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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

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Love doll au Japon, d’après une conférence d’Agnès Giard

C’était le 09 novembre à l’école du Louvre, Agnès Giard donnait une conférence sur le phénomène love doll au Japon. Agnès Giard est journaliste et docteur en anthropologie, elle a publié des livres tel que le bel ouvrage L’imaginaire érotique au Japon ou encore son dernier opus Un désir d’humain, les love doll au Japon. Lire la suite

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CERAMIX – une visite avec Elsa Sahal

Je ne suis pas certaine que cet article intéressera nombre d’entre vous. C’est un compte-rendu très personnel de quelque chose dont je voudrais graver les grandes lignes dans ma mémoire, enfin la mémoire du bocal.

« Visite subjective avec Elsa Sahal ». Dans l’exposition CERAMIX, ses oeuvres sont parmi celles que j’ai préférées, alors je me suis précipitée sur cette proposition de la Maison Rouge, ce jeudi soir 19 mai. Elsa Sahal nous a dit Lire la suite

Anselm Kiefer, une rencontre enivrante

0316Kiefer5322« L’art est comme la prière, une main tendue dans l’obscurité, qui veut saisir une part de grâce pour se muer en une main qui donne. » Franz Kafka

C’était hier soir (10 mars) au Centre Pompidou, une rencontre avec Anselm Kiefer. Je suis arrivée à 18h15 et la file d’attente était déjà bien conséquente. La rencontre avait lieu à 19h dans la grande salle du sous-sol (la dernière photo vous donne une idée de la salle). La surprise (bonne et même très bonne parce que j’aime les écrits accessibles de cet homme érudit) fut que l’un des intervenants était Marc Alain Ouaknin (Lire aux éclats, C’est pour ça qu’on aime les libellules, Bibliothérapie). Nous avions donc deux érudits sur scène, l’un catholique, l’autre juif, cela a son importance. Je dois dire que la présence du troisième homme, le médiateur, a été très vite oubliée. Celui-ci 0316Kiefer5334a fait une longue (et assommante) présentation de l’artiste. En avions-nous besoin ? A voir les têtes de MM Kiefer et Ouaknin, cela présageait d’une heure trente d’extrême sériosité. Il faut dire  que l’oeuvre d’Anselm Kiefer est assez hermétique et que j’étais loin, très loin d’imaginer ce que j’allais entendre, vivre et ressentir pendant cette conversation.

Je crois que je n’ai pas autant ri à une conférence depuis que j’ai été écouter André Brahic nous parler du système solaire en 2000 dans le cadre de l’Université de tous les savoirs, en l’école des Arts et Métiers, conférence que vous pouvez retrouver ici mais qui n’a rien à voir avec le sujet d’aujourd’hui.

Nous avons donc en face de nous deux bonhommes passionnés et passionnants, qui savent jouer de leur passion.

Anselm Kiefer se voit comme un mauvais peintre dont il manque la légèreté dans la création artistique. C’est vrai qu’on ne peut pas dire qu’il fasse dans le léger. Et le débat s’annonçait lui aussi loin d’être léger « Il est très difficile de parler de l’oeuvre d’Anselm Kiefer, tellement riche qu’on peut l’interpréter infiniment », mais voilà M. A. Ouaknin0316Kiefer5337 qui nous livre une longue citation d’Henry Bauchau (dont je ne conseillerai jamais assez la lecture – d’Antigone à L’enfant bleu en passant par… tous ses romans). Là, déjà, je m’installe dans les mots, et tant mieux, parce que les mots, il allait en être question tout au long de ce débat.

Du passé lourd de l’Allemagne à la philosophie menant tout naturellement à la cosmologie, à la Kabbale, aux mythes, Kiefer fouille dans les livres, dans l’histoire. Le livre qui étend toujours plus loin la connaissance en optant pour le questionnement permanent, l’ouverture sans frontière. Et ce questionnement de ces deux homm0316Kiefer5348es a créé devant nous une sorte de maelström de savoir dans lequel le public pouvait s’engouffrer avec ivresse par la porte de l’humour. Je comprenais tout et tout m’échappait dans la minute qui suivait, mais j’en garderai quelques séquelles précieuses. Il fut question de plasticité psychique, de perspectives, de frontières (que Kiefer déteste), et d’écriture, puisque celle-ci est partout présente dans l’oeuvre d’Anselm Kiefer.  Ouaknin lui parle des mots qu’il place dans ses tableaux, dans les sillons de la terre, la terre avale les mots… et Kiefer de rétorquer que les lettres vont se mélanger sous la terre et il en ressortira d’autres mots à la prochaine récolte. L’histoire du Golem, évidemment est évoquée. Et moi, ça me donne des frissons d’entendre et de percevoir en moi leurs mots labourer mon pauvre savoir et y faire naitre une infinité de perspectives.  Ouaknin explique à Kiefer la signification de ce qu’il fait dans ses tableaux, à partir de là, les voilà partis tous les deux dans une sorte de ping pong à bâtons rompus. Le peintre avoue doucement à l’autre : « Il ne faut pas trop parler de la Kabbale, (étonnement de Ouaknin), tu es tellement érudit que tu m’éclipses. » Ce à quoi Ouaknin répond : « Chez vous (Kiefer tutoie, Ouaknin vouvoie), il y a une Kabbale murmurée.  » oooooh, nous filons dans la traduction du mot « murmuré » et dans ses interprétations. Très vite l’un commence une phrase que l’autre termine. C’est excellent !AK-beaub1215-1850

