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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

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dessin

Cube 2 – L’oeuf

L’intime, cocon de soi, là où la paix développe l’âme et le coeur… yin et yang en harmonie pour une complétude en gestation permanente.

Ma dernière petite création.

cubeoeuf1116pfpeinture acrylique et aquarelle sur papier multi-techinques

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Cube

Une nuit je me réveille avec une immense envie de faire un cube.

Allons bon, qu’est-ce que c’est encore cette idée saugrenue… j’ai sommeil, moi !

– Non, tu n’as pas sommeil !, trotte le cube derrière mes paupières closes, et le voilà qui tournicote comme s’il existait déjà, dehors, dedans, il s’ouvre pour dévoiler ce qu’il a dans le ventre. Tu veux dire des organes, tout ça ? Non, des secrets d’alcôve, un vestiaire, un préambule, la chambre des Béatrice. On pourrait partir d’un bord du labyrinthe et ouvrir une porte au hasard. Entrez monsieur le hasard, vous êtes ici chez vous, toujours le bienvenu dans mon bazar. Lire la suite

Leur histoire

C’est parce qu’ils ont pris de l’importance pour moi depuis une dizaine d’années que j’ai envie de faire un article sur eux. Ils sont devenus omniprésents dans beaucoup de mes dessins composés. Que je les appelle mes Bonomes, diables ou lutins, connaitrai-je jamais leur véritable nom, ils fourmillent, rien ne les touche que le bonheur d’être, de se mouvoir, de danser, leur monde est déliquescent mais ils y sont sereins ignorant l’entropie, sans cesse renaissant, s’entraidant toujours dans la proximité, s’ignorant dans le lointain, ne se cherchant pas, ne se battant jamais. Qui sont-ils ? De quelle entité déchargée des notions du bien ou du mal émanent-ils ? Lire la suite

De la légèreté

vyenfant09J’ai retrouvé un vieux film que mon père avait fait de moi à neuf ans (merci à ma fille de l’avoir mis sur cd). C’était les vacances, une location à Thésée dans le Loir et Cher avec mes parents, mon cousin plus âgé que moi, ses parents, mon grand-père. Je me croyais invulnérable comme tous les enfants et j’avais beaucoup de mal à comprendre les effets des lois gravitationnelles. Je faisais facilement le pitre quand l’occasion m’était donnée et ce jour-là j’avais choisi le rebord de la fenêtre où je donnais un numéro de voltige, voir simultanément mon cousin rire et ma mère s’affoler ne manquait pas d’exciter le petit diable que je portais en moi. Je me souviens encore du visage et des cris de ma mère qui m’intimait de descendre… je me souviens des encouragements et des applaudissements de mon cousin… je suis descendue, certes, mais pas du bon côté, ma pauvre mère a longtemps parlé de la vision traumatisante de mes pieds qui basculaient dans le vide… ce qui me valut une fessée très méritée lorsqu’elle constata que j’étais toujours vivante, et une clavicule cassée, un évanouissement de ma tante, une dispute entre mes parents qui se renvoyaient ma désobéissance à la tête, et quelques gentillesses de la part de mon cousin qui avait reçu sa dose de reproches. Autant vous dire que je ne suis jamais remontée sur le bord d’une fenêtre… juste un peu sur les toits. Je vous rassure, je me suis beaucoup assagie depuis, un jour la peur est entrée dans ma vie et me l’a sûrement sauvée. Sur ces images de gif, je suis « dans » la cabane que je m’étais construite à l’aide de trois bâtons qui tenaient par compassion pour la gamine adorable que forcément j’étais et de quelques fougères pour faire le toit. Ma cabane, mon refuge… je me souviens combien j’étais satisfaite de ce toit éphémère. J’ai le sourire en écrivant ces mots parce que le lendemain j’affolais encore ma mère lorsqu’elle vit son éclopée de fille flottant dans un canot pneumatique au gonflement très incertain au milieu de la rivière qui nous emportait moi et mon cousin qui non seulement ne savait pas nager mais entrait en panique lorsqu’il était plongé dans l’eau.

