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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Mois

avril 2016

Araki au musée Guimet

Pour entrer dans l’exposition Araki, au musée Guimet, on longe d’abord un long mur d’étagères qui exposent ses livres de photographies, il en a fait paraitre plus de 500. Lire la suite

Le lettrisme

Un mot illustré sur le lettrisme qui occupe une petite salle dans les collections d’art moderne du Centre Pompidou, que j’ai eu le plaisir de revisiter il y a quelques jours. Isidore Isou, né en Roumanie, arrive à Paris en 1945. Avec Gabriel Pomerand et Maurice Lemaître, ils réactivent le souvenir des soirées dadaïstes. Le lettrisme est un projet total Lire la suite

Soupirs

photographié au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis, en octobre 2010
dessins photographiés au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, en octobre 2010

« Probablement, parce que j’ai fait du corps l’objet et le sujet de toutes mes explorations, ce qu’elles ont dit de l’âme et du corps m’a fasciné. » Ernest Pignon-Ernest, à propos des femmes mystiques.

Corps touché par l’esprit, l’oeil ou le plaisir, ce qui me fait l’aimer, le trait, le doigt, le regard qui en suit les contours, le rendu, le bouger, les vibrations, la chaleur, la vie. Corps complice d’une âme trop puissante.

La composition de cet article a été remise par deux fois. Il y a quelques mois, j’avais envie de parler des femmes mystiques et des dessins d’Ernest Pignon-Ernest que j’avais découvert il y a quelques années. Et puis, l’artiste a créé une autre oeuvre, sur Pasolini. Alors je me suis dit que j’allais parler des deux, mais je ne voyais pas au début de réelle relation si ce n’était le trait de l’artiste. Je pensais même que les sujets allaient s’entrechoquer. Alors j’ai lu, j’ai écouté une émission de radio sur Pasolini, je me suis rappelé l’exposition que j’avais vue à la cinémathèque de Paris. Un lien évident se tissait entre elles et lui, le corps supplicié. Malgré tout, j’ai laissé l’article dans un coin de brouillon, jusqu’à il y a quelques heures, l’intérêt de ‘quatre’ d’entre vous me l’a fait rouvrir, retravailler un peu et enfin partager.

« ce serait miracle ou damnation si tu avais un corps » « une pure volupté » Des corps déchirés par des feux chavirants. Perdre la forme de son corps à la folie. Elles sont si belles les extasiées d’Ernest Pignon-Ernest et font si peur à voir dans les mots qui les décrivent. D’où leur vient cette beauté si ce n’est de l’amour de l’artiste, si bien accompagné des mots du poète André Velter :duoPignon-Ernest

« Nous vous saluons, ô combien tendrement,

Pour la part de ciel qui vous est passée sous la peau,

Pour la terre qui vous fut de peu de réalité

Alors que vous étiez en charge d’un réel infiniment mêlé d’apocalypse et de miel, »

Alors voilà, ce sont deux oeuvres d’Ernest Pignon-Ernest, street artiste qui colle la plupart du temps ses oeuvres dessinées sur les murs de nos villes. En octobre 2010, je visitais son exposition, Extases, au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, où étaient présentées les dessins, les ébauches sur grands formats ainsi que dans l’ancienne chapelle des Carmélites où l’oeuvre finie, totale, se dressait, papier marouflé sur des plaques d’aluminium posées sur un sol sombre comme un miroir où les mystiques reflétées touchaient la profondeur avant de s’élancer vers le ciel. Et cette vue m’avait prise à la gorge, tant la beauté miroitante m’imprégnaient d’émotions alliant magnificence et défiguration. L’exposition mettaient en scène l’extase de huit femmes mystiques ainsi dévoilées dans les positions extatiques, à moitié dénudée, offerte à l’incommensurable volonté de leurs âmes en ascension. L’année dernière est paru le livre de cette exposition, Pour l’amour de l’amour, qui fut créée en Avignon. Partant d’une interrogation sur l’extase, d’une fascination, d’un questionnement sur la représentation des corps qui tendent vers la désincarnation, Pignon-Ernest s’est attaché à représenter les soupirs, les cris de ces expériences ineffables. Sensuels et charnels, ces portraits ont été réalisés à partir d’écrits de mystiques. La danseuse Bernice Coppieters en inspira l’expression.

DSC03961Pasgp« Je paye un prix pour la vie que je mène. Je suis comme quelqu’un qui va descendre aux enfers. Mais quand je reviendrai, si je reviens, j’aurai vu d’autres choses, tant d’autres choses, plus loin que l’horizon. » Pier Paolo Pasolini, entretien donné à Furio Colombo en novembre 1975, quelques heures avant son assassinat.

