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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Mois

décembre 2015

De plume, de danse et de musique…

ChPenduleailebleue
La pendule à l’aile bleue – Marc Chagall

« Les deux merveilles du monde sont la Bible et la musique de Mozart, et une troisième, naturellement, l’amour ». Marc Chagall.

Tic tac tic tac… non, ce n’est pas le Capitaine Crochet qui s’est échappé du Pays imaginaire, simplement 2015 qui s’apprête à tourner sa page. Le temps, Chagall et la musique. C’est justement la peinture musicale de Chagall, qui est à l’honneur jusqu’au 31 janvier 2016, avec une joyeuse exposition, Marc Chagall, Le triomphe de la musique, sous le grand serpent lové de la Philharmonie de Paris. Un parcours tout en couleur, des tableaux à écouter, à danser, à rêver, des décors (ceux qu’il a créés pour L’oiseau de feu, La flûte enchantée, le plafond de l’Opéra de Paris, etc) et des costumes qui rivalisent d’onirisme, ou encore des céramiques, des esquisses, un univers féérique. Des rouges à la folie comme on en rencontre dans le parc de la Villette, des bleus aux douces profondeurs intimes que se partagent les oiseaux ou les amoureux volant, chantant, dansant, s’aimant.CPhilarmonie1215

Pour ce dernier article de l’année du bocal blogueur, je vous propose ci-contre un aperçu des couleurs rythmiques de Chagall mêlées aux magnifiques lumières de cette fin décembre – photos prises ce week-end du côté de la Cité des Sciences et de la Philharmonie associées à des tableaux de l’artiste récupérés sur le net puisqu’on ne peut prendre de photos à l’exposition (dès que certains tableaux seront revenus au Centre Pompidou, je remplacerai mes emprunts). D’un clic vous pouvez céder à la tentation d’agrandir, et d’un autre clic agrandir encore.

Le fait est, qu’on aime bien le mouvement dans le bocal et nous essaierons de l’entretenir l’année prochaine quitte à y perdre quelques plumes ou à s’égarer les nageoires dans des eaux parfois un peu troubles. En attendant, sans presser le temps, c’est en vous souhaitant une très belle fin d’année que nous vous embrassons, et même si nos plumes sentent un peu fort le poisson, le coeur y est…

Bassin de la Villette, Paris, le 26 12 2015
Bassin de la Villette, Paris, le 26 12 2015

Eros Hugo, c’est cadeau…

EH-2376Je ne crois pas que j’avais l’intention d’en parler sur ce blog, mais le fait est que mon fils m’ayant offert pour noël le livre de l’exposition Eros Hugo que j’ai visitée il y a quelques jours m’a soudain donné envie de vous faire profiter des photos, des mots et des ardeurs poétiques que j’y avais cueillis.

Eros Hugo, entre pudeur et excès, une exposition à la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, à Paris. Victor Hugo écrivain pudique quand il décrit Cosette, dans Les Misérables, ou Déa, dans L’homme qui rit, mais vous savez bien qu’il fut un grand amoureux des femmes, qu’il s’adonne au plaisir de la séduction ou à la passion qu’il avait pour sa femme, Adèle, ou ses maîtresses, dont Juliette Drouet est la plus célèbre (enfin, celle que je connais surtout). Entre tableaux et gravures d’artistes contemporains du siècle d’Hugo, ses poèmes, quelques uns de ses dessins, des lettres d’amour, cette exposition nous mène sur les traces d’un homme qui se revendiquait libre d’aimer.

« Toutes les passions et tous les appétits,

S’accouplent, Evohé ! rugissent, balbutient,EH-entree

Et sous l’oeil du destin calme et froid, associent

Le râle et le baiser, la morsure et le chant,

La cruauté joyeuse et le bonheur méchant,

Et toutes les fureurs que la démence invente ;

Et célèbrent, devant l’esprit qui s’épouvante,

Devant l’aube, devant l’astre, devant l’éclair,

Le mystère splendide et hideux de la chair ;

Et cherchant les lieux sourds, les rocs inabordables,

Echevelés, pâmés, amoureux, formidables,

Ivres, l’un qui échappe et l’autre qui poursuit,

Dansent dans l’impudeur farouche de la nuit ! »

Dieu, L’océan d’en haut, IV

Anselm Kiefer, une rétrospective au Centre Pompidou

AK-beaub1215-1737« Je suis peintre et sculpteur. […] Je n’ai foi que dans l’art et, sans lui, je suis perdu. Seuls les poèmes ont une réalité. » (Anselm Kiefer, in L’art survivra à ses ruines – leçons inaugurales au Collège de France – ed. Collège de France/Fayard) et entendu lors de l’ émission Hors-Champs : « Je ne sais faire que de l’art, je ne sais pas si je sais faire la vie. Si on confond l’art et la vie, c’est le chaos »

Voici donc que s’ouvre au public l’exposition rétrospective de celui que Daniel Arasse appelait Le maître du labyrinthe, et qui précise, « un labyrinthe sans fil, non dirigé ». C’est à Barjac, dans une ancienne filature qu’Anselm Kiefer a créé une oeuvre d’art totale, construisant une cinquantaine de bâtiments, traçant des chemins, créant un circuit  souterrain où sont posées (cachées ?) ses oeuvres, parfois dans des « chambres d’oubli » que l’on peut apercevoir par des trous au hasard du cheminement. L’artiste se dit fasciné par le mot « secret ».

« Je ne suis pas seulement monumental », dit-il encore dans l’entretien de Hors-Champs (à écouter ici). Et pourtant, c’est souvent ainsi qu’on le voit (ainsi que je me rappelle de la première exposition que j’ai vue de lui, la Monumenta qui inaugura magnifiquement le cycle du Grand Palais), et la taille de ses tableaux exposés à Beaubourg ne le dément pas.

De l’inspiration par l’Histoire, la mythologie, la kabbale, la philosophie, le cosmos et la poésie (Ses oeuvres sont traversées par les mots de Paul Celan ou d’Ingeborg Bachmann), aux matériaux de prédilection : acrylique, huile, émulsion, shellac, argile, plomb,  fil de fer, verre, paille… le monumental se situe aussi dans une certaine érudition et recherche de l’artiste sur des sujets qui le passionnent et un travail de construction dans la déconstruction.  Ses tableaux qu’il ne signe jamais sont soumis à l’interaction de la nature, exposé à l’extérieur par tous les temps.

On trouvera au centre de l’exposition, une pièce dédiée aux vitrines qui, chacune, raconte une histoire, un personnage, un lieu, parfois aux allures de maquettes comme ces modèles réduits des gigantesques tours exposées sur le terrain de Barjac ou à la Monumenta de Paris.

AK-beaub1215-1880Pour vous donner une idée de la taille d’un tableau comparé à l’échelle humaine, voici Lilith (qu’on voit mieux dans l’album), que j’apprécie particulièrement, le « regardeur » a l’impression de survoler l’oeuvre.

J’ai pris de nombreuses photos pour donner une idée de l’exposition à celles et ceux qui ne pourront s’y rendre. Une photo parait ici une piètre reproduction, trop plate alors que la matière sort de la toile ou s’y enfonce, trop virtuelle alors que l’oeuvre est une présence à part entière (pour ceux qui verront de leurs yeux, vous pouvez vous amuser à chercher le petit trou en forme de crochet dans une des toiles Interieur… en hauteur… partie droite…), mais elle a l’avantage de donner à entrevoir.

Cliquez sur une image pour ouvrir l’album… et toujours plus d’agrandissement avec le « full size » à droite en bas de chaque photo.

 

Vous avez jusqu’au 15 avril 2016 pour voir cette exposition au Centre Pompidou, Paris.

D’autres articles sur ce blog vous parle d’autres évènements Anselm Kiefer qui ont lieu actuellement :

Anselm Kiefer, plomb et images en déroulés (installation dans le forum du Centre Pompidou)

Anselm Kiefer, l’alchimie du livre (exposition à la BNF)

A signaler un dvd très intéressant qui permet de visiter l’atelier de Barjac  et de voir l’artiste au travail ou en entretien, un film de Sophie Fiennes, Over your cities grass will grow.

