillant le sol autour de moi, j’en trouvais d’autres. J’oubliai le monde alentour pour entrer par cette petite porte ouverte sur un autre univers d’où s’échappaient des chuchotis, des bouts d’histoire. J’ai détourné les galets de la plage comme on tourne les pages d’un livre d’images.

 0615pierrespf

Ainsi j’ai vu monsieur Girafe se promener débonnaire sous le ciel étoilé, son cou était si grand qu’il dépassait la plus haute des étoiles. Et il levait la tête, plus haut, toujours plus haut, croquant ici ou là les fruits d’un paradis céleste, se désaltérant à l’occasion de quelques larmes de voie lactée.

Pendant ce temps, Serein le chat sommeillait sous les provocations d’une souris bien dodue. Vole inconscient rongeur, le chat attend son heure. Follette, elle minaudait avec son ventre tant gonflé d’air, certaine de planer trop haut pour un félin gravé dans la pierre. Je n’y parierais pas tes moustaches, Souricette, un simple coup de griffe dans la bedaine et le minet fera un festin de tes pauvres entrailles dégonflées. Triste fin.

Grrrrr, marmottait le fantôme en se débattant dans sa gangue de silex trop serrée. Aide-moi à sortir, je t’accorderai un souhait. Désolée de ne pouvoir attendrir la pierre entre mes mains, Phantasme râleur, il faudra te faire à l’idée de rester couché là encore quelque mille ans.

De leur côté, Joséphine Brebis et Annabelle Vache barbotaient dans la mare aux canards se racontant des histoires de poulailler. Une vraie cacophonie dont je ne pipais mot.

C’est alors que dans le souffle d’une bourrasque je vis Cheveux aux vent la plus jolie des sorcières filer sur l’horizon à cheval sur son balai turbo.

0615pierre2pf

Elle s’en allait délivrer les victimes tombées les unes après les autres dans le gosier du terrible tétardorus des abysses.

Le cri strident d’un goéland me ramena à la réalité. La marée remontait, il était l’heure de replier les rêves, je ramassai ma précieuse collection de galets-conteurs et je rentrai.

Schrödinger’s cat

C’était le titre d’un projet. Quelques ébauches, numérique, aquarelle, acrylique.

J’ai eu un chat, je l’ai gardé 20 ans. On ne sort pas d’une histoire de 20 années sans quelques douces séquelles. Je me désolais parce qu’il refusait de voir son image dans le miroir détournant la tête systématiquement malgré mes efforts « regarde c’est toi, regarde regarde ». Lui, c’était un fonceur, il était habile, débrouillard, vif, voleur, fugueur, un chat. Nous nous aimions, chacun à notre manière. Lui en chat et moi en évitant de faire trop d’anthropomorphisme. Et nous faisions de fabuleuses parties de boxe féline. J’étais le “maitre”, il le savait, et je savais le faire gagner. La partie s’arrêtait avant que le minet-doudou se transforme en fauve-Hulk. Alors il soupirait profondément, la patte posée sur ma main qui avait abandonné le combat. Fffrrron Je l’entends encore comme s’il était à côté de moi. Il nous arrivait de nous regarder longuement, nos questions s’entrechoquaient sans jamais se donner de réponse. Le soir, nous sombrions dans l’endormissement, truffe contre nez, puis je me retournais et il allait se coucher à mes pieds. Rituel de la nuit.. Mon chat voyait des fantômes, il en avait terriblement peur. Nous nous amusions à nous prendre en photos, enfin surtout moi, mais comme c’était l’époque où je faisais pas mal d’autoportraits, et qu’il était curieux, il s’immisçait entre l’appareil et moi, je finissais par le prendre comme sujet. Je crois que ça l’énervais un peu, il bougeait tout le temps. Mais ça m’allait, j’étais en pleine période de photos floues. L’instant n’existe pas dans une photo floue. Le mouvement y est perpétuel.