Aujourd’hui, voilà que je me retrouve avec un autre toit « à moi ». « Ma » maison… il faudra que je m’habitue à ce pronom possessif qui risque de mmaison5553e posséder plus que je ne sais posséder les choses. Et j’ai la sensation qu’une page se tourne. Et que je me retrouve devant un cahier vierge. Une forêt intime à déflorer. Quelque chose qui m’a toujours échappée par décalage. Ma maison des feuilles… le coeur de mon labyrinthe… l’antre du Minotaure… tous mes essentiels, me restera à caser les miroirs, je ne me fais pas de soucis, ils se trouvent toujours une place pour me faire tanguer d’un côté ou de l’autre. Fichtre, je me passerais bien d’Ariane mais l’arachnide fileuse risque d’être difficile à déloger. En ce moment, je la trouve magnifique ma maison, un peu inhabitable, mais elle est sans contrainte, encore modelable, pleine de promesses, tout en lumière… elle est un peu ma fiancée secrète, mon nouvel amour… enfin, faut voir comment ira notre relation. J’ai l’impression de tenir une page en équilibre, je sais bien qu’elle va finir par tomber sur la gauche et que je vais voir ce qui se cache derrière. Le grand blanc à noircir, l’alpha et l’oméga, ma possibilité. Mon nouveau départ – il était déjà le sujet de ma nouvelle, L’îlot, toujours à lire en haut du blog, je devais emménager dans un studio au coeur d’une ville de bord de mer, à côté de ce drôle de voisin que j’avais croisé une fois et dont on m’avait dit qu’il était bizarre, j’avais aussitôt lu notre avenir possible dans les lignes de quelques cahiers volubiles. Tout est dans le possible. Je me traine un bagage d’amour d’une puissance inaltérable. Alors je sais que tout m’est possible. Peut-être ma maison est-elle un vaisseau… elle l’est. Aujourd’hui, je ne me sens pas différente d’hier si ce n’est que j’ai la sensation d’avoir égaré le mot rêve comme s’il m’était devenu inutile puisque dorénavant j’ai la sensation d’avoir atteint la réalité. Je vais la toucher, je vais l’explorer, je vais faire un pont entre l’enfant et l’adulte, une conversation infinie, ouvrir notre monde, le temps est une succession d’instants éternels passés et à venir et dans lesquels nous pouvons puiser infiniment. Je sens mes peurs s’envoler, et si, parce que je n’y vois plus d’intérêt, je ne monte plus sur les rebords de fenêtres, je ne monte plus aux arbres… il y a une force nouvelle qui s’éveille en moi. Je n’ai jamais autant eu l’impression de tenir mon avenir entre mes mains, et s’il me reste un rêve dans ma boîte pandoresque c’est que cette autre que j’envisage sache utiliser le je et m’étonne, ne cesse de m’étonner…

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Contre les Erinyes

0316arbreCharitesQuand j’ai vu cet arbre dimanche dernier, j’ai murmuré « Les trois Grâces ». J’avais l’impression d’une danse immortalisée dans un temps lointain. Les Charites tiennent leur racine du grec et désignent la joie vivante. Elles sont au nombre de trois et sont à l’opposée des Erinyes (Furies, chez les Romains), divinités de la haine et de la vengeance.

Euphrosyne (la joie de l’âme) représente l’allégresse, Thalie (la verdoyante) représente l’abondance, Aglaia (la brillante) la plus jeune représente la beauté. Elles sont la vie intense.
Elles furent d’abord représentées comme des déesses, vêtues et voilées, puis nues exécutant une danse en se tenant par la main. C’est ainsi que j’ai eu leur nom sur le bout de mes lèvres lorsque j’ai vu cet arbre.

En cliquant sur le dessin ci-dessous, vous verrez la photo de l’arbre bien plus explicite en matière de grâce que mon dessin, surtout quand on compare les deux, ce pourquoi je ne les ai pas mis sur la même page – je pourrais dire que j’ai passé quelques heures sur ce dessin mais l’arbre me répondrait qu’il n’a pas poussé en un jour. Alors je me tais.

Encore un mot : lorsque je croquais cet arbre, j’avais davantage l’impression d’écrire un langage intime à la signification cachée que de faire un dessin. C’est cette écriture à laquelle je voudrais me consacrer dorénavant.

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Comme un rêve secret

« Il y a dans mon coeur une forêt inoubliable où monsieur rossignol chante avec ses amis… » qu’est-ce que je l’ai écoutée et chantée cette chanson quand j’étais grande comme trois pommes, le narrateur de l’histoire c’était Jean Rochefort, je n’ai jamais oublié… c’était il y a très longtemps mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir rejoint la petite histoire du livre. Est-ce ce qu’on appellerait un rêve ? un rêve secret, alors, parce que je ne crois pas avoir jamais eu de rêve à réaliser. Je prends les choses comme elles viennent, mais la vie me les offre parfois. Là, je crois qu’elle a fait fort.