 

Débauche de vie au paradis

B-P1090337Ensuite, en suite… ce serait un début, pas une fin, un peu quand même, tu t’y vois… sans les musées… sans le bitume… sans le métro… sans la promiscuité autre que celle des arbres… dis, tu t’y vois ? le paradis… Géricault a peint Le radeau de la méduse, tu te souviens qu’il s’était enfermé des semaines avec des cadavres pour en capter le vif, être au plus près de l’histoire vraie, Delacroix, lui, il t’a montré Dante et Virgile debout dedans leur barque voguant sur l’Archéon dans leur traversée des Enfers…  tu t’y vois au paradis, dis ? Ton corps bouffé par le manque et l’esprit s’accrochant à la main du destin… chut ma voix, chut… ton cerveau est en phase de réaménagement, ça formate, ça nettoie les cookies d’addiction, installe de nouveaux programmes, toute une merveilleuse chimie opère, tu es la reine de la manipulation synaptique, tu t’fais une nouvelle ‘vy. Et puis la mer est là tu te dis, tu l’entends faire frire les galets roulés, sa puissance enivrante, ce pourrait bien être toi entre ses mains de jardinière labourant la surface de la réalité… tu t’y vois… le Paradis… non… juste le paradis, sans majuscule, sinon, je me débine, tu penses… Et puis tu te dis, rien n’est fait encore, encore faut-il tremper ta plume dans le sang nouveau pour que l’ami Pierrot t’ouvre les portes. Monsieur Saint-Pierre, il te la baille belle avec ses clés en suspension au-dessus de ton âme et sa main tendue.  Ton âme, justement, t’y mets une condition suspensive, jamais tu ne te risquerais au paradis sans tes amis démons, bien plus sympa que toute la bande des anges & co. Encore que, faut voir, mais tu n’oublies pas la blessure que ceux-ci peuvent infliger alors que les démons, ma foi, resteront à jamais la preuve de ton humanité en équilibre précaire sur le fil de tes errances. Bohémienne, les arbres t’aimeront. On te l’a assuré. Pourquoi m’aimeraient-ils ? Parce que l’amour. En attendant, ce n’est ni enfer ni paradis, juste des harmonies ou des désaccords stimulants. Un lâcher-prise qui t’étonne, ton coeur a cessé de battre la chamade, l’oeil du cyclone ? tu guettes, tu épies le moindre frémissement qui peut ruer en toi avant de déferler et d’emporter toutes tes résolutions d’humilité, d’abnégation, d’oubli de ta nature contre une autre nature que tu ne connais pas encore, tu ne vois que pétales fragiles face à la tempête qui pourrait t’enflammer. cise-vagueredUn claquement de doigts, un simple claquement de doigts suffirait pour allumer la mèche, imploser en toi le calme, la paix, la joie. Mais qui claquerait des doigts pour te réveiller, alors que ceci n’est pas un rêve. Tu te dis qu’il a déjà hurlé ce NON en toi, tu penses que tu es arrivée à un point de non retour et que tu as modelé ton esprit et que jamais il ne reviendra sur la question. La question… on l’utilisait antan pour pilonner les diables innocents de fautes imaginaires. C’était ça l’enfer. Aussi ça. Là, ce n’est qu’un sommeil, une attente, un petit purgatoire. Tu attends sagement dans un hall de gare romanesque qu’on écrive la suite de ton histoire, que la page se tourne, que le livre brûle du désir de faire de toi son héroïne. Fille de papier mâché, tu attends le moment pour t’emparer du crayon et n’en faire qu’à ta guise. Tais-toi, ma voix, tais-toi… Du moment qu’on ne te promet pas l’éternité,  tout rêve en toi s’oublie et glisse sur les parois lisses de ton insouciance éveillée. N’oublie pas, le paradis serait proche de l’enfer si tu te mettais à bayer aux anges et croire que tout s’arrête ici. Rien ne se ferme, jamais, tout se rassemble. Tu pourrais bien un jour te trainer à leurs pieds avec la pancarte « heureuse débauchée » et tu les ferais danser les anges. Justement, parce que l’amour.

Je les ferais danser… le paradis n’est pas la mort. La mer me sépare de l’enfer et je me sentirais pousser une queue avant que de devenir un ange. Entre les écailles et les plumes, l’apnée ou l’envol, je créerai une terre de vie. Je le ferai, tu verras. Le parafer, il est sur terre. Et je m’y vois…

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Cet article peut -être relié à Ma dernière logeuse

