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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

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balade

Canal Saint Martin, une atmosphère

cstm0381Et quelle atmosphère ! Jour de pèche pour photographes de tout poil. Je n’étais pas seule à longer le canal vidé de ses eaux pour entretien, réparation et nettoyage. Le canal Saint Martin relie la Seine au bassin de la Villette, la dénivellation est compensée par neuf écluses qu’il faut entretenir périodiquement, la dernière fois que le canal a été vidé, c’était en 2002. En début de semaine, les poissons (brochets, anguilles, gardons, carpes…) qui ne s’étaient pas laissés entrainés par le courant devant les mener à la Seine lorsque l’eau s’est retirée, ont été ramassés et placés en amont ou en aval. Les travaux devraient durer jusqu’en avril. Pour l’instant c’est une ambiance de désolation qui règne entre les rives, et si ce n’est les mouettes qui pataugent dans les résidus d’eau vaseuse et les déchets, on y trouve divers objets assez étonnants. Je suis impressionnée par le nombre de vélos et de motos dont la tonalité tend vers un gris intemporel.

CstM3877pfAvant d’arriver au coeur du sujet, voici une photo street art live, j’ai eu la surprise et le plaisir de tomber sur un graffeur en pleine action. Ne trouvez-vous pas que le revers de l’artiste semble correspondre au visage dessiné ? Je me cache, tu me vois. Du moins, j’aime bien l’imaginer.

Histoire de partager avec vous toutes ces jolies petites choses dont le destin paraissait avoir été scellé dans l’opacité de l’onde, je vous ai préparé un album où vous pourrez vous emplir d’une certaine poésie comme celle du caddie flottant dans un ciel clément. Je vous évite les gros tas d’ordures qui ne présentent aucune particularité artistique pour le sujet du jour (pour les nouveaux, il suffit de cliquer sur une image, l’album s’ouvre, et vous avez la possibilité d’agrandir en full size si l’envie vous en prend).

 

 

Ainsi, franchissant vaillamment les ponts qui surplombent le canal pour passer d’une rive à l’autre, je finis irrémédiablement par tomber sur le célèbre Hôtel du Nord immortalisé par le film éponyme que Marcel Carné a réalisé en 1938.

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Allez, je ne résiste pas à l’envie de vous faire réécouter la délicieuse gouaille d’Arletty s’accordant parfaitement aux dialogues d’Henri Jeanson (merci, Francis) dans la scène immortelle qu’elle partage avec Louis Jouvet sur une écluse située tout près de l’Hôtel du Nord :

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la Rotonde

Et pour finir, un petit clin d’oeil puisque dans mon parcours j’ai croisé deux des établissements que le blog Revue des moments perdus m’a fait connaitre par le biais de ses articles. Ainsi vous retrouverez la Rotonde dans « Mes terrasses préférées » et le Point Ephémère et ses abords colorés si caractéristiques (ci-dessous) dans « Moments secrets » (pour ce dernier, un mot de passe est nécessaire, vous le trouverez facilement dans l’article « Gelée royale » – du moins le jour où mon article est posté).

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Voilà, pour les Parisiens, je ne saurais trop vous conseiller la balade, surtout sous le soleil d’hiver.
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La route

Non, je ne vais pas vous parler de l’excellent et apocalyptique roman de Cormac McCarthy ni du film tiré du livre (le film est bien si on n’a pas lu le livre). Je vous emmène tracer la route du côté de Marseille.