De l’interprétation. Voilà, le mot qui nous fait entrer dans le monde de l’anagramme. Kiefer met des anges et des serpents dans ses tableaux (comme dans Seraphim où on voit l’échelle de Jacob), le mot seraphim est le même en hébreu pour ange et serpent (de là vient une conversation sur un boa, le petit prince, la phobie des serpents, le beau A dessiné à l’école, un retour à la lettre donc au mot). Seraphim, donc, dont on intervertit les lettres (ah ces anagrammes jubilatoires !) et qui devient Seph0316Kiefer5341arim qui signifie Livre… la boucle n’arrête pas de se boucler. Et l’oeuvre de Kiefer est pleine de ces anagrammes.  Replongez-vous dans ses tableaux, dans leurs sillons, dans les labours de la pensée… la votre en retour, n’oubliez pas que les oeuvres de Kiefer vous regardent autant que vous les regardez…  Ouaknin à Kiefer : « Le murmure de la Kabbale, la langue que vous coupez en morceau. »

Nous arrivons à la poésie, principalement celle de Paul Celan, Ouaknin propose à l’artiste un poème de Celan « oh, c’est bien que tu proposes celui-là, je n’ai jamais compris, tu vas m’expliquer »… Les deux hommes sont partis dans le jeu de leur passion et ne semblent absolument pas être conscients du temps qui passe. Pourtant il passe et le troisième homme sort de sa réserve et leur dit brusquement qu’il faut finir et passer aux questions. … Un homme demande ce que signifie les lettres en haut d’une toile qui nous a été montrée au début de la rencontre. On retrouve l’image dans l’ordinateur. Kiefer ne comprend pas, il s’approche pour mieux voir, et s’exclame interloqué : « Mais ce n’est pas de moi ces lettres » Il regarde encore… « Non, ce n’est pas de moi », il éclate de rire et dit « C’est le Pompidou qui a ajouté, ça ! Ce n’est pas moi ! » Sur ce mystère enjoué, je me lève, il est déjà tard, je dois malheureusement m’éclipser pour regagner ma banlieue qui craint un peu le soir. En arrivant en haut des marches, je jette un dernier regard à la salle, allez, je ressors mon appareil photo pour une dernière… dans le RER, je repense avec bonheur à tout ce que je viens d’entendre, de voir… monsieur Kiefer, je vous aime toujours autant.

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« Etre libre, c’est garder une interrogation devant le monde et être capable de voir en lui, à chaque fois, l’aube qui recommence. «  Marc-Alain Ouaknin, C’est pour cela qu’on aime les libellules ((points essai).

Vous pouvez retrouvez les articles de ce blog concernant la rétrospective Anselm Kiefer au Centre Pompidou et à la BNF (les deux dernières étaient terminées, vous avez jusqu’au 15 avril pour visiter la première :

Anselm Kiefer, une rétrospective – Centre Pompidou (novembre 2015)

Anselm Kiefer – plomb et images en déroulés (Centre Pompidou – novembre 2015)

Anselm Kiefer – L’alchimie du livre (BNF – novembre 2015)

 

Je vous rappelle que vous trouverez la liste de tous mes articles concernant les expositions que j’ai vues sur la page Les expositions au fil des mois