Anselm Kiefer, plomb et images en déroulés

AK-Beaub-1215-1960    Une grande structure, il en fallait bien une. Je me demandais… je me doutais qu’ils utiliseraient le forum. J’en ai vu pousser, pendouiller, s’agiter, se tourner des choses dans ce trou au centre du hall de Beaubourg. Aujourd’hui, ces caissons de tôle galvanisée ouverts au public moyennant quelques dizaines de marches à monter forment un espace qui donne un autre aperçu de l’oeuvre d’Anselm Kiefer présentée au sixième étage. Ai-je la capacité d’accueillir une telle oeuvre en moi pour vous en parler bien ?  Je suis sortie de cette grande expo la tête dans la matière, de l’odeur de peinture en AK-beaub1215-1918mémoire et le très beau tableau de Lilith en fond dans le regard. J’avais des mots qui flottaient dans la tête, ils écrivaient une lettre qui commençait en disant combien je vous aime… non, c’est inconvenant… alors plutôt cet autre combien j’aimerais visiter un de vos ateliers, me perdre dans vos dédales oeuvresques. Et combien je suis heureuse de pouvoir revenir, retourner, revoir cette exposition, un bien beau cadeau de fin d’année. Et la prochaine fois, je ne prendrai pas de photos, je me poserai, je regarderai les oeuvres, les visiteurs, les regards, les liens qui se tisseront, les pensées qui s’échapperont.

Mais n’allons pas trop vite, pour l’heure, c’est de ce bloc monumental dont je vais dire deux mots. J’y étais seule, libre d’y rester le temps que je voulais, peut-être les gens ne savent-ils pas qu’ils peuvent y entrer gratuitement. Steigend, steigend, sinke Nieder – En montant, en montant vers les hauteurs, enfonce-toi dans l’abîme, austère et froide à l’extérieur, touffue l’oeuvre intérieure est composée de très longues bandes de plomb qui tombent de haut dans un fond d’eau. Sur ces bandes sont collées des milliers de photographies appartenant à l’artiste. Ces bandes d’images font penser à des films déroulés, mais contrairement au celluloïd, le plomb ne laisse passer aucun rayonnement. On dirait aussi un nid de longs serpents, ce serpent qu’on retrouve dans beaucoup de tableaux. Un rapport ? Un vrai capharnaüm d’images, un régal chaotique pour mes yeux et tout ce qui s’y raccroche, mon âme, mon coeur, mon corps, la main qui tient l’appareil photo, le doigt qui appuie et vous prend un peu de ce que vous avez posé ici, le flot de vos pensées, Monsieur Kiefer ? Dedans ces grands murs métalliques, moi, je me fais des rêves… les rêves me font.

Alors voilà, un tout petit album avant l’autre qui sera bien trop grand. Il suffit de cliquer pour entrer dedans, etc… et que l’image soit.

 

Cette installation est visible au Centre Pompidou en entrant face à la porte.

Autre article sur Anselm Kiefer : l’alchimie du livre, une exposition à la BNF, ici

Et bientôt des photos de l’exposition rétrospective.

 

 

Art en Capital au Grand Palais

Accueillis par une Marianne au visage grave à la prestance fière et lumineuse ancrée dans un socle de coupures de journaux relatant l’horreur du 13 novembre, nous sommes sous la nef du Grand Palais où chaque année Art en Capital expose les artistes indépendants. Mais on était loin de l’ambiance d’une Fiac ou même de Paris-photo, ce 26 novembre. La différence venait peut-être un peu aussi des tableaux de travers… j’en ai compté trois. Autant chez moi, un tableau de travers ne me gênerait pas, tout vit un peu de travers dans mon switome, mais là, dans un salon d’exposition propre, net, professionnel, ben ça passe mal. « Tu ne vas pas y toucher ! », m’a dit l’amie qui croisait mon chemin au moment où je râlais une fois de plus « non mais, regarde, celui-là aussi… ». Non, je n’ai pas touché le tableau… un mètre soixante par deux mètres trente, imaginez s’il m’était resté sur les bras… le risque est vite calculé.

Je me suis donc baladée de case en case comme un pion sur un échiquier, même si tout est fait pour se mélanger les repères, je suis très stricte dans ce genre d’expo, je suis mon sens de la visite et pas question de m’y dérober par quelques chemins de traverse, encore que je pars du principe que tous les chemins se valent et que je n’ai qu’à me fier au quadrillage que j’ai dans la tête. Et hop… ça, c’est le pion qui s’est fait une petite diagonale.

Alors, voilà, quelques petites choses… photos de petites choses que j’ai ramenées avec moi. Photos, sculptures, peintures… ? vous pouvez les découvrir en cliquant sur une image, et encore les agrandir en utilisant l’agrandisseur en pleine taille en bas à droite de l’image.

Quand irons-nous ?

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Intime aux Territoires – h0

Animation du dessin de l’article précédent

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