IP-28-clio

Je ne sais plus si mon obsession pour le chat de Schrödinger, une histoire affreuse comme chacun sait, date d’avant ou après sa mort. Bien avant d’avoir un chat, je crois. Mais ce qui est récent, c’est que depuis que je dessine, j’enferme des chats dans des boites. Dans mes dessins, bien sûr. Et c’est là qu’entre en scène le livre de Philippe Forest dont je voulais vous parler, Le chat de Schrödinger, un roman bien tourné autour d’un chat qui survient dans le jardin d’une maison. Une histoire propice à une méditation sur l’existence.
chatduo
A mettre les chats dans des boites, chaque fois c’est moi qui me fait prendre. Le chat s’amuse à être mort/vivant et j’ajoute des boites, encore des boites, je découvre qu’il y a toujours une boite autour de la boite et même j’imagine la boite autour de moi hors du dessin. Morte ici, vivante là-bas. Mon vieux chat qui n’est plus là rirait bien de me voir me perdre au milieu des boites qu’il aimait tant. D’accord, il ne savait pas rire, j’ai pourtant bien essayer de lui apprendre, mais il a toujours gardé son air sérieux. Maintenant, j’ai construit un labyrinthe de boites. Les chats devraient adorer.

MLlechatetlesboitespf

(peintures acrylique sur cartons entoilés et peinture numérique)

Un jour comme un autre au seuil des Labyrinthes

– Regarde, soeurette ! ma main passe à travers le chemin. loLOlo ils ne verront que mon bras… houu houu… je suis la revenante des forêts perdues… bouhou, le bras baladeur va venir vous chatouiller là où ça fait peur.  Mais regarde, au lieu de rester figée devant la sentinelle. Floc floc zut ! je patauge dans l’encre. Hé, toi là-bas, mister j’melapèteàpeine, arrête de gonfler le torse. Cesse d’encanailler notre imagination.

– Et toi, cesse donc de brailler comme ça ! Viens plutôt m’aider à tirer sur les jambes de celui-là. J’en peux plus, il reste accroché. Humf ! v’là qu’il s’envole !!! Saperlipopette !

– Coucou, toi, coucou, regarde comme ça gigote… Aaah ! au s’cours, je m’enfonce dans la vase. Hé, prends ma main, beau feuillu, j’suis bien plus croquignole que la p’tite impudente qui est restée bloquée dans son apnée pensive.

– Dis, la brailleuse, rends-toi utile,…mourrrrf ! je remonte avec le pendu ! Aie aie aie, viens m’aider, j’ai les mains qui s’arrachent. Il va passer dans le mauvais couloir, mon coeur en fleur. Par les bobines d’Ariane, les filles, arrêtez d’effiler ma patience avec vos manèges de sylphides mal élevées.      Ah ben, voilà, je l’ai perdu. Un de plus. Bravo !

0615_141pf

(encre sur papier dessin – (29×42)

Pour ne pas éteindre la Flamme

0514_072rtulipePuisque la flamme devait être éternelle, un an après je me souviens. Comment oublier ces formidables semaines.

 Il y a un an le Palais de Tokyo confiait à Thomas Hirshhorn un espace de 2000 m² pour une performance culturelle colossale. Durant 52 jours, 200 philosophes, écrivains, poètes se succédaient pour partager leur travail, leur pensée. Durant 52 jours, l’espace allait être offert au public qui allait se l’approprier, en faire un endroit de liberté créative. Six jours sur sept, de midi à minuit. On y trouvait une bibliothèque, une vidéothèque, des postes internet, un workshop, un bar, ainsi qu’une publication gratuite produite chaque jour sur place. Tout cela à disposition du public qui venait, revenait autant qu’il le souhaitait sans passer par la case « Caisse ». Gratuité oblige.
Je me souviens des gigantesques montagnes de pneus qui nous surprenaient dès l’arrivée, et cloisonnaient les espaces.
Je me souviens du brouhaha, des paroles mélangées qui résonnaient, nous appelaient à trouver l’agora ou le petit recoin d’où venaient ces voix. Des débats intimes ou plus vastes, des lectures.
Je me souviens du jour du vernissage, des énormes blocs de polystyrène encore entiers, des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, qui s’attelaient, telles des créatures soudain déchainées, à sculpter, dessiner, couper… armés de bombes de peinture, de scies, des marteaux, de tournevis, de colle, de rubans adhésifs. Je me régalais à prendre des photos. Je revois cette femme en tailleur bleu, armée d’une scie, je la revois s’acharner à trancher dans le matériau blanc, en disant : « Ah, ça fait du bien, ça fait du bien ! » Oh oui, ça faisait du bien de voir ces scènes de déverrouillage des convenances, ces actes de créations fugitives.
Etre dans l’oeuvre, la modeler de l’intérieur, ouvrir ses yeux et ses oreilles, je me souviens de l’enthousiasme qui me prenait dès que je pénétrais dans les lieux à la recherche des changements.
Hirschhorn2014
agrandissez la photo pour mieux voir l’ambiance
Les pneus furent vite recouverts par les impressions que chacun sortait sur les imprimantes reliées aux ordinateurs. Participer d’une manière ou d’une autre. Certains s’activaient, d’autres écoutaient ou débattaient, d’autres encore dormaient sur les canapés ou encore lisaient. Je voulais tout emporter dans ma boîte à lumière.
Et puis, j’ai eu un petit moment de grâce, un jour j’imprimais une photo que j’avais prise le premier jour, j’en ai scotché plusieurs exemplaires sur une colonne de pneus. Quelques jours plus tard, j’ai eu la surprise de voir ma photo en première et dernière pages du journal Flamme Eternelle. Un moment qui restera un précieux souvenir.
JFE-Photo
Je me souviens des derniers jours, puisqu’il faut que ça finisse. C’était devenu un joyeux chaos.
0514_278triopf
Aujourd’hui, j’en redemande des performances de cette dimension. Merci, Thomas Hirschhorn, pour tous ces moments riches en émotions, en surprises, en partages.
0314_894rpf

Combien d’années d’absence ?

MLpoissonrouge1002Heureux qui, comme Ulysse… me voilà revenue après un long voyage hors des sentiers battus par les vents du verbiage. Pénélope n’est plus là et la tapisserie de mes chuchotements ressemble à un tas de reliques. Le sens de ma vie s’égaille au-dessus de ces ruines dont je reconnais peu le bourdon des chimères d’autrefois. J’ai visité les dieux, les livres et les arbres, traversé des tempêtes, accosté des rivages hostiles, triomphé des moulins qui n’étaient que du vent. Cent fois j’ai répudié les mots pour ne jamais céder à une tentation de vous faire ressurgir. Je me suis réfugiée à l’autre bout de moi, là où le silence cède aux tumultes des vies. Ai-je gagné en raison ? L’apaisement nait-il de ces mutilations ? Où êtes-vous passés, amis des Territoires ?

Je soulève les mots couchés sur la rocaille, je ne sais plus vos noms, j’ai brisé vos images. Un peu jeté au loin ce qui me ressemblait. Je voudrais croire, petite soeur quantique, que ton regard me touche à travers les strates du vide. Vous vous défiez de moi, je me méfie de vous. Où suis-je revenue ?

Picardie 2 – La pointe du Hourdel dans la brume

Un jour de brume à la pointe du Hourdel, près de Saint-Valéry-sur Somme. La brume sur un paysage c’est comme la danse des sept voiles de Salomé. Un spectacle hypnotique qui nous mène entre l’eau qui s’est éloignée et le rivage dur recouvert de galets. On ne sait où on va, on flotte dans un certain bonheur, celui d’avancer dans un no man’s land mystérieux.

0415_168pf

C’est alors qu’au loin une tête de Godzilla apparait. Le monstre doit être là depuis des millénaires, prisonnier de la vase, pointant son museau dans un dernier réflexe d’inspiration. La curiosité nous pousse à accélérer le pas, des fois peut-être qu’il disparaitrait à jamais dans quelques limbes fantasmagoriques.

