Recherche

les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Catégorie

art

Martial Raysse – Centre Pompidou (mai à septembre 2014)

Les expos du Centre Pompidou que je fréquente assidûment depuis quelques années ne m’enthousiasment pas toutes, soit parce que mes goûts ont changé et que mes élans d’avant se sont envolés – comme pour l’expo Magritte qui a lieu en ce moment et dont la scénographie n’est pas des meilleures qu’on ait vues, soit parce que je me perds un peu dans la multitude d’informations que nous propose l’exposition – comme dans celle de la Beat Generation, dont la scénographie est, par contre, plutôt attrayante, mais un peu difficile à suivre surtout pour les non-initiés. Par contre, j’avais été très emballée par la rétrospective concernant Martial Raysse que je découvrais il y a deux ans.  Alors c’est avec lui que je vous propose aujourd’hui de passer un petit moment, quitte à remonter un peu le temps, histoire de (re)découvrir cet artiste haut en couleur et en diversité. Voici donc ma vision de l’exposition Martial Raysse en mai 2014. Lire la suite

La villa Verveine de Caroline Dahyot

Je l’avais maintes fois vue de l’extérieur, en passant devant en voiture ou à pied, bien avant de savoir qu’elle s’appelle Villa Verveine, bien avant d’imaginer ce qui pouvait se cacher derrière sa façade colorée. Lire la suite

Balzac et les artistes, mythe et réalité

Jeudi (hier), 9h40. C’est la première fois que j’entre dans la maison de Balzac – sans excuse puisqu’elle fait partie des musées libres d’accès quand on possède la carte Paris-musée – je peux même dire que je regrette encore d’avoir laissé passer l’exposition de Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet, dans cette maison des coteaux de Passy.  Balzac, pour moi… un des auteurs préférés de ma mère, celui d’un ami qui se livrait à l’écriture et admirait Balzac et Stephen King, et des souvenirs scolaires, et même un prix à l’école, Le lys dans la vallée… Ce jour, j’entre dans l’exposition Balzac et les artistes, mythe et réalité. Une autre première fois pour moi puisqu’il s’agit d’un vernissage presse. Après un accueil chaleureux Lire la suite

Sol y sombra – Miquel Barcelo

Peintre, céramiste, graveur, sculpteur, créateur ? Avant cette année, je ne connaissais que de très loin Miquel Barcelo, de nom tout au plus. Et d’un coup, je me suis fait un triplé d’expositions qui, petit à petit m’ont familiarisée avec son style, son travail, son art. A la Maison Rouge, lors de l’exposition CERAMIX c’est par le film d’une performance en Avignon qu’il a attiré mon attention, on le voit avec son ami chorégraphe manipuler la terre crue de façon très spéciale, le corps finissant par ne faire qu’un avec la terre. Lire la suite

CERAMIX – une visite avec Elsa Sahal

Je ne suis pas certaine que cet article intéressera nombre d’entre vous. C’est un compte-rendu très personnel de quelque chose dont je voudrais graver les grandes lignes dans ma mémoire, enfin la mémoire du bocal.

« Visite subjective avec Elsa Sahal ». Dans l’exposition CERAMIX, ses oeuvres sont parmi celles que j’ai préférées, alors je me suis précipitée sur cette proposition de la Maison Rouge, ce jeudi soir 19 mai. Elsa Sahal nous a dit Lire la suite

Double Je – une exposition ludique au Palais de Tokyo (mise à jour du 16 mai)

Double je est une exposition au Palais de Tokyo. Double je est une enquête… une expérience. Un jeu, prétexte à une exposition d’art et d’artisanat, ou le contraire. Lire la suite

Araki au musée Guimet

Pour entrer dans l’exposition Araki, au musée Guimet, on longe d’abord un long mur d’étagères qui exposent ses livres de photographies, il en a fait paraitre plus de 500. Lire la suite

Le lettrisme

Un mot illustré sur le lettrisme qui occupe une petite salle dans les collections d’art moderne du Centre Pompidou, que j’ai eu le plaisir de revisiter il y a quelques jours. Isidore Isou, né en Roumanie, arrive à Paris en 1945. Avec Gabriel Pomerand et Maurice Lemaître, ils réactivent le souvenir des soirées dadaïstes. Le lettrisme est un projet total Lire la suite

Soupirs

photographié au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis, en octobre 2010
dessins photographiés au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, en octobre 2010

« Probablement, parce que j’ai fait du corps l’objet et le sujet de toutes mes explorations, ce qu’elles ont dit de l’âme et du corps m’a fasciné. » Ernest Pignon-Ernest, à propos des femmes mystiques.