Le travail récent de l’artiste sur Pier Paolo Pasolini, je l’ai vu sur les murs de la galerie Openspace non loin du canal Saint-Martin que je venais de photographier vidé de ses eaux et dont l’article traine encore entre les murs virtuels de ce blog. L’exposition était intitulée ‘Si je reviens’. Il s’agit d’un dessin représentant Pasolini portant le corps de Pasolini mort. Corps méchamment supplicié. Ces images furent collées dans les lieux que le poète-scénariste-réalisateur fréquenta en Italie.

Le corps absolument, une matière que le talent de l’artiste exalte.

extaseEPE-ml
N’ayant pas pu prendre de photo d’ensemble à Saint-Denis, pas assez de recul, trop de monde, j’ai trouvé celle-ci sur le blog de Midi Libre, assez représentative de ce que dégage cette oeuvre.

 

Je vous rappelle qu’une page rassemble tous les liens sur les 48 articles d’expositions que vous trouverez sur ce blog.

Dans l’atelier

Sous titrée L’artiste photographié, d’Ingres à Jeff Koons, Dans l’atelier est une exposition indispensable pour qui veut regarder dans la lucarne des ateliers dévoilés des artistes. Le photographe est parfois l’arroseur arrosé, car s’il pénètre dans l’intimité des peintres ou sculpteurs, il est lui aussi objet de curiosité pour d’autres photographes. Du tirage sur papier albuminé pour les plus anciennes, aux gelatino-argentique ou encore à jet d’encre pour les dernières, on prend plaisir à passer d’une époque à une autre, à se laisser aller et venir à travers les méandres temporels, quelle bonne idée de n’avoir suivi aucun ordre chronologique ! Il est toujours aussi surprenant et agréable d’entrer dans le relief d’anciennes images par le biais des appareils stéréoscopiques, se laisser frôler par les histoires qui se développent alors dans nos têtes de voyeur éphémère. Combien de regards avant nous se sont repus de ces images parfois coquines ?

Il y a tant à voir, le parcours est foisonnant, plaisant, excitant, une exposition caverne d’Ali Baba. Je félicite et remercie les commissaires d’expositions, Delphine Desveaux, directrice des collections Roger-Viollet, Susana Gallego Cuesta, conservatrice de la collection photographique du Petit Palais et Françoise Reynaud, conservatrice en charge des collections photographiques du musée Carnavalet, trois femmes qui ont su donner un rythme et la forme qui convenait à une exposition qui se visite jusqu’au bout avec un vif intérêt. Je n’ai qu’une envie, y retourner, je pense que chaque visite peut se multiplier, je suis certaine qu’il y aura toujours à découvrir jusqu’au 17 juillet 2016.

Alors ne croyez pas avoir tout vu en visionnant mon album si dessous, il n’est que le reflet de ce que j’ai voulu rapporter avec moi lors de cette visite grisante.

 

Dans l’atelier – L’artiste photographié d’Ingres à Jeff Koons, jusqu’au juillet 2016, au Petit Palais à Paris (je signale au passage un salon de thé qui peut s’avérer fort agréable en terrasse dans la cours intérieur du musée)

(Et comme dans la blogosphère il n’y a rien de plus gonflant qu’un faux like, je compte sur vous pour ne cliquer sur « aime » que si vous avez lu/vu et aimé l’article comme je le fais moi-même sur les blogs que je visite. Pour résumer, il ne sera fait aucun échange de like. Merci)

Décollage

Un petit article en clin d’oeil, parce qu’hier en regardant la vitrine de la librairie du Centre Pompidou, mon regard fut attiré par une mise en scène un peu différente de ce que j’y vois d’habitude. Je m’approchais et découvrais qu’il s’agissait de la présentation de deux livres : The age of collage : contemporary collage in modern art, tome 1 et 2, la vitrine étant fortement illustrée par des pages de ces livres. Je pensais immédiatement à deux d’entre vous que j’ai plaisir à recevoir ici tout comme j’aime vous rendre visite sur vos blogs respectifs,  vous qui m’avez donné un autre regard sur le collage qui, je dois bien l’avouer n’était pas vraiment ma tasse de thé avant que je prenne le temps de regarder ce que vous faites. Alors, c’est avant tout en pensant à vous deux Lucie et quatrehenriette, que j’ai pris ces photos. Peut-être aussi pour d’autres qui pratique cet art du collage… et tant qu’on y est pour tous les autres amateurs ou découvreurs qui passeront sur cette page. Voici donc un tout petit album de photos d’une vitrine de mon port d’attache muséal.