C’était en août 2011, un lundi, j’avais suivi mon mari lors d’un déplacement professionnel. Deux jours à Marseille. Une ville que j’avais découverte avec beaucoup de plaisirs (j’adore la cuisine marseillaise) deux mois auparavant dans les mêmes conditions. Comme j’avais déjà fait le tour du Marseille pittoresque lors de mon précédent passage et que je ne suis pas douée pour le lèche-vitrine, je m’étais fait un programme alléchant de visite hors la ville. Cette fois, j’irai me balader du côté des calanques.
Me voilà donc fin prête, dans mon sac à dos un plan, un trajet, la liste des bus à prendre, mon appareil photo. Me manquait juste l’eau que j’achèterai en chemin. C’est vers 11h30, après avoir papoté avec une amie qui était sur place, que je prenais la route chaussée de petites sandales. Nous noterons trois points d’inconscience qui me caractérisent : ne pas prévoir d’eau en partant sous le soleil marseillais, mettre des sandales sans savoir où je mets les pieds ni combien de temps il me faudra marcher (j’avais prévu de prendre des bus), et considérer mon appareil photo comme un engin redoutable m’octroyant une invulnérabilité certaine. Il est vrai que sans lui, je suis une trouillarde comme vous avez pas idée.
J’avais noté qu’il me fallait prendre le bus 83 à partir du Vieux Port puis le 19 jusqu’à son terminus, un petit port nommé la Madrague de Montredon. Au bout de ce parcours, je me retrouvais seule dans le bus avec trois jeunes asiatiques. Là, ça a cafouillé un peu. Je devais continuer mon chemin en bus mais en vérifiant les horaires sur un panonceau je vis qu’il fallait attendre une bonne heure. Qu’à cela ne tienne, j’allais acheter de l’eau et visiter un peu cette Madrague, petit port très compact où je ne vis âme qui vive. Même les asiatiques avaient disparu. Pas le moindre commerce ouvert. « Fermé le lundi », c’était bien ma chance. Il était midi passé et le soleil du mois d’août commençait à bien m’échauffer. Je retournais à l’arrêt des bus. Attendre ? Pas trop mon truc. Je regardais mon plan et décidais de me lancer à pied sur la seule route qui partait vers ma destination. C’était pas difficile il n’y en avait qu’une. Très vite elle longea la mer. Je tenais mon appareil photo la lanière enroulée autour du poignet, le doigt sur le déclencheur. Il y avait un petit vent très agréable et quelques légers nuages qui rendaient supportables la soif et la chaleur. Parfois une automobile passait à grande vitesse, me déséquilibrant un peu en coupant le vent. J’ai la chance d’avoir un bon débit de marche, ce pourquoi d’ailleurs j’aime marcher seule, à mon rythme. Mes jambes adorent avaler la route, et là je les sentais follement libres, à Paris c’est moins drôle, il y a toujours des feux ou des obstacles pour nous arrêter.
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Je marchais donc et fatalement je commençais à sentir la sécheresse m’envahir. Bah, je n’étais pas au bout de monde, je me disais que je finirais bien par arriver quelque part. Je vis alors un établissement surplombant la mer avec un petit parking plein de voitures. Un restaurant, visiblement ouvert.
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Mon intention première était de me nourrir d’un sandwich, mais je n’allais pas chipoter, il me fallait boire et reprendre du carburant protéiné pour continuer à avancer. La carte était plutôt alléchante. Je suis entrée, l’intérieur était joli et très agréable, un serveur souriant me donna une table à l’ombre, c’était parfait. Je déjeunais d’une brochette de lotte accompagnée d’un demi-litre d’eau gazeuse et d’un café. J’étais prête à reprendre la route.
C’est ainsi que je suis arrivée aux Goudes, un port touffu où des vacanciers se baignaient, mangeaient, buvaient, riaient… trop de monde, j’ai fait un tour rapidement et bien que la soif recommence à se faire sentir, je n’ai pas eu envie de m’arrêter. Un vieux monsieur m’a parlé de chapeau de soleil… j’avais dû l’oublier lui aussi. Je suis montée un peu au-dessus du village, là où les terres sont désertiques, où les chevilles se tordent, où les cailloux entrent dans les sandales des têtes de linottes. Je longeais les ravins regardant le manège d’une voiture de police qui tournait, revenait, repartait. Etre seule dans un tel endroit, c’est une sensation délicieuse qui donne l’impression que le monde nous appartient ou qu’on appartient au monde, c’est une ouverture absolue, une acceptation de l’être à l’osmose universelle… Mouillée ! je venais de me recevoir une grande giclée d’eau de mer. Redescente sur Terre.
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Je regardais mon plan, je me sentais capable de continuer jusqu’à Callelongue, l’ultime port que l’on rejoint par la route, ensuite commence le chemin des calanques. Mes sandales commençaient à me chauffer gravement les pieds, j’aurais pu prendre le bus, j’avais vu qu’un arrêt existait non loin de là. Je me fixais l’objectif d’aller jusqu’à l’arrêt suivant, et puis ce fut le suivant…  Je n’ai jamais été dépassée par aucun bus et n’ai jamais vu le moindre piéton sur la chaussée. J’avançais sans trop m’en rendre compte.  La soif me tenaillait jusqu’aux tréfonds du corps et de l’esprit quand j’arrivais à Callelongue. Là-bas le sentier menait vers Cassis… 11 heures de marche, je crois. Pour moi, le trajet s’arrêtait là. Je constatais qu’il n’y avait pas de bar, pas de toilettes et quarante-cinq minutes d’attente avant le départ de la prochaine navette. Repartir dans l’autre sens à pied n’était pas une bonne idée. Aussi, je m’asseyais et j’attendais patiemment. Et là ça devint très amusant. Je vis le chauffeur arriver, torse nu, en maillot, tout mouillé sortant de la baignade. Il entra dans son bus, en ressortit, accrocha son maillot au grillage pour qu’il sèche, le temps de fumer une cigarette, le temps de boire un café… Enfin, il donna le feu vert pour entrer dans le mini bus d’une dizaine de places assises. Le retour se fit plus rapidement que l’aller, je regardais défiler la route en sens inverse jusqu’à la Madrague, puis jusqu’au Prado, où pour changer j’ai pris le métro jusqu’au Vieux port. J’étais sur pilotage automatique, direction l’hôtel, bonjour, ascenseur, chambre où je m’affalais sur le lit lorgnant la Bonne Mère tout là-haut qui veillait sur la ville. Il était 18h, je suis ressortie pour boire autant d’eau qu’il me fut possible d’ingérer.
Le soir nous dinions en compagnie d’amis, je racontais un peu mon escapade, on me dit que j’avais été inconsciente de partir seule, à pied sur cette route. On me l’a ensuite souvent redit. Je suis bien contente de n’en avoir parlé à personne avant de partir.

Paris plages off

J’étais descendue à Concorde pour rejoindre la Seine, direction Paris plages. Le matin de bonne heure, c’est le terrain des joggeurs et des photographes. J’étais partie avec une idée en tête : photographier du vide (je vous dirai peut-être pourquoi prochainement).
Arrivée sur le quai, je changeais d’avis subitement, je suivrais un homme et son chien. Je me suis dit que j’allais faire un truc comme Sophie Calle, suivre un inconnu dans la rue. Et bien, ça n’a pas duré longtemps. Mon inconnu a disparu sous une racine, je veux dire qu’il était là devant moi quand mon attention fut attirée par une racine qui soulevait des pavés un peu comme au cimetière du Père Lachaise les arbres soulèvent et ouvrent les tombes, et là le temps de prendre une photo, quand j’ai relevé la tête, y avait plus personne. Ni homme, ni chien. Envolés.
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Quelle piètre fileuse je fais. Qu’à cela ne tienne, je m’adonnais maintenant au papillonnage le long du quai de Seine, cueillant sous un pont un rayon de lumière, attrapant ailleurs le regard d’un oiseau, butinant là quelques sourires d’agents d’entretien des quais. Oui mais, à force de tourner dans tous les sens pour tout voir, j’ai bien vu que j’étais devenue l’inconnue qu’on suivait. Alors l’homme portant appareil photo s’est approché de moi. Je crois qu’il a attendu que je finisse de viser pour me parler, et nous voilà partis à discuter des photos que nous faisions. Nous nous racontions un peu nos expériences de Paris plages. Il voulait me montrer ses dernières photos, alors il a tendu son appareil devant nous mais avec le soleil je lui dis que je ne voyais rien. “Venez à l’ombre” me dit-il. Je le suis jusqu’à l’ombre. Il me montrait de nouveau l’écran de l’appareil, je n’y voyais toujours pas grand chose, c’était pas faute d’essayer, j’étais dans un équilibre des plus instables tellement je me penchais. Il me dit même que j’étais sur la photo mais qu’il ne fallait pas faire attention… j’y comprenais rien du tout, alors je lui ai parlé des panneaux d’interdiction de faire des photos qui fleurissent un peu partout cette année sur le trajet sablonneux. Ensuite, je ne me souviens plus trop si on s’est souhaité une bonne journée, je me suis remise à faire des photos, il est parti et a disparu, lui aussi.

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Je suis arrivée sous un pont, c’est là que j’ai vu danser la lumière. C’était si beau, on aurait dit un film projeté sur le pont-écran. Je suis restée longtemps à contempler et puis j’ai voulu attraper au vol tous les mouvements. Ça me soulevait le coeur tellement c’était joli. Je me suis penchée pour voir d’où venait cette effervescence, là encore c’était magnifique, des ondulations marquaient la surface de l’eau de mille empreintes.

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Je suis repartie parce qu’il le fallait bien, non sans avoir laissé des traces.

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Des histoires gravées dans la pierre

Je marchais sur les galets lorsque l’un d’entre eux attira mon attention. Me baissant pour l’observer de plus près, j’y vis d’étranges dessins. En fouillant le sol autour de moi, j’en trouvais d’autres. J’oubliai le monde alentour pour entrer par cette petite porte ouverte sur un autre univers d’où s’échappaient des chuchotis, des bouts d’histoire. J’ai détourné les galets de la plage comme on tourne les pages d’un livre d’images.

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Ainsi j’ai vu monsieur Girafe se promener débonnaire sous le ciel étoilé, son cou était si grand qu’il dépassait la plus haute des étoiles. Et il levait la tête, plus haut, toujours plus haut, croquant ici ou là les fruits d’un paradis céleste, se désaltérant à l’occasion de quelques larmes de voie lactée.

Pendant ce temps, Serein le chat sommeillait sous les provocations d’une souris bien dodue. Vole inconscient rongeur, le chat attend son heure. Follette, elle minaudait avec son ventre tant gonflé d’air, certaine de planer trop haut pour un félin gravé dans la pierre. Je n’y parierais pas tes moustaches, Souricette, un simple coup de griffe dans la bedaine et le minet fera un festin de tes pauvres entrailles dégonflées. Triste fin.

Grrrrr, marmottait le fantôme en se débattant dans sa gangue de silex trop serrée. Aide-moi à sortir, je t’accorderai un souhait. Désolée de ne pouvoir attendrir la pierre entre mes mains, Phantasme râleur, il faudra te faire à l’idée de rester couché là encore quelque mille ans.

De leur côté, Joséphine Brebis et Annabelle Vache barbotaient dans la mare aux canards se racontant des histoires de poulailler. Une vraie cacophonie dont je ne pipais mot.

C’est alors que dans le souffle d’une bourrasque je vis Cheveux aux vent la plus jolie des sorcières filer sur l’horizon à cheval sur son balai turbo.

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Elle s’en allait délivrer les victimes tombées les unes après les autres dans le gosier du terrible tétardorus des abysses.

Le cri strident d’un goéland me ramena à la réalité. La marée remontait, il était l’heure de replier les rêves, je ramassai ma précieuse collection de galets-conteurs et je rentrai.