0415_143pf

Le Godzilla était un blockhaus… Une impression de déjà vu… C’est pourtant la première fois que…

0415_144pf

A peine le temps de dépasser le bloc de béton que le monde pivote sur le seuil de l’irréalité. Tout devient clair pour les yeux autant que pour l’esprit. « Dis donc, c’est pas le blockhaus qu’il y avait dans la série que tu regardais ? » « Oui, Les Témoins, une des scènes clés, c’est là qu’on retrouvait… » J’ai bien aimé cette série, surtout l’actrice, celle qui court en chaussettes sur les galets, longtemps longtemps (on a le temps de se demander comment elle fait, ils ont dû renforcer les chaussettes, parce que ouille ! aie ! là, j’y crois pas ! A moins que la demoiselle soit si légère… mais non impossible), oui, l’actrice, une présence comme je les apprécie, je ne l’avais jamais vue, ne sais pas comment elle s’appelle… Marie Dompnier, me murmure l’ami Google. Donc, me voilà plantée devant un morceau d’anthologie… C’est impressionnant, pas le morceau d’anthologie, mais cette énorme masse qui semble perdue, là, au milieu de nulle part, terrassée à jamais.

0415_131pf

Le temps du retour, la brume a de nouveau tout enseveli. Le phare du Hourdel est à peine visible, tout comme nous bientôt.

0415_180rpf

Photos prises en avril 2015.

Picardie 1 – Bois de Cise

De la Picardie, je voudrais vous parler du Bois de Cise. Un endroit préservé, un bois ancien tout en longueur dans une valleuse menant à la mer. Un lieu de de contes de fées où se cachent quelques maisons dont certaines sont abandonnées. Le lieu a un vécu, une histoire de plus d’un siècle.

2BdC18

Je l’ai connu l’hiver, sous la pluie, dans le froid, rien n’altérait ses charmes. Je voulais tout emporter dans ma boîte à lumière du jeu des rayons solaires à travers les branches des grands arbres nus, éveillant une telle harmonie que je me laissais croire que les dieux étaient descendus sur terre pour nous tendre leurs mains. Je m’y suis étourdie du printemps symphonique des oiseaux, j’ai couru après la danse des écureuils pour n’en rien perdre encore une fois. Te souviens-tu de nos éclats de rire ?

0314_158ecureuil

Je me suis grisée du tableau des tapis de jonquilles, bientôt noyés sous des océans de clochettes bleues. Des couleurs qui hallucinaient ma palette bien incapable de les reproduire.

0314_233fleursduo

Au fil des mois, j’ai traversé le bois, par tous les sentiers je l’ai hanté comme il m’a possédée. Je garde nos secrets.

Combien de fois ai-je descendu le long escalier usé qui conduit à la mer dans la petite ouverture entre les hautes falaises ? Cette mer que j’ai connue lointaine ou proche, si calme qu’on aurait dit qu’elle s’était oubliée dans une pause du temps, ou tellement agitée que de l’intérieur c’est mon coeur qui débordait, tellement bleue ou verte ou grise ou écumante de rage sous un ciel aussi sauvage que la plage à marée basse. J’ai vu bien des humains ici frémir d’extase captifs du fabuleux ballet des déferlantes.

J’ai vécu là-bas une année d’illusion, un rêve ou peut-être un mirage comme on n’en croise que dans les contes. Et puisqu’il est d’usage que le temps ramène à la réalité, me reste mes photos.

0814BdC_245rmer

Brume

Suis-je ici ou ailleurs ? Je me perds dans ces traces de débauche où les mots coulaient clairs et bondissants pour mieux s’enchevêtrer au creux des apparences. Ces mots accumulés formant les contreforts de ma cité rêvée, d’où je me suis bannie. Ces mots, qui maintenant croisent au large de mes sens sans oser me toucher. Suis-je encore parmi eux ? Pourrais-je encore gonfler mes voiles au vent de la chimère ? Ici, si vague, si trouble, si dénudé, si peu vrai au réel. Là-bas, dans le leurre ineffable des chemins esquissés par les hautes murailles. Là-bas, où chaque écho m’entraine dans la sécurité du cocon-labyrinthe. Je pourrais être ici et ailleurs, me fondre doucement dans de nouvelles errances. Ici, ailleurs. Tirer les mots à soi et les laisser vibrer.

vyPicardie0415_274pf

photo R.P.

MEP, MAM, Maison de Victor Hugo – les expos du moment

Quand on aime la photographie, on ne peut passer à côté d’une exposition à la Maison Européenne de la Photographie, dans le Marais. Que les artistes soient très connus ou mal connus, ce qui nous y proposé ne laisse pas indifférent. J’y ai fait de belles découvertes. Cette saison, c’est Harry Gruyaert qui a particulièrement attiré mon attention, ce photographe belge est un sorcier de la couleur. Qu’il s’agisse de photos d’Ostende, de Paris ou du Maroc, l’exposition déploie des séries de photos souvent fort bien composées aux couleurs vives et aux atmosphères envoutantes. Pour Harry Gruyaert, “la couleur c’est l’émotion de la photographie”. On veut bien le croire ici. (à noter que la RATP propose jusqu’au 15 juin dans certaines stations (RER et métro) des photos de Gruyaert).  (jusqu’au 14 juin 2015)
Je suis enfin allée voir l’exposition des Cahiers dessinés, à la Halle Saint Pierre. D’habitude, je m’y précipite dès les premiers jours d’une nouvelFeatured imagele expo, mais cette fois j’ai pris le temps, le contenu du catalogue sur lequel je suis tombée par hasard ne m’avait pas trop emballée (pourtant le dessin de couverture de Pajak est attirant). Et cela s’est confirmé lors de ma visite, je n’ai pas ressenti le même enthousiasme que d’habitude. Il y a tout de même de bonnes choses, même très bonnes, comme les dessins de Marcel Bascoulard – un drôle de bonhomme marginal, clochard et génie, mort assassiné, et honoré par la ville de Bourges après sa mort – des petites merveilles. On peut aussi citer les quelques dessins de Fred Deux, Victor Hugo, Louis Soutter, Sempé, Noyau et quelques autres découvertes. (jusqu’au 14 août 2015)
En parlant d’Hugo et de Soutter, la Maison de Victor Hugo, place des Vosges dans le Marais, fait un parallèle entre les oeuvres graphiques des deux artistes. Je connaissais le travail de Louis Soutter pour l’avoir admiré dans une superbe exposition à la Maison Rouge en 2012. L’oeuvre de Soutter mérite vraiment qu’on s’y arrête, dommage que cette petite exposition n’en montre qu’un aspect. Vous me direz, elle n’est pas non plus faite pour en montrer davantage mais pour mettre un parallèle certains dessins des deux hommes. (jusqu’au 30 août 2015)
Profitant d’une fin d’abonnement au musée d’Orsay, j’ai pu voir la rétrospective sur Bonnard. Le premier bonheur, c’est de se faufiler à travers le chaos des files d’attente pour entrer dans le musée (particuliers, groupes, réservations – quel courage ont les touristes !). Il était tôt pourtant. Ensuite, c’est rien que du bonheur pour les yeux. (jusqu’au 19 juillet 2015)
Mais c’est au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris que je passe le plus de temps en ce moment. Il faut dire que les rétrospectives de Carol Rama et Markus Lüpertz sont plutôt substantielles. Deux découvertes pour moi. Un travail de la matière pour la première, ses rouges et noirs et son franc parler – j’aime moins ses compositions sur les chambres à air.
Ramaduopf
Quant à Markus Lüpertz, ses oeuvres peintes ou sculptées mêlant art figuratif ou abstrait méritent une visite. (à voir jusqu’à la mi-juillet)
Lupertz MAMpf
Au sous-sol se tient une exposition temporaire de Henri Darger, artiste que l’on rencontre souvent dans les expositions d’art brut. “Petite” exposition si on compare avec la multitude de dessins qui furent découverts après sa mort. Ses dessins illustrent son roman, quelques 15 000 pages, relatant l’histoire d’une guerre sans fin ayant pour origine la rébellion des enfants opprimés par le peuple des Glandéliniens, Un monde onirique qu’il a composé durant des décennies. Petite anecdote, j’ai appris que le roman Les visages, de Jesse Kellerman, que j’avais beaucoup apprécié, est inspiré de l’oeuvre de Darger. (jusqu’au 11 octobre 2015)
Comme on le voit, l’actualité est foisonnante au MAM, et ça ne s’arrête pas là, ce sera l’objet d’un prochain article.

Du petit Poucet à travers la brume

Featured image

Essai sur la Pointe du Hourdel (technique mixte sur carton entoilé (mai 2015) (30×30))

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :