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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Date

23 juillet 2015

Exutoire

Acte : Il lui dénude l’épaule, elle hurle, la maintient de force, se débat, se plaque contre lui, enfouit son visage contre son corps. Il perce la peau, enfonce la seringue, introduit le produit sédatif. La porte jusqu’au divan, elle est secouée de soubresauts, se calme… Je m’endors en dedans. Le long du corridor lentement tu marches lentement vers la porte lointaine tu pries de ne jamais l’atteindre ralentissant ton pas tes gestes laissant le temps te dépasser te précéder t’oublier. Pause sur le film de ta vie. Lumière noire devant l’entrée tu danses à reculons debout dénudée sous le souffle de pensées épurées longues sinuosités de courbes en douceur tu t’échappes vers le large l’ondulation au corps en va vient alangui. Pause sur ton rêve. Ta poitrine soulève un soupir aspire à l’amplitude tu deviens feuillage oscillant. Le linceul aérien t’enveloppe frivole et pénètre tes songes. Tu t’allonges sans cesser d’avancer pour ne pas sombrer ne pas parler ne pas crier ne pas te révéler. Silence chuchoté. Tes voix s’échappent en un souffle subtil t’encerclent te chavirent. Le temps dans sa pause éternelle t’offre une valse un pas de deux ultime il te porte tu virevoltes te reposes meurs un peu il te veille te réveille mon ami pas encore. Attends gémis-tu dans ton sommeil étale en ailleurs d’une torpeur langoureuse attends encore un peu.

Mandalavy

Illusion en miroir

Etrange pratique que celle de l’autoportrait. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, dirait l’un. C’est surtout très amusant. J’avais pour ce faire acheté du drap blanc, du drap noir. Installation de fortune. Il m’a fallu attendre ces jours pour (enfin) jouer à la poupée. Avec moi-même. Dis-lui miroir ce qui se cache en elle puisqu’elle te le demande, qu’elle tente de violer les secrets des farces de l’illusion. Car il s’agit d’un jeu et j’ai souvent attrapé des fous rires, oh oui, me précipitant le temps que le retardateur déclenche l’appareil, tombant, me rattrapant, prenant la pose, trop tard on recommence, trop flou on recommence, hors champ on recommence, mais zut on recommence. Ma crainte étant que je me prenne les pieds dans les propres pieds de l’appareil, cadavre exquis mon bel ami, miroir brisé dis-moi quelque chose, non, ne meurs pas… j’ai parfois eu quelques sueurs froides. Ainsi se termineraient nos folles parties d’obscur et de lumière, finies les  photos surprises, photos ratées, photos caresses, photos d’un voyage du corps à l’âme au corps exposé. Heureusement tout s’est toujours bien terminé, aucun blessé ne fut à déplorer, ni d’un côté ni de l’autre.

miroir040070

Ce méli-mélo de deux autoportraits date d’une dizaine d’années.

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