 

Ceramix Maison Rouge, l’autre regard

ceramix0416-6061entreeChaque fois que je vais faire un tour à la librairie de Beaubourg, je prends plaisir à feuilleter la revue de la céramique et du verre, magazine un peu cher que je me contente de regarder sur place. Je ne connais rien aux techniques de céramiques, je sais à peu près qu’il s’agit de productions en terre qu’on met à cuire. On y trouve des petites merveilles de création, alors évidemment, je n’allais pas passer à côté de l’exposition CERAMIX à la Maison Rouge. Ce dimanche, notre attention était attirée par les marathoniens qui couraient serrés de l’autre côté du canal. Quand je me suis trouvée devant l’immobilité de la façade de la Maison Rouge j’ai cru tout d’abord qu’elle était fermée, les vitres étant d’habitude transparentes. Heureusement, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes à notre approche. Cette exposition à la Maison Rouge ne présente qu’une des deux parties de CERAMIX. L’autre étant à Sèvres, il y a peu de chance que je m’y rende, pourtant en lisant le livret explicatif commun aux deux musées, je ne peux que regretter de ne pas voir l’autre partie.

Le plus spectaculaire de cette exposition, c’est l’invasion de blattes énormes et réalistes qui s’infiltrent jusque dans le sous-sol, cette oeuvre de l’artiste iranienne Bita Fayyazi provoqua un certain tumulte lorsqu’elle fut présentée lors de la biennale de la céramique à Téhéran en 1998. Personnellementceramix0416-5971 je suis partagée entre frisson et sourire… on a l’impression que l’oeuvre gigote, l’effet est excellent (pour la petite histoire, je lis dans le fascicule donné à l’entrée du musée que « chaque personne visitant l’atelier de l’artiste a été invitée à réaliser un insecte à partir des six moules qu’elle avait conçus ». J’aurais bien aimé faire mon cafard.

Je fus séduite par les magnifiques maquettes d’architecture de Raoul Dufy, très colorées. Le parcours de l’expo propose des sculptures abstraites, des WC qualifiés de « céramique suprême » non sans  allusions à la Fontaine de Marcel Duchamp, des amas de formes molles aux références sexuelles, du grotesque et puis un très beau sac qui imite parfaitement le cuir.

J’ai beaucoup aimé les sculptures d’Elsa Sahal (fontaine, acrobate, Justine, …), des corps, des formes à plusieurs sens, des sexes, des fesses, des seins, qui semblent se promener librement dans l’espace. Et puis, oui, cette fontaine sexuée qui parait posée sur deux piliers de corail (ce pourraient être aussi deux bouchots comme on peut en voir en Normandie ou Picardie) sur lesquelles sont venus s’accrocher d’étranges animalcules et autres objets inattendus. M’ont amusées aussi les curieuses figurines de Jessica Harrison qu’elle achète dans les brocantes afin de leur faire subir d’étranges et lugubres transformations (oui, c’est carrément horrible).

DSC05984Pour la suite de l’exposition, suivez le clic de souris qui vous emporte de façon magique sur l’article du blog de Francis, Regard sur des visages.

Vous pouvez visionner ici le film Paso Doble dans lequel le chorégraphe Josef Nadj et le peintre Miquel Barcelo créent sur scène une oeuvre  éphémère d’argile, (film visible dans le sous-sol de La Maison Rouge).

CERAMIX à la Maison Rouge, jusqu’au 5 juin 2016

CERAMIX à la Cité de la Céramique à Sèvres, jusqu’au 12 juin 2016

Art Paris Art Fair 2016

ArtFair0316-5881ambAu Grand Palais, Art Paris Art Fair est une sorte de petite Fiac, c’est-à-dire, une entrée chère pour avoir le droit de visiter des galeries et acheter des oeuvres si vous en avez les moyens. A défaut d’oeuvre d’art, j’vous ai ramené des photos bonnes comme des bonbons, sucrées, acidulées, fondantes, alléchantes, poétiques, colorées, menthe-réglisse, etc. Des choses m’ont plu, d’autres m’ont laissée indifférente, certaines m’ont fait sourire, quelques unes m’ont surprise emballée enthousiasmée agitée bocalisée. J’ai même causé avec deux jeunes galeristes très sympa d’un artiste que je connais et dont ils présentaient une sculpture en bois modèle réduit de ce qu’il expose d’habitude en parpaings et grand format, ils ont voulu que je mette un petit mot dans un cahier, comme ça à froid… et même si les deux stylos qu’ils m’ont passés pour écrire étaient tout aussi gelés que mon imagination et l’air ambiant, les rires et sourires que nous avons échangé m’ont laissé un souvenir chaleureux.

L’album de photos ci-dessous présente surtout les oeuvres qui ont attiré mon attention, ça m’est toujours un plaisir de retrouver des noms d’artistes que j’apprécie comme Yayoi Kusama ou Maria Helena Vieira da Silva (mais quand lui consacrera-t-on une rétrospective à Paris ? hého les curators ou autres directeurs de musées d’art moderne (je vois bien une expo au MAM ou à Beaubourg), des années que j’espère voir une ribambelle de ses tableaux en vrai). Et de magnifiques et sensuels dessins de l’excellent Manara – je me suis toujours régalé les jonctions neuronales avec la nudité nonchalante de ses héroïnes, un vrai déclic pour pénétrer nos rêves, ‘ce pas ?

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