Corps touché par l’esprit, l’oeil ou le plaisir, ce qui me fait l’aimer, le trait, le doigt, le regard qui en suit les contours, le rendu, le bouger, les vibrations, la chaleur, la vie. Corps complice d’une âme trop puissante.

La composition de cet article a été remise par deux fois. Il y a quelques mois, j’avais envie de parler des femmes mystiques et des dessins d’Ernest Pignon-Ernest que j’avais découvert il y a quelques années. Et puis, l’artiste a créé une autre oeuvre, sur Pasolini. Alors je me suis dit que j’allais parler des deux, mais je ne voyais pas au début de réelle relation si ce n’était le trait de l’artiste. Je pensais même que les sujets allaient s’entrechoquer. Alors j’ai lu, j’ai écouté une émission de radio sur Pasolini, je me suis rappelé l’exposition que j’avais vue à la cinémathèque de Paris. Un lien évident se tissait entre elles et lui, le corps supplicié. Malgré tout, j’ai laissé l’article dans un coin de brouillon, jusqu’à il y a quelques heures, l’intérêt de ‘quatre’ d’entre vous me l’a fait rouvrir, retravailler un peu et enfin partager.

« ce serait miracle ou damnation si tu avais un corps » « une pure volupté » Des corps déchirés par des feux chavirants. Perdre la forme de son corps à la folie. Elles sont si belles les extasiées d’Ernest Pignon-Ernest et font si peur à voir dans les mots qui les décrivent. D’où leur vient cette beauté si ce n’est de l’amour de l’artiste, si bien accompagné des mots du poète André Velter :duoPignon-Ernest

« Nous vous saluons, ô combien tendrement,

Pour la part de ciel qui vous est passée sous la peau,

Pour la terre qui vous fut de peu de réalité

Alors que vous étiez en charge d’un réel infiniment mêlé d’apocalypse et de miel, »

Alors voilà, ce sont deux oeuvres d’Ernest Pignon-Ernest, street artiste qui colle la plupart du temps ses oeuvres dessinées sur les murs de nos villes. En octobre 2010, je visitais son exposition, Extases, au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, où étaient présentées les dessins, les ébauches sur grands formats ainsi que dans l’ancienne chapelle des Carmélites où l’oeuvre finie, totale, se dressait, papier marouflé sur des plaques d’aluminium posées sur un sol sombre comme un miroir où les mystiques reflétées touchaient la profondeur avant de s’élancer vers le ciel. Et cette vue m’avait prise à la gorge, tant la beauté miroitante m’imprégnaient d’émotions alliant magnificence et défiguration. L’exposition mettaient en scène l’extase de huit femmes mystiques ainsi dévoilées dans les positions extatiques, à moitié dénudée, offerte à l’incommensurable volonté de leurs âmes en ascension. L’année dernière est paru le livre de cette exposition, Pour l’amour de l’amour, qui fut créée en Avignon. Partant d’une interrogation sur l’extase, d’une fascination, d’un questionnement sur la représentation des corps qui tendent vers la désincarnation, Pignon-Ernest s’est attaché à représenter les soupirs, les cris de ces expériences ineffables. Sensuels et charnels, ces portraits ont été réalisés à partir d’écrits de mystiques. La danseuse Bernice Coppieters en inspira l’expression.

DSC03961Pasgp« Je paye un prix pour la vie que je mène. Je suis comme quelqu’un qui va descendre aux enfers. Mais quand je reviendrai, si je reviens, j’aurai vu d’autres choses, tant d’autres choses, plus loin que l’horizon. » Pier Paolo Pasolini, entretien donné à Furio Colombo en novembre 1975, quelques heures avant son assassinat.