Picardie 2 – La pointe du Hourdel dans la brume

Un jour de brume à la pointe du Hourdel, près de Saint-Valéry-sur Somme. La brume sur un paysage c’est comme la danse des sept voiles de Salomé. Un spectacle hypnotique qui nous mène entre l’eau qui s’est éloignée et le rivage dur recouvert de galets. On ne sait où on va, on flotte dans un certain bonheur, celui d’avancer dans un no man’s land mystérieux.

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C’est alors qu’au loin une tête de Godzilla apparait. Le monstre doit être là depuis des millénaires, prisonnier de la vase, pointant son museau dans un dernier réflexe d’inspiration. La curiosité nous pousse à accélérer le pas, des fois peut-être qu’il disparaitrait à jamais dans quelques limbes fantasmagoriques.

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Le Godzilla était un blockhaus… Une impression de déjà vu… C’est pourtant la première fois que…

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A peine le temps de dépasser le bloc de béton que le monde pivote sur le seuil de l’irréalité. Tout devient clair pour les yeux autant que pour l’esprit. « Dis donc, c’est pas le blockhaus qu’il y avait dans la série que tu regardais ? » « Oui, Les Témoins, une des scènes clés, c’est là qu’on retrouvait… » J’ai bien aimé cette série, surtout l’actrice, celle qui court en chaussettes sur les galets, longtemps longtemps (on a le temps de se demander comment elle fait, ils ont dû renforcer les chaussettes, parce que ouille ! aie ! là, j’y crois pas ! A moins que la demoiselle soit si légère… mais non impossible), oui, l’actrice, une présence comme je les apprécie, je ne l’avais jamais vue, ne sais pas comment elle s’appelle… Marie Dompnier, me murmure l’ami Google. Donc, me voilà plantée devant un morceau d’anthologie… C’est impressionnant, pas le morceau d’anthologie, mais cette énorme masse qui semble perdue, là, au milieu de nulle part, terrassée à jamais.

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Le temps du retour, la brume a de nouveau tout enseveli. Le phare du Hourdel est à peine visible, tout comme nous bientôt.

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Photos prises en avril 2015.

Picardie 1 – Bois de Cise

De la Picardie, je voudrais vous parler du Bois de Cise. Un endroit préservé, un bois ancien tout en longueur dans une valleuse menant à la mer. Un lieu de de contes de fées où se cachent quelques maisons dont certaines sont abandonnées. Le lieu a un vécu, une histoire de plus d’un siècle.

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Je l’ai connu l’hiver, sous la pluie, dans le froid, rien n’altérait ses charmes. Je voulais tout emporter dans ma boîte à lumière du jeu des rayons solaires à travers les branches des grands arbres nus, éveillant une telle harmonie que je me laissais croire que les dieux étaient descendus sur terre pour nous tendre leurs mains. Je m’y suis étourdie du printemps symphonique des oiseaux, j’ai couru après la danse des écureuils pour n’en rien perdre encore une fois. Te souviens-tu de nos éclats de rire ?

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Je me suis grisée du tableau des tapis de jonquilles, bientôt noyés sous des océans de clochettes bleues. Des couleurs qui hallucinaient ma palette bien incapable de les reproduire.

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Au fil des mois, j’ai traversé le bois, par tous les sentiers je l’ai hanté comme il m’a possédée. Je garde nos secrets.

Combien de fois ai-je descendu le long escalier usé qui conduit à la mer dans la petite ouverture entre les hautes falaises ? Cette mer que j’ai connue lointaine ou proche, si calme qu’on aurait dit qu’elle s’était oubliée dans une pause du temps, ou tellement agitée que de l’intérieur c’est mon coeur qui débordait, tellement bleue ou verte ou grise ou écumante de rage sous un ciel aussi sauvage que la plage à marée basse. J’ai vu bien des humains ici frémir d’extase captifs du fabuleux ballet des déferlantes.

J’ai vécu là-bas une année d’illusion, un rêve ou peut-être un mirage comme on n’en croise que dans les contes. Et puisqu’il est d’usage que le temps ramène à la réalité, me reste mes photos.

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