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nettoyage de printemps

 

mon jardin (presque) idéal... connaissez-vous le crachat de lune ?
mon jardin (presque) idéal… connaissez-vous le crachat de lune ?

 

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la Centaure bicéphale, majestueuse, vous ne trouvez pas ?

La centaure bicéphale

Nous marchions tranquillement lorsque je l’ai vue de loin agiter ses grands bras, « Mais qu’elle est belle ! » ai-je murmuré. J’ai essayé de tenir mon coeur afin de l’empêcher de trop creuser ma poitrine à pleines pelletées d’exaltation, je me devais de la rejoindre, et te laisser un peu. Toi, tu m’attendrais et quand nous nous retrouverions tu me demanderais ce qui m’avait mise sous cet état d’urgence.  J’ai voulu détourner la femme centaure, j’ai cru qu’elle se prêtait à mon désir de la photographier, de toucher sa peau chaude et pleine, une robe un peu fripée enfilée par dessus les années ! Sensuelle, belle et fière, élégante, majestueuse, déesse à la croupe arrogante, concubine du ciel et de la terre. La rejoindre quitte à m’enfoncer les pieds dans la tourbe, à laisser les ronces déchirer mes vêtements et mes chairs en dessous que je sentais piquer,  brûler,  s’extasier. La caresser, sculpture en ronde-bosse de quelque artiste brut, danseuse du ventre, Salomé dénudée de ses six premiers voiles, incantatrice des hauts lieux, je la voulais sous toutes ses formes. Ouverte dans un appel aux dieux, elle faisait naitre en moi l’envie de danser quelque tango céleste… mais je ne suis qu’un homme, une femme, une création d’un jour, une passante éphémère que la grâce émerveille, une intruse fortement dissuadée par les attaques chaotiques des archers ronciers. C’est qu’ils me tirent dessus à bout portant, ces drôles ! Me voilà bien mal arrimée, je tire, je titube, je me sens tiraillée de droite de gauche, jusqu’au coup de traitrise, les chevilles enlacées et le haut du corps subitement libéré, la perte d’équilibre annoncée. Quitte à tomber autant le faire au mieux, accepter et concevoir la chute au ralenti. Toutefois, je me cramponne dans un dernier reflex inné et superflu à mon appareil photo. Me voilà en dérive de gauche, de droite, et bien tu l’as ton tango anarchique. Je tombe. Mais subitement et contre toute attente les lianes me relâchent,  pied tordu, corps vrillé, rien ne va plus encore en maladresse, mais l’espace se redresse, le temps m’immobilise à quelques centimètres du haut tronc dur et impassible. L’arbre centaure aux regards incertains, racines bien ancrées, me défie dans ce jeu ridicule où le premier qui bouge perd. J’ai perdu, je m’incline, offrant encore aux ronces mes déchirants adieux. C’est ainsi dépouillée d’une tenue correcte que j’ai marché vers toi mon amour.  Tu aurais pu me demander ce qui m’étais arrivé,  pourquoi cet état piteux déchiré échevelé, mais quand je suis entrée dans la voiture pour me glisser auprès de toi, que j’ai voulu te montrer les photos que je venais de faire,  tu m’as dit que toi aussi tu avais pris des photos, des photos de moi, comme des photos témoins, prise en flagrant délire au milieu de mes extravagantes liaisons. Toi, tu m’aimes encore trop, je t’ai dit, et j’ai vu dans tes yeux combien j’étais belle encore. Je t’ai dit que je serai bien ici. Et toi aussi avec toutes celles que je suis. Je n’avais pas envie de rentrer ni toi non plus je crois, alors nous nous sommes aimés comme deux amants affranchis du temps en errance sur les rives de notre nouveau monde. Au loin, je la voyais les bras levés priant les dieux peut-être de lui donner l’amour.

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Vous trouverez sur le même thème trois autres de mes textes : La nature de l’amour, Débauche de vie au paradis ou Ma dernière logeuse

