Entrez mesdames et messieurs dans le théâtre sans texte. Venez découvrir l’histoire du diorama, à partir de ses origines, avec Louis Daguerre, vous voyagerez dans le temps jusqu’aux artistes d’aujourd’hui qui s’en inspirent.

J’aime que le Palais de Tokyo m’étonne, cette exposition sur ce que Balzac qualifiait de  « merveille du siècle », est une fort bonne idée. Mais qu’est-ce que le diorama, demanderez-vous peut-être ? le mot signifie « voir à travers ». Celui de Daguerre (créé en 1822) consistait en une grande peinture qui donnait l’illusion de s’animer par la magie d’un ingénieux système d’éclairage, jeux de lumière, miroirs réfléchissants. Des dioramas, vous en avez sûrement vus dans les musées d’histoire naturelle ou historiques, ces reconstitutions de scènes montrant la nature dans des pays lointains ou des évènements particuliers, « formé d’une vitre, d’une toile de fond et d’éléments tridimensionnels, le diorama incarne le règne de la mise en scène et de l’illusion ». On entre dans la réalité virtuelle, « le diorama invite à croire à l’authenticité de l’artifice ».

L’exposition mise en lumière par l’obscurité des salles, explique les mécanismes du dispositif mais aussi ouvre sur des champs « tels que la conscience écologique et l’héritage visuel du colonialisme ».

 

J’ai traversé l’exposition retrouvant dès le début mes yeux d’enfants (je suis très fan de pop up, de livres découpés, le diorama m’y fait fortement penser) pour arriver avec mes yeux gourmands sur des dioramas d’artistes qui m’émerveillent, m’interpellent, me fascinent, comme Ronan-Jim Sévellec (une vitrine présentée), Hiroshi Sugimoto (une photo), Jeff Wall, ou encore l’oeuvre de Tatiana Trouvé (ci-dessous), et cette reconstitution (voir les noms que je cite dans l’album ci-dessus) d’un diorama de Marcel Duchamp (Etant donnés), laissé libre d’accès pour élargir la vue alors que l’oeuvre de Duchamp cloisonnait la vision.

(je me demande si les photos de Gregory Crewdson qui fixe le temps dans ses images très théâtrales n’auraient pas eu leur place dans cette exposition, j’y vois ce que je trouve dans la plupart des dioramas non animés, une sensation d’éternité, de temps figé, comme aussi dans certaines peintures d’Edward Hopper… mais je m’éloigne peut-être et cette sensation est toute personnelle)

Le diorama de Tatiana Trouvé, une oeuvre à plusieurs ouvertures et plusieurs points de vue à divers moments de l’exposition. Une vision simple d’abord et une vision dédoublée quand on passe de l’autre côté du miroir. « La définition d’un point de vue n’a pas pour objectif d’assigner une place au spectateur à partir de laquelle il pourrait « bien voir » un objet ou une scène, mais elle permet de tordre l’espace alentour, comme s’il pivotait autour de cet objet. »

Vous l’aurez compris, j’ai apprécié l’exposition et je la reverrai très certainement.

Toutes les informations pour visiter l’exposition Dioramas, au Palais de Tokyo, jusqu’au 10 septembre 2017 (cliquez sur le lien)

A signaler le catalogue de l’exposition, beau et passionnant.

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J’en profite pour vous rappeler que vous pouvez me retrouver sur mon autre blog : Les poissons rouges ont pris la clé des champs.

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