Post-exotisme – une oeuvre monde d’Antoine Volodine

Le post exotisme… ça ne vous parle peut-être pas…  Antoine Volodine ? oui, tout de même, il a obtenu quelques prix dont le Médicis pour Terminus Radieux, et cela m’a réjouie. Il fait partie de mes “chairs” auteurs.
Avant d’ouvrir un de ces livres, on pourrait citer Dante qui écrit au-dessus de la porte de l’Enfer : « Vous qui entrez ici, perdez toute espérance. » Ça refroidit déjà une partie du lectorat, mais en fait, si le monde post-exotique est noir de noir, l’espérance est portée par les mots.
Le monde de Volodine est un après, un entre-deux. Un monde d’humains dans l’humanité terminée.
« Perdez toute espérance », sauf que Volodine prend soin de ses personnages. Lui, eux, ils écrivent aussi, publient des livres comme Lutz Bassman ou Manuela Draeger que l’on croise aussi bien dans les livres que sur les étagères de librairies.
Parce que même si ces personnages ne sont rien, il est un fait que je rencontre toujours dans ces innombrables pages que j’ai pu lire, c’est que ces hommes et ces femmes, l’auteur nous les fait aimer.
Quand j’entre dans un roman, une romance, des narrats ou des entrevoûtes de Volodine, je sais que je peux manquer d’oxygène et que je m’accrocherai aux voix des personnages pour ne pas me laisser écraser. Attention, oeuvre bruyante.
J’ai eu un coup de coeur immédiat pour Les anges mineurs, le premier roman que j’ai lu, celui qui m’a ouvert la porte sur le monde volodinien. Un face à face féérique, surprenant, comme un coup de poing au ventre, c’est ainsi que je l’ai vécu, que je l’ai fait mien ou que le post-exotisme s’est approprié une petite place en moi.
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Qui sont donc les lecteurs du post-exotisme ? J’ai entendu un jour une journaliste un peu saoule de ses propres paroles affirmer que les lecteurs de Terminus radieux (livre que personne ne pouvait lire, zut il a eu le Médicis, la dame s’en mordit-elle la langue ?) devait être des morts-vivants et de rire hystériquement de sa bonne trouvaille. Merci pour le respect des lecteurs, je fais donc partie des morts-vivants, fuyez braves gens, je suis contaminante. Bon, sur le coup, elle m’a énervée un max cette… miss Lisez-ce-que-je-vous-conseille-et-pas-autre-chose. Maintenant tout ce qu’elle conseille passe à la trappe. Bêtise contre bêtise. C’est idiot, je sais, en fait j’ai trouvé mieux, je ne l’écoute plus.
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Un peu d’explication sur le post-exotisme :
“Les fictions de Volodine relèvent tout à la fois de la science-fiction, du roman terroriste, du réalisme socialiste, du réalisme magique, du roman politique…” Lionel Ruffel : Volodine post-exotique
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« Le post-exotisme, c’est d’abord le nom qu’on peut donner à une littérature (francophone) située ailleurs, et, en quelque sorte venue d’ailleurs. Une littérature étrangère. Elle contient en elle-même ses propres explications, son système d’images, ses traditions. En se plongeant dans un roman post-exotique, lecteurs et lectrices découvrent l’histoire qui s’y trouve, avec ses personnages, ses paysages, mais, en même temps, ils entrent en contact avec l’univers étranger dont sont issus les narrateurs. Et là, ils découvrent un au-delà de l’intrigue: des obsessions, un imaginaire, un inconscient collectif, une culture étrangère. Chaque livre est une entité indépendante, mais, au fil des livres, on reconstitue un tissu de plus en plus solide. Un tissu d’images, de motifs et d’obsessions qui donnent une cohérence à tout l’édifice . Il y a des thèmes récurrents, des techniques de narration, aussi… » extrait d’un entretien avec Antoine Volodine publié par Libération.
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“[les personnages] racontent les guerres, les souffrances, les exterminations, les totalitarismes, les ratages, depuis un espace-temps où je les mets en scène, depuis leur prison, depuis leur mort, depuis des mondes imaginaires et parallèles. Chacun de ces mondes possède sa propre logique (des règles sociopolitiques que les héros souvent transgressent, devenant ainsi, dans l’univers imaginaire de référence, des marginaux) ; il possède sa propre histoire (sa propre culture de référence de violence comparable à celle du XXème siècle) ; il est circulaire (on y revit sans cesse sa mort), carcéral (la fiction y est la plupart du temps élaborée entre quatre murs), et, par-dessus tout, littéraire : on y existe à travers le texte qui est soit écrit, soit dit, soit monologué mentalement.” Antoine Volodine, cité dans Volodine post-exotique – Lionel Ruffel.
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La rencontre : En octobre 2011, le Centre Pompidou organisait un soir une rencontre avec l’auteur. Je me suis pointée bien en avance pour avoir ma petite place préférée, premiers fauteuils du bas de la rangée de gauche, là où j’ai un point de vue panoramique de la scène, personne devant tout en étant à distance. “Voir en vrai”, “se faire signer un autographe”, c’est pas mon truc, ce que j’aime c’est la vraie rencontre, l’écoute et là j’ai été servie. Inoubliable. Volodine n’était pas venu seul, il était accompagné de ses hétéronymes. “Nous ceci” “nous cela”, étrange discours quand on ne voit qu’une personne. Il explique (je note) : “ce n’est pas un nous de majesté, mais je parle au nom d’un collectif d’écrivains dont je fais moi-même partie, je ne peux donc dire “je” sauf lorsque je parle au nom de Volodine” (au fait, c’est son vrai nom ? on ne sait pas grand chose sur l’homme).  Bon, déjà, là, certains se diront “il est jeté ce type”, moi, ça flip-flop dans mes neurones, ça se recadre, j’me déménage, j’en redemande. Et là, alors là, du nanan. Avant de lire un extrait de ses trois derniers livres (un d’Antoine Volodine, l’autre de Lutz Bassmann, le troisième de Manuela Draeger) parus un an plus tôt, nous le vîmes plonger en lui et ressortir autre chaque fois, et ce qui était le plus frappant, c’était la voix, différente pour chaque lecture (intonation, rythme, vibration, encore les hommes, je comprends, mais la femme mon Dieu, Manuela était là devant nous), il était eux ou ils étaient lui, je sais plus trop. Sacrément impressionnant, j’en avais des frétillements internes. Waouh, vous savez on se serait cru dans un film où le psychopathe a plusieurs personnalités. Pfou, ça m’a quand même tourneboulée, c’t’affaire. Et puis il y a eu cette partie où il a parlé de son travail de recherche, les archives soviétiques dans lesquelles il venait de fouiller, “un travail émotionnellement très éprouvant », ça se voyait, ça se sentait. (d’ailleurs je n’ai pas pu m’empêcher de penser à lui lorsque j’ai vu défiler les visages vivants des condamnés à morts soviétiques dans l’exposition du BAL).
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Schizo ? non, romancier. A un colloque sur lui en Russie, certains ont dit qu’il n’avait pas à écrire sur quelque chose qu’il n’avait pas vécu (à savoir que si tous ses livres se projettent dans des mondes totalitaires, la révolution russe est amplement présente). Ce à quoi il répond qu’on ne peut reprocher à un écrivain de se servir de son imagination pour décrire des situations qu’il n’a pas vécu, comme si Dostoïevski avait dû tuer une vieille dame à la hache pour se mettre dans la peau de Raskolnikov lorsqu’il trucide la vieille dame. “Je peux dire que le travail de l’écriture me fait vivre ces situations que je décris”.
Le rapport de Volodine à la parole est très spécial, ce sont des cris, des silences, des images. Du coup des musiciens ont commencé à le mettre en musique, des théâtres font des expériences de ses livres, des cinéastes tentent de faire des films à partir de ses écrits.
Il avait prévenu qu’il n’y aurait pas de questions à la fin de la rencontre comme c’est l’usage mais que la conversation se poursuivrait ensuite dans le hall en dehors de toute solennité. Hélas, il se faisait tard, je me suis sauvée (étrange terme), mon carrosse métropolitain m’attendait. Sur le chemin du retour, ça gambillait dans mes pensées, Antoine Volodine avait pris une autre dimension pour moi, d’écrivain il était devenu homme.
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Pour moi, son meilleur livre reste Les songes de Mevlido. Ensuite, tout est à lire.

