ceramix0416-6061entreeChaque fois que je vais faire un tour à la librairie de Beaubourg, je prends plaisir à feuilleter la revue de la céramique et du verre, magazine un peu cher que je me contente de regarder sur place. Je ne connais rien aux techniques de céramiques, je sais à peu près qu’il s’agit de productions en terre qu’on met à cuire. On y trouve des petites merveilles de création, alors évidemment, je n’allais pas passer à côté de l’exposition CERAMIX à la Maison Rouge. Ce dimanche, notre attention était attirée par les marathoniens qui couraient serrés de l’autre côté du canal. Quand je me suis trouvée devant l’immobilité de la façade de la Maison Rouge j’ai cru tout d’abord qu’elle était fermée, les vitres étant d’habitude transparentes. Heureusement, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes à notre approche. Cette exposition à la Maison Rouge ne présente qu’une des deux parties de CERAMIX. L’autre étant à Sèvres, il y a peu de chance que je m’y rende, pourtant en lisant le livret explicatif commun aux deux musées, je ne peux que regretter de ne pas voir l’autre partie.

Le plus spectaculaire de cette exposition, c’est l’invasion de blattes énormes et réalistes qui s’infiltrent jusque dans le sous-sol, cette oeuvre de l’artiste iranienne Bita Fayyazi provoqua un certain tumulte lorsqu’elle fut présentée lors de la biennale de la céramique à Téhéran en 1998. Personnellementceramix0416-5971 je suis partagée entre frisson et sourire… on a l’impression que l’oeuvre gigote, l’effet est excellent (pour la petite histoire, je lis dans le fascicule donné à l’entrée du musée que « chaque personne visitant l’atelier de l’artiste a été invitée à réaliser un insecte à partir des six moules qu’elle avait conçus ». J’aurais bien aimé faire mon cafard.

Je fus séduite par les magnifiques maquettes d’architecture de Raoul Dufy, très colorées. Le parcours de l’expo propose des sculptures abstraites, des WC qualifiés de « céramique suprême » non sans  allusions à la Fontaine de Marcel Duchamp, des amas de formes molles aux références sexuelles, du grotesque et puis un très beau sac qui imite parfaitement le cuir.

J’ai beaucoup aimé les sculptures d’Elsa Sahal (fontaine, acrobate, Justine, …), des corps, des formes à plusieurs sens, des sexes, des fesses, des seins, qui semblent se promener librement dans l’espace. Et puis, oui, cette fontaine sexuée qui parait posée sur deux piliers de corail (ce pourraient être aussi deux bouchots comme on peut en voir en Normandie ou Picardie) sur lesquelles sont venus s’accrocher d’étranges animalcules et autres objets inattendus. M’ont amusées aussi les curieuses figurines de Jessica Harrison qu’elle achète dans les brocantes afin de leur faire subir d’étranges et lugubres transformations (oui, c’est carrément horrible).

DSC05984Pour la suite de l’exposition, suivez le clic de souris qui vous emporte de façon magique sur l’article du blog de Francis, Regard sur des visages.

Vous pouvez visionner ici le film Paso Doble dans lequel le chorégraphe Josef Nadj et le peintre Miquel Barcelo créent sur scène une oeuvre  éphémère d’argile, (film visible dans le sous-sol de La Maison Rouge).

CERAMIX à la Maison Rouge, jusqu’au 5 juin 2016

CERAMIX à la Cité de la Céramique à Sèvres, jusqu’au 12 juin 2016

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