La nature de l’amour

Une légende 230216filarbrepf2raconte qu’un arbre et une femme se sont aimés d’amour fou. Chaque nuit la femme sortait de sa maison telle une somnambule quittant son tendre amour pour s’en aller retrouver son amant lignifié, un grand charme bien âgé néanmoins vigoureux. Un lierre ami et complice qui protégeait le vieil enraciné des froidures de l’hiver s’enroulait délicatement mais non moins fermement autour de l’ampleur charnelle de l’audacieuse femelle, lui élaguant le corps des tissus synthétiques et l’offrant ainsi desquamée à son ami le charme. Part à deux dans les yeux de la belle qui emplissait ses sens de leurs profonds soupirs. Mais bien vite le lierre prit du recul quand il sentit entre l’arbre et la femme naitre une attirance fébrile. Chaque nuit elle dansait tant et tant pour son charme qu’au petit matin, on avait bien du mal à les dissocier. Le lierre débrouillait la chevelure de l’une et rendait à l’autre, l’ami très mâle à point, l’écorce dont celui-ci avait tendance à consteller la sylphide ondoyante. Cette ronde d’amour dura près d’un siècle jusqu’au jour où le lierre lassé de leurs ébats ne les sépara point mais au contraire laissa aller sa nature à les lier à jamais consacrant ainsi les amants de la forêt dans un cocktail de sang et de sève pour une nuit d’amour éternelle résonnant des murmures des lianes, feuilles, herbacées de passage qui laissaient volontiers se répandre en l’âme de la forêt de vibrantes rumeurs.

Un jour, déjà adulte, j’ai croisé dans ma ville un arbre vêtu de l’obscurité lisse des fins de vie, très tortueux, tout mort un peu. Cet arbre m’a subitement ramenée à l’enfance, il ressemblait aux dessins que je passais mon temps à détailler jusqu’à en user les traits dans le livret-disque de mon histoire préférée, le petit chaperon rouge. Le dessinateur avait donné au loup famélique une ressemblance avec l’arbre mis à nu de l’hiver (pas comme mon loup ci-contre, qui a revêtu sa peau de gentlewolf). En grandissant,02164373chaperonrougepf trainant mes frasques de velours de cages d’escalier en caniveaux où ne poussait rien d’autre que nous-mêmes, gamins des cités, un peu cheftaine de bande, jouant davantage du bitume que de la chlorophylle, sauf à mâcher, j’avais laissé derrière moi loup et chaperon rouge,  jusqu’à ce fameux jour où l’arbre a capturé mon regard près d’une station service. Durant des années, il a trainé sa mort paisible ouvrant grand les portes sur mes douceurs enfantines. Chaque fois que je passais devant lui, nous nous faisions un signe invisible et nous remontions le temps d’une chaleur antérieure. Jusqu’à ce que l’homme voie en lui un objet à détruire. Mon loup, mon arbre, mon enfance furent tailladés à la tronçonneuse et jetés en pâture à l’oubli déjectable. Si aujourd’hui je me souviens, c’est que d’ici quelques heures, je vais, d’une sève exaltée, ancrer mon accord, et semer au plus fertile de mes labyrinthes oniriques. D’ici peu mes fantômes me rejoindront pour que je leur conte des histoires comme lorsque j’étais déjà grande enfant, que je nous faisais peur la nuit en orchestrant les grands frissons sur les rives de nos mondes dont les murs s’effaçaient devant l’innommable et que nous nous retrouvions à la merci de bien pire que les loups. Un love crash sidéral. Nous qui avons vécu cela… alors, oui, je m’en irai vivre la forêt, me délestant de toute empreinte de prédation, afin de ne pas effrayer loups, arbres ou écureuils. Petit lierre m’accompagne… Loin de moi l’idée de vivre un fol amour avec l’arbre de mes rêves, puisque le tendre m’accomplit et que je ne suis ni un être de légende ni une sorcière en mal de sabbat, mais une personne très réfléchie, réfléchie… réfléchie… alors nous chercherons celui dont le coeur s’accordera au notre, et quand nous le trouverons ou qu’il me désignera, nous veillerons en notre approche un peu friponne à lui demander humblement l’autorisation, avant de faire méli-mélo de nos essences respectives.

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Une magnifique photo illustre fort bien la légende de la femme et de l’arbre en amour, à voir sur La vibration des dissonances.

Cet écrit est à mettre en parallèle avec deux autres de mes textes : Débauche de vie au paradis ou encore Ma dernière logeuse

Et une petite info : histoire d’y voir un peu plus clair dans l’imbroglio du blog, j’ai mis en ligne une page où vous retrouverez tous les articles que j’ai commis ici sur les expositions que j’ai visitées. C’est sous le titre du blog : EXPOSITIONS au fil des mois.

Histoire d’eau

Exploration à l’aquarelle, ou comment progresser en ramant.

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Si parmi vous certain(e)s pratiquent l’aquarelle, quel papier utilisez-vous, pour un papier non attaché, et beaucoup mouillé et manipulé dans tous les sens ?

Joie et sérénité pour 2016…

et puisque le mouvement est nécessaire à la vie tout comme la liberté, voici une courte animation pour vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année.

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Intime aux Territoires – h0

Animation du dessin de l’article précédent

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