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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

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maison rouge

Inextricabilia, une visite avec Lucienne Peiry

Visiter l’exposition Inextricabilia à la Maison rouge avec Lucienne Peiry, ce fut un enchantement. Lucienne Peiry (qui dirigea durant 10 ans la collection d’art brut de Lausanne), commissaire de l’exposition, nous a guidés dans un monde intime, humain, fabuleux, avec un enthousiasme, une passion, une gentillesse et une sensibilité qui ont dépassé bien des attentes. Elle fut chaleureusement applaudie pour sa générosité dont la voix, le regard, les gestes étaient à l’égal de son savoir. Si nous n’avions été debout, elle aurait eu droit à une standing ovation. Lire la suite

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Plus jamais seul, à la Maison Rouge (Hervé Di Rosa et les arts modestes)

Je n’étais, à priori, pas vraiment intéressée par l’exposition Hervé Di Rosa à la maison rouge, mais puisque j’ai une carte d’abonnement, je me suis un peu poussée. Et j’en suis ressortie euphorique, tant de couleurs, de foisonnement, ça gigotait en moi. Lire la suite

CERAMIX – une visite avec Elsa Sahal

Je ne suis pas certaine que cet article intéressera nombre d’entre vous. C’est un compte-rendu très personnel de quelque chose dont je voudrais graver les grandes lignes dans ma mémoire, enfin la mémoire du bocal.

« Visite subjective avec Elsa Sahal ». Dans l’exposition CERAMIX, ses oeuvres sont parmi celles que j’ai préférées, alors je me suis précipitée sur cette proposition de la Maison Rouge, ce jeudi soir 19 mai. Elsa Sahal nous a dit Lire la suite

Ceramix Maison Rouge, l’autre regard

ceramix0416-6061entreeChaque fois que je vais faire un tour à la librairie de Beaubourg, je prends plaisir à feuilleter la revue de la céramique et du verre, magazine un peu cher que je me contente de regarder sur place. Je ne connais rien aux techniques de céramiques, je sais à peu près qu’il s’agit de productions en terre qu’on met à cuire. On y trouve des petites merveilles de création, alors évidemment, je n’allais pas passer à côté de l’exposition CERAMIX à la Maison Rouge. Ce dimanche, notre attention était attirée par les marathoniens qui couraient serrés de l’autre côté du canal. Quand je me suis trouvée devant l’immobilité de la façade de la Maison Rouge j’ai cru tout d’abord qu’elle était fermée, les vitres étant d’habitude transparentes. Heureusement, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes à notre approche. Cette exposition à la Maison Rouge ne présente qu’une des deux parties de CERAMIX. L’autre étant à Sèvres, il y a peu de chance que je m’y rende, pourtant en lisant le livret explicatif commun aux deux musées, je ne peux que regretter de ne pas voir l’autre partie.

Le plus spectaculaire de cette exposition, c’est l’invasion de blattes énormes et réalistes qui s’infiltrent jusque dans le sous-sol, cette oeuvre de l’artiste iranienne Bita Fayyazi provoqua un certain tumulte lorsqu’elle fut présentée lors de la biennale de la céramique à Téhéran en 1998. Personnellementceramix0416-5971 je suis partagée entre frisson et sourire… on a l’impression que l’oeuvre gigote, l’effet est excellent (pour la petite histoire, je lis dans le fascicule donné à l’entrée du musée que « chaque personne visitant l’atelier de l’artiste a été invitée à réaliser un insecte à partir des six moules qu’elle avait conçus ». J’aurais bien aimé faire mon cafard.

Je fus séduite par les magnifiques maquettes d’architecture de Raoul Dufy, très colorées. Le parcours de l’expo propose des sculptures abstraites, des WC qualifiés de « céramique suprême » non sans  allusions à la Fontaine de Marcel Duchamp, des amas de formes molles aux références sexuelles, du grotesque et puis un très beau sac qui imite parfaitement le cuir.

