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Mois

octobre 2015

Wifredo Lam – Centre Pompidou (30 09 2015 – 15 02 2016)

Lam0915_999_12portrait21h mercredi, premier jour de l’exposition de la rétrospective de l’oeuvre de Wifredo Lam, peintre cubain (1902-1982). Je suis toujours surprise de découvrir encore des artistes du XXème siècle aussi prolifique. A croire que certains noms ont trop absorbé mon attention. Il y avait eu Martial Raysse dont (voir ici), toujours en rétrospective à Beaubourg et dont j’avais mis le niveau plaisir-de-voir immédiatement très haut, et maintenant Wifredo Lam.

Ce soir, c’est sur invitation, on a droit à des conférenciers. Comme d’habitude je fais le cabri, je saute d’un groupe à l’autre, attrapant au vol quelques paroles. Mais allons, je me calme, je regarde autour de moi, et ce sont les oeuvres qui me font signe, plus que les paroles. C’est graphique, j’aime. C’est presque monochrome, j’aime. C’est couleur, j’aime, c’est courbe et raide et nu et embrouillé, j’aime, j’aime, j’aime. Je voltige d’un mur à l’autre.

L’exposition nous entraine au fil des lieux que l’artiste a habités, des influences qu’il a subies, Miro, Picasso, Matisse.

« Parce qu’il porte en lui le secret du souffle, du germe, de la croissance,

Wifredo Lam a mis les pieds dans les plats académiques et des conformismes

Wifredo Lam, le premier aux Antilles, a su saluer la liberté. Et c’est libre

De tout scrupule esthétique, libre de tout réalisme, libre de tout souci

Documentaire, que Wifredo Lam tient, magnifique, le grand rendez-vous

Terrible : avec la forêt, le marais, le monstre, la nuit, les graines volantes,

La pluie, la liane, l’épiphyte, le serpent, la peur, le bond, la vie. »

Aimé Césaire, Cahier d’art, n°21, Paris 1945-1946

Lam0915_999_13composicionAu début des salles on découvre ces deux compositions, dans lesquelles il marque fortement son engagement en faveur des républicains espagnols, et où il s’attarde sur les figures de paysans.

Des compositions un peu semblables et assez classiques encore, joliment colorées, si vous vous approchez de la toile de gauche qui, a première vue, est une tranquille scène maternelle, vous verrez des actes de cruauté évidents.Lam0915_999_28

Le peintre fuira l’Espagne après la victoire des armées franquistes et se réfugiera à Paris.

Il y côtoie les avant-gardistes, influencés par la statuaire africaine. Il va alors dépouiller et géométriser les visages. « Il tire cette violence expressionniste du drame intérieur qui l’habite depuis sont récent exil et le décès de sa famille. »

En 1940, il s’exile à Marseille où il rejoint Breton et les surréalistes. L’exposition montre quelques oeuvres collectives. Wifredo Lam remplit des petits carnets de dessins à l’encre. Ils sont peuplés de figures hybrides où l’érotisme et le monstrueux révèlent la libération psychique et formelle à laquelle il aspire.

Lam0915_999_17En Martinique où il débarque avec Breton, il rencontre Aimé Césaire. Il retourne à Cuba où la corruption, le racisme et la misère l’affectent douloureusement. Ses tableaux se peuplent alors d’un monde végétal, animal et humain qui fait écho à l’énergie et aux mondes spirituels propres aux culture caribéennes.

Lam0915_999_4duoWifredo Lam reviendra à Paris et sera exposé dans le monde entier.

Je retiens aussi ces planche I, planche VI et planche IX, exécutées en 1971, ces gravures font parties d’un ensemble de dix planches pour l’ouvrage Visible invisible de Carlo Munari,

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Bien d’autres choses à voir sur ce parcours. Sur la fin de l’exposition, ces neuf petits tableaux eau forte et aquatinte sur papier, datées de 1969 qui nous racontent des histoires dans lesquelles on veut bien se poser tant qu’elles nous parlent. En voici quelques titres : Genèse pour Wifredo, Insolites bâtisseurs, Façon langagière, Nouvelle bonté, Que l’on présente son coeur au soleil… Connaître, dit-il.

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Une belle exposition qui peut ravir petits et grands. Et pour ce qui est de l’ambiance, une dernière image.

Et cette photo en pied qui est juste bien pour glisser ici. Prise par mon mari qui est souvent très flou de moi.

Lam0915_999_61groupeEt pour ceux qui veulent voir, on peut cliquer cliquer sur les photos pour les agrandir.

Nocturne en là majeur

En attendant que j’écrive un article sur la belle exposition que j’ai vue hier soir au Centre Pompidou, je vous emmène faire un petit tour dans le Paris nocturne autour de Beaubourg, parce que j’aime l’ombre parce que j’aime la lumière et que le jeu des deux m’enivre de sensations contraires.

ParisNuit0915_999_69Ci-dessus, ce qui la nuit ressemble à un tunnel du temps au sixième étage du Centre Pompidou, puis une vue du parvis de Beaubourg, avec l’église saint-Eustache illuminée et la petite Tour Eiffel (je dis petite depuis qu’une amie québécoise est venue à Paris et s’est écriée en voyant la Tour Eiffel « mais elle est toute petite »… tout est relatif, ‘ce pas ? Et la troisième photo la fontaine Stravinsky au repos devant l’église Saint Merri et au loin les tours de Notre-Dame. Paris m’est une fête.

Et puis une photo prise de l’extérieur de la nouvelle exposition de Dominique Gonzalez-Foerster dont je parlerai certainement une fois que je l’aurai vue. Ce miroir déformant absorbant le bâtiment qui fait face à la baie vitrée excite beaucoup ma curiosité.

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