Le travail récent de l’artiste sur Pier Paolo Pasolini, je l’ai vu sur les murs de la galerie Openspace non loin du canal Saint-Martin que je venais de photographier vidé de ses eaux et dont l’article traine encore entre les murs virtuels de ce blog. L’exposition était intitulée ‘Si je reviens’. Il s’agit d’un dessin représentant Pasolini portant le corps de Pasolini mort. Corps méchamment supplicié. Ces images furent collées dans les lieux que le poète-scénariste-réalisateur fréquenta en Italie.

Le corps absolument, une matière que le talent de l’artiste exalte.

extaseEPE-ml
N’ayant pas pu prendre de photo d’ensemble à Saint-Denis, pas assez de recul, trop de monde, j’ai trouvé celle-ci sur le blog de Midi Libre, assez représentative de ce que dégage cette oeuvre.

 

Je vous rappelle qu’une page rassemble tous les liens sur les 48 articles d’expositions que vous trouverez sur ce blog.

Dans l’atelier

Sous titrée L’artiste photographié, d’Ingres à Jeff Koons, Dans l’atelier est une exposition indispensable pour qui veut regarder dans la lucarne des ateliers dévoilés des artistes. Le photographe est parfois l’arroseur arrosé, car s’il pénètre dans l’intimité des peintres ou sculpteurs, il est lui aussi objet de curiosité pour d’autres photographes. Du tirage sur papier albuminé pour les plus anciennes, aux gelatino-argentique ou encore à jet d’encre pour les dernières, on prend plaisir à passer d’une époque à une autre, à se laisser aller et venir à travers les méandres temporels, quelle bonne idée de n’avoir suivi aucun ordre chronologique ! Il est toujours aussi surprenant et agréable d’entrer dans le relief d’anciennes images par le biais des appareils stéréoscopiques, se laisser frôler par les histoires qui se développent alors dans nos têtes de voyeur éphémère. Combien de regards avant nous se sont repus de ces images parfois coquines ?

Il y a tant à voir, le parcours est foisonnant, plaisant, excitant, une exposition caverne d’Ali Baba. Je félicite et remercie les commissaires d’expositions, Delphine Desveaux, directrice des collections Roger-Viollet, Susana Gallego Cuesta, conservatrice de la collection photographique du Petit Palais et Françoise Reynaud, conservatrice en charge des collections photographiques du musée Carnavalet, trois femmes qui ont su donner un rythme et la forme qui convenait à une exposition qui se visite jusqu’au bout avec un vif intérêt. Je n’ai qu’une envie, y retourner, je pense que chaque visite peut se multiplier, je suis certaine qu’il y aura toujours à découvrir jusqu’au 17 juillet 2016.

Alors ne croyez pas avoir tout vu en visionnant mon album si dessous, il n’est que le reflet de ce que j’ai voulu rapporter avec moi lors de cette visite grisante.

 

Dans l’atelier – L’artiste photographié d’Ingres à Jeff Koons, jusqu’au juillet 2016, au Petit Palais à Paris (je signale au passage un salon de thé qui peut s’avérer fort agréable en terrasse dans la cours intérieur du musée)

(Et comme dans la blogosphère il n’y a rien de plus gonflant qu’un faux like, je compte sur vous pour ne cliquer sur « aime » que si vous avez lu/vu et aimé l’article comme je le fais moi-même sur les blogs que je visite. Pour résumer, il ne sera fait aucun échange de like. Merci)

Décollage

Un petit article en clin d’oeil, parce qu’hier en regardant la vitrine de la librairie du Centre Pompidou, mon regard fut attiré par une mise en scène un peu différente de ce que j’y vois d’habitude. Je m’approchais et découvrais qu’il s’agissait de la présentation de deux livres : The age of collage : contemporary collage in modern art, tome 1 et 2, la vitrine étant fortement illustrée par des pages de ces livres. Je pensais immédiatement à deux d’entre vous que j’ai plaisir à recevoir ici tout comme j’aime vous rendre visite sur vos blogs respectifs,  vous qui m’avez donné un autre regard sur le collage qui, je dois bien l’avouer n’était pas vraiment ma tasse de thé avant que je prenne le temps de regarder ce que vous faites. Alors, c’est avant tout en pensant à vous deux Lucie et quatrehenriette, que j’ai pris ces photos. Peut-être aussi pour d’autres qui pratique cet art du collage… et tant qu’on y est pour tous les autres amateurs ou découvreurs qui passeront sur cette page. Voici donc un tout petit album de photos d’une vitrine de mon port d’attache muséal.