J’ai beaucoup aimé les sculptures d’Elsa Sahal (fontaine, acrobate, Justine, …), des corps, des formes à plusieurs sens, des sexes, des fesses, des seins, qui semblent se promener librement dans l’espace. Et puis, oui, cette fontaine sexuée qui parait posée sur deux piliers de corail (ce pourraient être aussi deux bouchots comme on peut en voir en Normandie ou Picardie) sur lesquelles sont venus s’accrocher d’étranges animalcules et autres objets inattendus. M’ont amusées aussi les curieuses figurines de Jessica Harrison qu’elle achète dans les brocantes afin de leur faire subir d’étranges et lugubres transformations (oui, c’est carrément horrible).

DSC05984Pour la suite de l’exposition, suivez le clic de souris qui vous emporte de façon magique sur l’article du blog de Francis, Regard sur des visages.

Vous pouvez visionner ici le film Paso Doble dans lequel le chorégraphe Josef Nadj et le peintre Miquel Barcelo créent sur scène une oeuvre  éphémère d’argile, (film visible dans le sous-sol de La Maison Rouge).

CERAMIX à la Maison Rouge, jusqu’au 5 juin 2016

CERAMIX à la Cité de la Céramique à Sèvres, jusqu’au 12 juin 2016

Après Eden – la collection Walther à la Maison Rouge

1015b_005rmaisonRougeLa nouvelle exposition de la maison rouge est la treizième collection privée présentée ici. Il s’agit de la collection Walther, une des plus importantes collection de photographies au monde.

Pas de photo, hormis celle de l’entrée de la maison rouge, ci-contre, les deux autres en série étant tirés du site Culture Box. Faute d’image on voudrait exalter les mots, même si les mots qui suivent n’ont pas la valeur des images. A l’entrée, les premières photos, nombreuses, montrent des gros plans de végétaux en noir et blanc. Puisqu’il faut en passer par là.  On devinera que ça ne m’emballe pas.

Ce que je vais vite apprécier c’est le classement par thème qui permet de jeter un regard plus attentif aux photos exposées, surtout lorsque celles-ci ne retiennent pas votre attention.

On y rencontre des paysages comme autoportraits de la présence de l’homme qui construit qui détruit. On cherche alors sur les photos les traces, les stigmates. Ici j’aurais cru à l’invalidation humaine lorsque le paysage s’évade comme un désert mais en s’approchant de ce diptyque on y voit l’insidieux, le petit détail au loin là dans un coin tentant de se fondre dans le décor.

Et puis vient l’identité avec l’art du portrait qui doit saisir le « je », la singularité, et le « nous », la pluralité qui existe en chacun. Séduite par les portraits de Guy Tillim (que l’on peut voir en cliquant sur le nom de l’artiste), réalisant qu’il s’agit d’une milice d’enfants prêts à partir pour le combat, le regard devient autre. Ces visages interrogent et les réponses se perdent dans un cafouillis incompréhensif. D’autres portraits colorés de vie leur font face, les débordent et entrainent le visiteur apaisé sur la suite du parcours.

La ville, une belle présentation sur des écrans suspendus tout le long d’un mur dans la pénombre, un défilé d’images citadines. Mais ce sont les photographies d’un photographe non identifié qui attirent mon attention, et surtout la reconstitution d’une sorte d’immense bâtiment composé de 70 photos, Lotus Block, oeuvre de Luo Yongjin. C’est comme un puzzle fragmenté qui ne se raccorde pas tout à fait mais dont l’ensemble donne une sensation d’entièreté onirique.

Le corps. là, on approche de ce quMRAppelte j’aime le plus en photo. Cette merveilleuse machine qu’est le corps humain, avec ses grâces et ses disgrâces, peu importe tant qu’il y a matière, et c’est à la photo que revient le tâche de la subjuguer. Ici, on a des séries de photos qui pourraient faire un film. Ce sont des autoportraits. Song Dong  et son impression sur l’eau.

Ci-dessus, Dieter Appelt et La tache que laisse le souffle sur le miroirMRzhangHuan.

Et Peau, une série de 20 autoportraits de Zhang Huan –  (photos source Culture Box).

Quant à Ma Liuming, il marche nu sur la Grande muraille de Chine. Voir ici, la série des photos.

