Vous sortez du RER station Châtelet-les Halles mais ce peut être n’importe où dans Paris. Il faut une petite foule pas trop compacte. Direction Beaubourg. Vous avez rendez-vous avec un ami une amie une expo une conférence un livre l’homme de votre vie qui a pu se libérer entre deux rendez-vous ou simplement avec vous-même. Vous êtes en avance comme souvent, vous pourriez prendre votre temps mais vous aimez être en avance ouvrir l’espace boire un café être seule dans l’attente lire rêver chercher les traces penser écrire des débuts de romans observer, vous embrassez parfois fort bien le monde surtout quand il fait soleil en dedans.  Vos jambes accélèrent petit pas de côté souplesse oblige vous évitez un corps de justesse vous prenez de la vitesse le jeu est de ne toucher personne devenir un courant d’air un frôlement une danse avec le monde corps en va vient file se faufile se défie s’infiltre s’unifie Stooooop ! turbulence droit devant. Boulevard Sébastopol. Élan coupé. S’il est un boulevard que je supprimerais c’est bien celui-là.
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freehugpf
Là c’est un essai d’aquarelle d’un câlin gratuit sur l’esplanade de Beaubourg. Je me suis souvent demandée ce que ça faisait de serrer une personne qu’on ne connait pas dans ses bras et pourquoi « ils » faisaient ça. Je n’ai jamais été demandeuse mais un jour j’étais sur le chemin d’une jeune femme-câlin qui penche la tête me fait un sourire m’ouvre ses bras. Je m’avance elle m’enserre si tendrement que mes bras se ferment sur elle et je sens monter une poussée d’amour. Franchement je ne m’attendais pas à cette réaction, j’ai gardé longtemps cet amour en moi, ça reste un beau souvenir.
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