Il faut bien le reconnaitre, j’ai raté la Fiac, vous savez cette grande foire parisienne de l’art contemporain qui devient aussi importante que celle de Bâle (Basel) en Suisse, parait-il. Erreur d’une semaine, erreur fatale. On la disait pourtant plutôt bonne cette année. Quatre ans que je zappe l’évènement. Alors on essaie de regarder par le petit trou de la serrure en allant fouiner dans les jardins parisiens où quelques oeuvres sont sensées s’être égarées.  Ainsi dimanche au Jardin des Plantes, des petites choses « pas mal pas mal » comme disait mon prof de chinois. Je vais m’y remettre au chinois, surtout après avoir dîné avec deux Chinois, l’un d’eux ne parlait pas français, je lui ai dit en partant, La prochaine fois qu’on se voit vous parlez français et moi je parle chinois, ce qui fut traduit évidemment… je suis une misérable, je n’ai pas remis le nez dans mes bouquins. Honte à moi, si si. Surtout que j’aime les langues, mais c’est plus de l’ordre du machouillage, les parler, les comprendre, c’est une autre histoire, l’anglais, l’allemand, l’italien, le chinois, j’en effleure juste la musique et la sensualité du dire et de l’entendre. Heureusement, le français me donne aussi ses petits plaisirs, par exemple cucurbitacée, drôle de mot à tiroirs, qui, hop, me permet de revenir dans le sujet et de me sortir de ce baiser linguistique. Donc là, j’ai kiffé gr… j’ai bien aimé la station de bus. le nid d’abeilles (parait que ça représente une météorite) et les cucurbitacées. Mon côté Cendrillon, sans doute. Il y a quinze ans j’aurais dit mon côté sorcière… Bon, on n’est pas là pour se laisser emporter par les souvenirs.

Cette étrange structure ressemblant à une station de bus très colorée, de Sean Raspet  : Le spectateur (en l’occurrence mon mari dont on voit les chaussures dépasser) à l’intérieur est plongé dans un environnement lumineux immersif et changeant ; il apparaît de l’extérieur comme une forme devenue abstraite. Pour les autres oeuvres, je vous laisse lire les indications sur les photos.

1015b_015jdpmulti1015b_0310multiEt cette ci-dessus deuxième partie fut photographiée au jardin des Tuileries. Je vous évite les poubelles brûlées, à ce régime là, ma ville deviendrait presque une galerie d’art.

La grosse bulle flottafiacTuileriebullent sur l’eau avec un lustre qui tourne à l’intérieur est de Vivien Roubaud. Ça flotte, ça tourne, c’est transparent, c’est rond, forcément ça ne pouvait pas me laisser indifférente. (vous pouvez retrouver une bulle similaire illustrant la nouvelle HRAESVELGR sur le blog de la Revue des moments perdus, à lire si ce n’est déjà fait).

L’oeuvre de Xavier Veilhan : Rayons, est celle que je préfère, parce les fils tendus donnent une légèreté à l’ensemble tout en paraissant être une structure stable, et puis la géométrie asymétrique est harmonieuse :

« Mon travail avec les rayons est une tentative de traiter des espaces en conservant leur transparence.

Je cherche à connecter les lignes géométriques de l’architecture dans laquelle l’oeuvre est installée, ou encore à confronter la géométrie des fils tendus à la nature environnante. Ici, l’objet installé est monolithique mais multiple comme une hélice, alors que sa forme sans fonction est dictée par les forces (ou contre forces) des fils tendus qui le constituent. Leur trame insaisissable se superpose au dessin rigoureux des jardins à la française comme une gravure qui épouserait son motif. Comme une fenêtre de Dürer ou une camera obscura, les rayons divisent, sans le représenter, l’espace derrière eux et deviennent outil d’optique autant qu’oeuvre d’art. » (Xavier Veilhan)

Ensuite, j’aime bien le mannequin de bronze de Heimo Zobernig qui me parait sorti du magicien d’oz. J’ai un faible pour les mannequins, les marionnettes et les épouvantails.

Dans le bassin près de la Concorde, on trouve le Circle of animals de Ai WeiWei qui a recréé douze têtes d’animaux en bronze conçues au 18ème siècle par deux Jésuites européens qui servaient à la cour de l’empereur Qianlong. Ces têtes d’animaux du zodiac chinois ornaient la célèbre fontaine horlogère du Yuanming Yuan, le palais d’Eté de Pékin, mis à sac en 1860 pendant la seconde guerre de l’opium.

En réinterprétant ces objets à plus grande échelle, Ai Weiwei s’intéresse aux questions du pillage et du rapatriement, tout en poursuivant son exploration du faux et de la copie par rapport à l’original. Cette oeuvre témoigne également de la conviction de l’artiste que l’art doit s’adresser au plus grand nombre.

Et puis, les chaises vertes que je ne me lasse pas de photographier tant elles sont expressives selon qu’elles soient en solitaire, en couple ou en groupe. Elles en racontent des histoires les chaises vertes.

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