Au détour du chemin qui présente le thème des masques que chacun porte en soi, j’aperçois mon visage dans un miroir. Je suis toujours surprise par mon visage, je l’oublie tout le temps. Il y a quelques jours il m’a offert un regard que je n’oublierai jamais, je ne devrais plus avoir à me regarder dorénavant car jamais plus je n’y verrai l’ailleurs que j’y ai perçu. Peut-être cela vous est-il déjà arrivé ?

Au sous-sol, le thème du Voyeur donne une définition intéressante : « Nous entrons dans le domaine de l’intime, dans cet espace secret où sont transgressés les tabous et les normes sociales. Le voyeur est une figure éminemment ambiguë : pénétrant par le regard dans l’intimité des autres sans leur consentement, il tire du plaisir de cette intrusion, plaisir augmenté par le caractère moralement condamnable qu’il prête à ce qu’il voit. En extrapolant, ne retrouve-t-on pas aussi ce double jeu dans l’attitude du visiteur d’une exposition ? A l’abri de notre position de regardeur, nous pouvons à moindre frais et exemptés de toute responsabilité, goûté au fruit défendu. »

En enfilade dans deux salles, une série de (trop) petits formats d’un des photographes que j’apprécie beaucoup pour la sensualité et l’érotisme de ses photos, Nobuyoshi Araki :101 oeuvres  pour Robert Franck. On y voit des femmes nues libres ou attachées, habillées, pudiques dans le bain ou d’une impudeur troublante, des couples, des natures mortes, des enfants allant à l’école, un chat, la ville, la population ou la solitude, l’intimité. Toutes photos en noir et blanc.Et une très belle photo du photographe sur le modèle. Pour ceux qui ne connaissent pas et n’ont pas de préjugés à jouer les « voyeurs » au risque de devenir admirateurs, voyez ici, personnellement j’y vois le grand art de l’émotion sensuelle.

Voilà ce que j’en retiens ici. Il s’agit au premier abord d’une exposition pour les férus de photographies, mais le parcours proposé est assez varié et peut largement intéresser les curieux de l’humain.

La maison rouge – Après Eden, la collection Walther – jusqu’au 17 janvier 2016

Les expos de la rentrée 2015 – pense-bête

Le programme nouveau est arrivé et il y a du bon. Je ne parlerai que des expos que je peux aller voir, donc à Paris, avec possibilité de vadrouille à Lille (y a intérêt), une ville qui mise beaucoup sur la culture. Donc, voici ce dont vous risquez d’entendre causer sur mon blog dans les prochains mois. Liste conçue d’après Beaux Arts magazine, de septembre.

Paris :

  • Caio Reisewitz, à la Maison Européenne de la Photographie (9 septembre au 31 octobre) – Je ne connais pas, mais comme je ne rate aucune exposition de la MEP, je verrai.
  • Fragonard amoureux, au musée du Luxembourg (16 septembre au 24 janvier). Je vais rarement au musée du Luxembourg, trop cher. Mais là, je ne vais pas rater le peintre libertin du XVIII ème siècle.
  • Lucien Clergue, au Grand Palais (14 novembre au 15 février) – rétrospective de l’oeuvre du photographe.
  • Warhol Unlimited, au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris – Pas trop ma tasse de thé, Andy Warhol – mais j’irai tout de même.
  • Anselm Kiefer, Centre Pompidou (16 décembre au 18 avril) – Là, je n’attends que ça. Anselm Kieffer fait partie de mes artistes préférés. Heureusement, j’ai un abonnement à Beaubourg, je crois que je vais squatter là-bas.
  • Ugo Rondinone – I love John Giorno, au Palais de Tokyo (21 octobre au 10 janvier) – A voir… Je ne raterais certainement pas une exposition au Palais de Tokyo. Rendez-vous au vernissage, normalement.
  • Une brève histoire de l’avenir, au musée du Louvre (24 septembre au 4 janvier) – un dialogue entre des oeuvres du passé et des créations contemporaines. Il y a bien longtemps que je ne suis pas retournée au Louvre, ce n’est plus trop un lieu que je hante. Mais, peut-être…
  • Les démons de l’estampe, au Petit Palais (1er octobre au 17 janvier) – Goya, Doré, Redon, Delacroix… j’aime bien tous ces artistes du XIXème… et s’ils me parlent de cauchemars, alors slurp, j’y cours.
  • Dominique Gonzalez-Foerster, au Centre Pompidou (23 septembre au 1er février) – je ne connais pas. Il s’agit d’une rétrospective pour un voyage dans le temps, si j’ai bien compris puisque les dates vont de 1887 à 2058. « Parfois scènes, terrains de jeu ou récits introspectifs, les chambres, les films et les « apparitions » de Dominique Gonzalez-Foerster font exister, à la manière d’un opéra ou d’une comédie musicale, toutes sortes d’apparitions cinématographiques, littéraires et scientifiques. » Ben oui, je vais pas rater ça. Et en plus, c’est dans mon cher Beaubourg.
  • Hey ! Act III, à la Halle Saint-Pierre (18 septembre au 13 mars) – encore un lieu que je fréquente à chaque nouvelle exposition. La Halle Saint-Pierre – tout près du Sacré Coeur, les marches en moins – propose souvent des expositions d’art brut (un art que j’apprécie depuis longtemps (et qui devient très à la mode, ce qui va bientôt faire flamber les prix, et ça m’énerve ce commerce avec l’art qui devient du placement d’argent, surtout celui-là, c’est un art tellement intime, tellement sincère, qu’est-ce que le fric vient faire là-dedans ? grrrr (voilà, c’est bon, j’ai râlé))), suis même allée jusqu’à Lausanne pour visiter le musée de la collection d’Art brut.   Pour cette expo, là,  Hey ! dont c’est le troisième volet, il s’agit de Moderne Art et Pop Culture, je n’aime pas tout, mais de toute façon, j’y vais.
  • La collection Artur Walther, Après Eden, à la Maison Rouge (17 octobre au 17 janvier) – 500 oeuvres photographiques d’une cinquantaine d’artistes.

Lille :

  • Joie de vivre, au Palais des Beaux-Arts (26 septembre au 17 janvier) – cent vingt oeuvres d’artistes aussi divers que : Brueghel, Niki de Saint Phalle, Takashi Murakami….
  • Renaissance – Lille 3000 (26 septembre au 17 janvier), une dizaine d’expositions prévues dans la ville (sur le thème de la ville). Au Tri Postal, gare Saint-Sauveur, les Maisons Folie... Je me souviens de Lille Fantastic en 2012, plusieurs lieux d’exposition sur la ville et environs, c’était géant, je n’avais jamais vu ça. Un pur régal.

Et on verra pour le reste.

My Buenos Aires – Maison Rouge

On vous dit Buenos Aires, là, tout de suite, qu’est-ce qui vous vient en tête ? D’emblée, je répondrais Borges qui fut (et reste) un de mes auteurs préférés. Si je dis Borges, je pense aussitôt à Alberto Manguel, ses yeux de lecture, devenu un passeur passionné de livres qui nous donne de captivants essais. Ensuite ou en même temps je pense au délicieux accent de Miguel Benasayag (psychanalyste), dont j’écoutais les interventions un tantinet provocantes le matin sur France Culture il y a quelques années (avant qu’il soit viré pour excès de liberté d’expression). On me dit Buenos Aires, je repense forcément aux deux excellents films qui m’ont marquée à vie (vus à l’époque où je faisais une boulimie de cinéma), de Fernando E. Solanas, La dignité d’un peuple et Mémoire d’un saccage et qui m’en apprirent tant sur l’Argentine, la dictature, le sens de l’humanité.

Aujourd’hui, Buenos Aires, c’est à la Maison Rouge (boulevard de la Bastille, à Paris) qu’on en parle. My Buenos Aires fait suite aux deux précédentes expositions My Winnipeg et My Joburg (sur Johannesburg). 65 artistes de quatre générations de la scène artistique contemporaine argentine exposent une centaine d’oeuvres. J’ai parcouru cette exposition avec grand plaisir. Pas de photos à vous montrer puisqu’elles sont interdites, alors je vais essayer de partager quelques impressions avec de simples mots.

Le parcours s’ouvre sur le grand pan de mur de l’entrée par une sorte de fresque composée de photos, d’écrits, de livres posés sur de petits étagères ou suspendus par un cordon. Plus loin, des tableaux sur palissades ou capot de voiture, quelques sculptures, des photos, des vidéos. L’une d’elles capte l’attention, on y voit le ralenti d’une précipitation d’hommes et de femmes se ruant sur un entassement de nourriture déversée au sol. Deux hommes armés, en uniforme, marchent sans prêter attention à la scène qui malgré le ralenti porte une violence intrasèque. Je m’échappe devant ces matraques et ce chien s’acharnant sur le pantalon d’un homme à terre. Noir. Couloir. J’entends la pluie légère, l’orage qui gronde, il pleut à l’intérieur d’une fenêtre. J’avance dans la grande salle jalonnée de sculptures cachées, je glisse mon museau à l’intérieur des murs comme si je regardais par le trou d’une serrure. Ma curiosité s’excite, je passe d’un trou à l’autre. Ici encore des dessins, des peintures, des sculptures, des photographies. Une pièce ouverte, on entre chez quelqu’un d’absent, la vaisselle fissurée est dans l’évier, les meubles ont souffert et sont rafistolés. Plus loin. Portrait de l’artiste en jeune écrivain, un grand tableau peint très coloré dans lequel je m’égare, l’homme travaille à son ordinateur au milieu des livres éparpillés dans toute la pièce. Je me décolle de tous ses livres et je regarde une petite vidéo montrant une jeune fille qui cherche patiemment le meilleur endroit pour se cacher, derrière un fauteuil, derrière une porte, sous une table, dans une armoire. C’est un projet ambitieux.

Et puis me voilà devant une cabane de bois sombre. La isla (l’île) d’Eduardo Basualdo. On y pénètre en montant un escalier. Une personne à la fois. Je vois un homme entrer. « Ne trichez pas », me dit le gardien. Tricher ? Il y a quelque chose à découvrir alors ? Un sourire vaut une réponse. L’homme ressort par la même porte. Il n’a pas trouvé, veut y retourner. Sa femme prend sa place. J’entends grincer, j’entends marcher. Et puis une cloche s’active. « Allez-y, me dit le gardien. Bon courage ». Ouaip, je me fais un plaisir d’entrer. Il fait très obscur là-dedans. Je tâtonne, je cafouille. Je suis nulle. Je trouve. J’avance. C’est jouissif. Je sors de l’autre côté. « J’adore », je dis au gardien. Sûr que j’y retourne une prochaine fois.

L’histoire de cette maison : « Eduardo Basualdo a créé avec ses congénères une performance où le suspens et le secret étaient consécutifs de l’oeuvre. Le spectateur se rendait à un rendez-vous fixé au coin d’une rue de Buenos Aires. Un inconnu sorti de la nuit l’emmenait alors dans une maison elle aussi inconnue. Avec les années, cette maison devint une légende dans le monde de l’art argentin. Que s’y était-il passé ? Seuls ceux qui s’y sont rendus le savent, et nul d’entre eux n’en a encore soufflé mot. »

Difficile de me concentrer sur le reste ensuite. Pourtant une maquette d’une bibliothèque s’écroulant attire mon attention, les livres volent, d’autres sont déjà écrasés sur le sol, quelques uns sont encore rescapés sur les étagères penchées. A côté, il y a un échafaudage bringuebalant, « monte dessus », me dit-on. Au bout, les jambes tremblotent, on se cramponne devant le panorama de la salle du dessous. Je passe vite dans cette salle sans trop faire attention, mes yeux ont pourtant accroché un pantin noirci… J’avance. Du plâtre sur le sol, des masques blanchâtres, des petites salles, je me souviens d’un lit dont les pieds sont montés sur des livres, des objets, je me souviens d’un film, oh oui, ce film, Trailer, je vois la fin, je recommence du début, une femme construit son double le temps de sa grossesse. Contre la solitude, contre la peur d’accoucher seule. Neuf mois pour mettre au monde une présence. Puis, l’enfant est là, le double ne sert plus… La musique accompagne bien ce petit film dont l’atmosphère mystérieuse est tant empreinte de solitude.

Voilà, je ne connaissais aucun des artistes exposés. Je pense y retourner…

L’exposition se termine le 20 septembre 2015. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de La Maison Rouge.

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