Etrange pratique que celle de l’autoportrait. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, dirait l’un. C’est surtout très amusant. J’avais pour ce faire acheté du drap blanc, du drap noir. Installation de fortune. Il m’a fallu attendre ces jours pour (enfin) jouer à la poupée. Avec moi-même. Dis-lui miroir ce qui se cache en elle puisqu’elle te le demande, qu’elle tente de violer les secrets des farces de l’illusion. Car il s’agit d’un jeu et j’ai souvent attrapé des fous rires, oh oui, me précipitant le temps que le retardateur déclenche l’appareil, tombant, me rattrapant, prenant la pose, trop tard on recommence, trop flou on recommence, hors champ on recommence, mais zut on recommence. Ma crainte étant que je me prenne les pieds dans les propres pieds de l’appareil, cadavre exquis mon bel ami, miroir brisé dis-moi quelque chose, non, ne meurs pas… j’ai parfois eu quelques sueurs froides. Ainsi se termineraient nos folles parties d’obscur et de lumière, finies les  photos surprises, photos ratées, photos caresses, photos d’un voyage du corps à l’âme au corps exposé. Heureusement tout s’est toujours bien terminé, aucun blessé ne fut à déplorer, ni d’un côté ni de l’autre.

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Ce méli-mélo de deux autoportraits date d’une dizaine d’années.

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