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exposition jusqu’au 27 03 2016

« La vie m’a donné cette chance de rencontrer une passion. »

Sur l’affiche une femme tend les bras comme une poupée grandeur nature… Une femme, une artiste, la photographe arrive dans l’auditorium de la Maison Européenne de la Photographie où se dévoile sur trois étages une rétrospective de Bettina Rheims, femme photographe, il est 18h.

Pour moi Bettina Rheims, c’était Rose c’est Paris, la sublime exposition hommage au surréalisme et à Marcel Duchamp, et surtout à Paris, que j’avais vue à la BNF Richelieu. Cette nouvelle exposition à la MEP m’a fait découvrir le travail de commandes (magnifiques photos de célébrités faisant la Une des magazines) et les séries, comme les Modern Lovers, concernant l’androgynie qui fut la première exposition de la MEP.

Au fil de la rencontre, je vais l’aimer cette femme, découvrir son énergie, son intelligence, sa simplicité, son humanité. Le respect du sujet photographié suintant de toutes ses paroles, la place de la parole justement, l’écoute, la discrétion.

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Elle parle et je prends des notes : « j’ai beaucoup parlé de mon travail ces dernières semaines, aujourd’hui c’est la dernière fois, je vais retourner dans la solitude de mon studio qui se trouve à deux pas de la MEP ». Elle nous dit le lien de confiance qu’elle tisse avec celles et ceux qui sont devant son objectif.  « Une séance est très intime, il faut faire advenir un moment magique et furtif… La ligne est mince entre une jolie image et une image où il se passe quelque chose. Il faut qu’il se passe un truc, puis déraper de ce truc et reconstruire autre chose. » Alors elle0216BetRheims4502 fait connaissance avec les personnes qu’elle photographie, ainsi pour sa série Chambre close, elle va à la rencontre de jeunes femmes dans les cafés et leur expose son projet : la suivre dans une chambre d’hôtel au papier peint fleuri, se déshabiller pour être photographiée. Tout comme elle va à la rencontre des femmes incarcérées, des androgynes… des projets, des histoires à raconter, des histoires à se raconter. Et elle la façon dont elle nous parle de ces rencontres est très émouvante, on les sent vibrer encore en elle.

On l’a accusée de vouloir provoquer. « Je ne veux provoquer qu’un regard ou une interrogation. Surtout pas gêner ou agresser. Montrer les choses autrement et forcer le regard des gens vers quelque chose qui est « inregardable. » Ses photos entre femmes sont une conversation entre femmes, la peau est un rapport avec la peinture.

« Faites pas ce qu’on vous dit de faire mais ce que vous avez envie de faire, vous. Ce qui compte, c’est d’avoir quelque chose à dire. » Si elle pousse un peu les gens, elle est toujours dans le respect et ne montrera jamais des choses à leur insu. Pendant cet entretien tout empreint de passion, de tendresse, d’ouverture d’esprit, d’humanité, j’avais une envie folle de revoir les photos de l’expo. Je ne les verrai plus jamais de la même façon, Bettina Rheims y a déposé un halo chaleureux,  ce petit autre chose qui tisse un lien. Une belle personnalité.

Les prises de photos sont interdites à la MEP, mais je n’ai pas su me retenir, j’avais trop envie de vous partager un peu du travail de Bettina Rheims. Voici donc un très succinct album… en tout cas, j’y retournerai.

 

Pour les curieux une courte vidéo sur l’exposition de la BNF Rose c’est Paris

Quelques photos de Chambre close

Et le site de la MEP pour tous renseignements concernant cette rétrospective, si vous êtes sur Paris et que vous aimez la photo.

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