 

Ceramix Maison Rouge, l’autre regard

ceramix0416-6061entreeChaque fois que je vais faire un tour à la librairie de Beaubourg, je prends plaisir à feuilleter la revue de la céramique et du verre, magazine un peu cher que je me contente de regarder sur place. Je ne connais rien aux techniques de céramiques, je sais à peu près qu’il s’agit de productions en terre qu’on met à cuire. On y trouve des petites merveilles de création, alors évidemment, je n’allais pas passer à côté de l’exposition CERAMIX à la Maison Rouge. Ce dimanche, notre attention était attirée par les marathoniens qui couraient serrés de l’autre côté du canal. Quand je me suis trouvée devant l’immobilité de la façade de la Maison Rouge j’ai cru tout d’abord qu’elle était fermée, les vitres étant d’habitude transparentes. Heureusement, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes à notre approche. Cette exposition à la Maison Rouge ne présente qu’une des deux parties de CERAMIX. L’autre étant à Sèvres, il y a peu de chance que je m’y rende, pourtant en lisant le livret explicatif commun aux deux musées, je ne peux que regretter de ne pas voir l’autre partie.

Le plus spectaculaire de cette exposition, c’est l’invasion de blattes énormes et réalistes qui s’infiltrent jusque dans le sous-sol, cette oeuvre de l’artiste iranienne Bita Fayyazi provoqua un certain tumulte lorsqu’elle fut présentée lors de la biennale de la céramique à Téhéran en 1998. Personnellementceramix0416-5971 je suis partagée entre frisson et sourire… on a l’impression que l’oeuvre gigote, l’effet est excellent (pour la petite histoire, je lis dans le fascicule donné à l’entrée du musée que « chaque personne visitant l’atelier de l’artiste a été invitée à réaliser un insecte à partir des six moules qu’elle avait conçus ». J’aurais bien aimé faire mon cafard.

Je fus séduite par les magnifiques maquettes d’architecture de Raoul Dufy, très colorées. Le parcours de l’expo propose des sculptures abstraites, des WC qualifiés de « céramique suprême » non sans  allusions à la Fontaine de Marcel Duchamp, des amas de formes molles aux références sexuelles, du grotesque et puis un très beau sac qui imite parfaitement le cuir.

J’ai beaucoup aimé les sculptures d’Elsa Sahal (fontaine, acrobate, Justine, …), des corps, des formes à plusieurs sens, des sexes, des fesses, des seins, qui semblent se promener librement dans l’espace. Et puis, oui, cette fontaine sexuée qui parait posée sur deux piliers de corail (ce pourraient être aussi deux bouchots comme on peut en voir en Normandie ou Picardie) sur lesquelles sont venus s’accrocher d’étranges animalcules et autres objets inattendus. M’ont amusées aussi les curieuses figurines de Jessica Harrison qu’elle achète dans les brocantes afin de leur faire subir d’étranges et lugubres transformations (oui, c’est carrément horrible).

DSC05984Pour la suite de l’exposition, suivez le clic de souris qui vous emporte de façon magique sur l’article du blog de Francis, Regard sur des visages.

Vous pouvez visionner ici le film Paso Doble dans lequel le chorégraphe Josef Nadj et le peintre Miquel Barcelo créent sur scène une oeuvre  éphémère d’argile, (film visible dans le sous-sol de La Maison Rouge).

CERAMIX à la Maison Rouge, jusqu’au 5 juin 2016

CERAMIX à la Cité de la Céramique à Sèvres, jusqu’au 12 juin 2016

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :