Recherche

les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Date

20 février 2016

Le bruit des gens autour…

Si je me sers du titre de ce film de Diastème « Le bruit des gens autour », que j’ai vu du côté de 2008, c’est que je l’ai tellement aimé ce film, qu’il continue à me parler, un peu comme un ami, chaque fois que du monde entre dans mon champ d’émotion. J’aurais aimé du coup aller en Avignon pendant le festival, mais… mais ce n’est pas le sujet, il suffit simplement que ce film ait changé un peu ma vision des choses. Et combien j’aime qu’on change les choses en moi. Du vide, je suis passée au plein. Vous allez comprendre où je veux en venir… les gens… personnes… dans l’image, dans l’autour, dans le bruit, dans la vie… la lumière… en art contemporain, l’homme est une oeuvre d’art comme les autres, enfin de mon point de vue…

Ce que j’ai vu de Gérard Fromanger à Beaubourg (Centre Pompidou), ce jeudi soir (juste après le fou rire de l’article précédent) ce sont les silhouettes, je ne connaissais que vaguement et j’ai beaucoup aimé, l’expo est au quatrième, une installation spéciale dans les collections d’art moderne. Je ne comptais pas spécialement faire un article dessus, mais en regardant les photos que j’ai prises au Palais de Tokyo quelques heures plus tard où je ne voulais attraper que l’ambiance du vernissage, donc remplir ma carte mémoire davantage de gens que d’oeuvres, j’y ai vu un lien qui pour moi m’apparut comme évident.

18h30 – Gérard Fromanger au Centre Pompidou :

 

22h – vernissage au Palais de Tokyo (le 18 février 2016) :

Ce n’est jamais du bruit pour rien, du moins, j’espère.

Explosion de la rate

Les yeux fermés, il aurait mieux valu que je garde les yeux fermés. Il aurait carrément mieux valu que YueM1j’évite la méditation ce jour-là. J’essayais de me concentrer dans cette méditation à deux, chakra du coeur, ouverture, silence densité d’en l’autre percevoir donner… mais à part une douleur dans le bras qui fatigue d’être levé, et dans les côtes où l’autre,  justement, appuie trop fort, je sentais mon temporel en dispersion, l’instant présent s’abandonnant oisivement à l’instant futur (restaurant, musées), et je croyais me soulager lorsque l’exercice me parut arriver à son terme. Mais nous n’en étions qu’à la moitié car deux mains nous avons, « aujourd’hui, puisque c’est le dernier jour avant les vacances, ça va être du plaisir » avait dit le prof. J’ai le plaisir en goguette, et j’avais beau y mettre une certaine volonté, que nenni, passons sur la fatigue, passons sur la douleur mais si tu pouvais juste appuyer un peu moins fort… Lorsqu’enfin l’exercice prit fin, et qu’il nous fallut ouvrir les yeux et plonger son regard dans celui qui nous faisait face, juste l’infime instant qui précéda l’ouverture des paupières,  je l’ai senti monter, irrésistiblement, j’ai évoqué l’idée de le maitriser, de me cramponner à mon air le plus sérieux derrière le voile détendu de mon visage, il montait tel un magma dans la cheminée du volcan, et aucun froncement des sourcils, aucune crispation des mâchoires ne pouvaient plus colmater la ferveur du puissant jaillissement… toute peine perdue, dès que nos yeux se sont croisés les vannes ont lâché et je suis partie dans un fou rire irrépressible. Pire, je sentais l’éclat de rire monter, de l’art et la manière de crever l’écran méditatif qui s’était déposé dans notre maitrise du calme. Du cercle rompu je suis l’initiatrice. Le souffle m’abandonnait, je pouffais, je couinais, je n’arrivais pas le moins du monde à enrayer ces bruits de retenues inefficaces. Et mon binôme en face qui me souriait tant et plus mais sans toutefois succomber au mal qui me secouait, de me voir en ses yeux amusés m’excitait de plus belle les zygomatiques.  J’étais dans l’épreuve de la solitude du rieur abscons. Et le calme des autres, cette plénitude que je perturbais me donnaient toujours plus envie de rire. Je me faisais martyr dans l’éternité d’une dilatation de la rate jusqu’à ce que le prof nous libère…  et que mon rire ne trouve plus de quoi s’alimenter. Je m’excusais auprès de A., « non, t’étais marrante, ça arrive » et de me rassurer en me prenant dans ses bras, et le prof qui nous dit « mais oui, faites vous des câlins, c’est bien, ça ». Ah, c’est bien la méditation, on nous apprend : si vous entendez un bruit, ne vous y accrochez pas, laissez-le passer. Peut-être que personne…
Toutefois je crains que ça recommence une fois prochaine, je pourrais alors refuser catégoriquement d’ouvrir les yeux… ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre… garder les sens a l’intérieur comme gardien du serial rieur… Non mais sérieusement, est-ce que l’un d’entre vous connait un truc pour enrayer ce fou rire qui submerge toute volonté.

0314_606rpf
Yue Minjun (Paris Art Fair)

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :