et que tu ne sais pas dire l’émotion, je le ferai pour toi.

Car ils étaient venus, architectes, dessinateurs, ingénieurs, entrepreneurs, constructeurs, etc, tes deux administrateurs (dont celle qui écrit ces mots) un peu loufoques il faut dire ces deux-là, la concierge de l’immeuble, et surtout L. votre si précieuse secrétaire… tous ceux qui avaient pu venir pour ce jour de non fin (la retraite, dit-on), te dire combien ils t’estiment et qu’ils apprécient le fait que tu ne te retires pas.

L’occasion surtout d’être là, tous ensemble.

Ce que tu ressentais, on ne le saura pas vraiment, j’imagine de la joie de les voir tellement présents à toi. J’imagine… Mais tu diras juste Merci, parce que les mots de l’émotion, tu ne les connais pas… alors oui, j’imagine, car je les entends, moi, je les vis, moi, je les pense et je veux les dire, moi, toutes ces paroles que j’entends des uns et des autres et qui me vont droit au coeur. Tant de reconnaissance. On me met bien en garde contre tes excès de travail, « il devrait ne travailler que 40h par semaine, depuis que je fais ça, ma femme va mieux, mon couple aussi ». Mais je vais bien, mon couple n’a jamais été autant au mieux, peut-être parce que je suis passée au-delà, que notre vie est déroutante, sans habitudes mortifères. Et cette phrase redondante « il s’arrêtera bien un jour ». On vit tant qu’on peut. Faut-il trainer ses temps ensemble pour s’aimer ? Que non ! Et non, je ne reste pas le soir à regarder le plafond et à compter les heures. Je râle un peu parfois, c’est vrai, quand quelqu’un est achrone et inépuisable il faut bien l’aider un peu à se remettre dans les rayons du temps, même si cela est peine perdue. Eternelle optimiste que je suis, j’y crois toujours.

Et puis il y a le discours de l’un que tu côtoies chaque jour et qui dit l’admiration pour le travailleur infatigable, l’homme de coeur, sa valeur, sa disponibilité, sa force, son énergie.

Alors je pense à nous qui ne possédons rien que nous-mêmes. Rien que nos libertés de faire ce que nous aimons. Et de nous aimer par-dessus tout. Et je t’apprends sans cesse à te détacher un peu de moi, car il n’est pas toujours facile d’être ton autre bulle passionnelle (ne change surtout rien), bien plus petite que celle du travail, mais j’en suis certaine bien plus brillante. Parce que du vilain petit canard que j’étais, tu fus le pygmalion qui fit de moi ton égérie et je n’en ai jamais fini de jouer les métamorphoses d’une éternelle chrysalide qui t’étonne toujours puisque j’ai été toutes les femmes amantes de ta vie. Et si j’ai toujours refusé d’être ta mère, tu es souvent comme un éternel enfant que je protège telle une lionne son petit.

Et puisqu’hier, ils t’aimaient tous si sincèrement, j’y ai ajouté mon amour et j’en ai fait une bulle de mots que tu liras sûrement et qui te tirera sans doute un sourire, ce sourire que j’aime tant embrasser du regard et qui ouvre le mien.

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