Quatre heures du matin, l’oeil émerge, l’horizon vacille, les rêves à peine sortis de leur cocon se recroquevillent. Les étagères vides en face du lit émettent quelques reproches. Toujours les mêmes. Les deux pieds tâtonnants donnent le la quotidien. Ils irons nus, il ira mieux. Château de cartes les heures vont s’entasser les unes sur les autres, nul ne sait quel air penché elles auront fin de soirée quand le jour s’écroulera. Sa vie. Ogritude ponctuée d’aberrations. On ne retrouvera que sa peau. Il y  pense. Il tire un peu sur les coutures invisibles, s’étonne toujours de leur absence. Quatre heures trente il sort. La rue va, il la suit. La première flaque sera la bonne, les pieds joints il éclabousse la nuit trop lente à s’effacer. Son reflet vient le rejoindre sautant à contretemps à deux ils multiplient les eaux les relient entre elles en mare mer océan qui débordent comme un rire communicatif, on ne tarde pas à entendre les voix langoureuses des sirènes attirées par la marée montante, le bercement des brumes côtières. Il saute sur le tremplin de ses chimères se tenant par la main les pieds noyés fondus. La chute inexorable. Des voix autour de lui, la rue le cerne, l’enroule, l’étouffe de ses lianes. Il se relève, se fraie un passage entre les voix. Là-bas, la rive…

rue3poissons

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