Les expos du Centre Pompidou que je fréquente assidûment depuis quelques années ne m’enthousiasment pas toutes, soit parce que mes goûts ont changé et que mes élans d’avant se sont envolés – comme pour l’expo Magritte qui a lieu en ce moment et dont la scénographie n’est pas des meilleures qu’on ait vues, soit parce que je me perds un peu dans la multitude d’informations que nous propose l’exposition – comme dans celle de la Beat Generation, dont la scénographie est, par contre, plutôt attrayante, mais un peu difficile à suivre surtout pour les non-initiés. Par contre, j’avais été très emballée par la rétrospective concernant Martial Raysse que je découvrais il y a deux ans.  Alors c’est avec lui que je vous propose aujourd’hui de passer un petit moment, quitte à remonter un peu le temps, histoire de (re)découvrir cet artiste haut en couleur et en diversité. Voici donc ma vision de l’exposition Martial Raysse en mai 2014.

Après une entrée qui me laisse un peu déconfite devant des assemblages de tubes, pots, et autres emballages plastique, je vais très vite prendre conscience que je n’avais pas pris autant de plaisir à parcourir une exposition à Beaubourg depuis quelques temps. Et les regards ou les paroles croisés ici ou là extériorisaient la même exaltation chez bon nombre d’autres visiteurs de cette substantielle promenade à travers l’oeuvre de Martial Raysse. Ensuite, je m’apercevrai que certains initiés préfèrent la première période.

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La Raysse Beach : Un théâtre balnéaire composé de grands panneaux sur lesquels figurent des photographies de pin-up rehaussées de touches de peinture fluorescente, bordées d’accessoires de plage et baignées par un éclairage qui évoque une ambiance ensoleillée.
Né en 1936 à Golfe-Juan-Vallauris, Martial Raysse commence des études de lettres mais s’oriente vers la peinture et la sculpture qu’il pratique en autodidacte depuis sa jeunesse. Il vivra aux Etats-Unis jusqu’en 1968 où il reviendra en France pour vivre dans des communautés hippies. Les multiples tournants dans sa vie se ressentent fortement dans sa production artistique. Ce qui donne cette sensation d’une surprenante diversité allant du pop-art aux paysages mythologiques, en passant par des constructions imposantes ou des petites sculptures en papier mâché, terre ou matériaux de récupération. Il reste un maitre de l’assemblage.
Un petit mot sur La folie Antoine, ufolieantoinene grande peinture murale sur bois que l’artiste réalisa dans son atelier de Bergerac. C’est très vivant, héroïco-mythologique, et humoristique, bourré de détails, présenté ici dans une petite pièce intime, l’idéal étant de s’y trouver seul et de prendre le temps d’entrer dans la fresque.
Sur la fin de l’exposition, on trouve ses grands tableaux toujours plein de personnages très divers dans des scènes assez chaotique. « Dans ces compositions, l’artiste affirme le principe qui prévaudra désormais dans son oeuvre : réhabiliter une peinture savante qui, par sa dimension figurative et ses détails illustratifs, sera accessible au plus grand nombre. »
Voici l’album des photos que j’ai prises lors de l’exposition. N’hésitez pas à agrandir (« voir full size »)
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