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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

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extraits de vy

Illusion en miroir

Etrange pratique que celle de l’autoportrait. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, dirait l’un. C’est surtout très amusant. J’avais pour ce faire acheté du drap blanc, du drap noir. Installation de fortune. Il m’a fallu attendre ces jours pour (enfin) jouer à la poupée. Avec moi-même. Dis-lui miroir ce qui se cache en elle puisqu’elle te le demande, qu’elle tente de violer les secrets des farces de l’illusion. Car il s’agit d’un jeu et j’ai souvent attrapé des fous rires, oh oui, me précipitant le temps que le retardateur déclenche l’appareil, tombant, me rattrapant, prenant la pose, trop tard on recommence, trop flou on recommence, hors champ on recommence, mais zut on recommence. Ma crainte étant que je me prenne les pieds dans les propres pieds de l’appareil, cadavre exquis mon bel ami, miroir brisé dis-moi quelque chose, non, ne meurs pas… j’ai parfois eu quelques sueurs froides. Ainsi se termineraient nos folles parties d’obscur et de lumière, finies les  photos surprises, photos ratées, photos caresses, photos d’un voyage du corps à l’âme au corps exposé. Heureusement tout s’est toujours bien terminé, aucun blessé ne fut à déplorer, ni d’un côté ni de l’autre.

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Ce méli-mélo de deux autoportraits date d’une dizaine d’années.

Mémoire en fleurs

Je me souviens des fleurs – ou des citrouilles, légumes, fruits… – que je ramenais du marché pour les photographier, le plaisir dans les jambes, bon pas, tête déjà dans les étoiles. Je préparais le plan de travail (en général la table de la salle à manger), je posais ici un miroir, là un verre d’eau. Je plaçais mon modèle, le préparais, le malmenais un peu, ça m’arrivait, c’est vrai, non sans délicatesse, une certaine tendresse. Quoi d’autre que de l’amour, en fait ? Mon appareil muni de son objectif 60mm, parfois posé sur pied, parfois sur des objets hétéroclites superposés. Réglage manuel, jamais de flash. Je visais, concentrée, m’approchais, reculais, mise au point, petite décharge d’adrénaline, shoot. N’ai-je jamais aussi bien regardé que dans mon viseur. Ce n’était plus la fleur que je voyais, c’était l’image que je cherchais, le monde qui s’inventait.

tombée d'Iris origine

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