Quatrième de couverture des Songes de Mevlido : On a bientôt cinquante ans. Pendant la guerre de tous contre tous, la femme qu’on aime a été assassinée par des enfants-soldats. Les années passent, la folie rôde. On fait des rêves bizarres. On a parfois l’impression d’avoir été envoyé sur Terre en mission, et d’avoir failli sur toute la ligne. La guerre est finie, mais on appartient au camp des vaincus. Avec une simple d’esprit on vit à présent à Poulailler Quatre, un immense ghetto où cohabitent mendiantes bolcheviques, réfugiés, junkies, oiseaux monstrueux et mudangs, les chamanes coréennes qui chantent pour apaiser les morts. On pense à cette femme aimée qu’on a perdue. Il faudra voyager loin pour la retrouver. S’enfoncer dans les profondeurs de Poulailler Quatre et de ses propres rêves. Il faudra sans doute mourir à son tour pour pouvoir entendre le chant des mudangs et aller plus loin encore, jusqu’au Fouillis. On atteindra le Fouillis et on s’y fixera comme si on avait existé là depuis toujours. Mais ensuite, que se passera-t-il, ensuite ?

Ce que j’en écrivais en 2007 :

Ce puzzle labyrinthique nous déstabilise et met le lecteur en apesanteur. Volodine malmène le temps, il le met à nu avec un savoir-faire agile, on ne sait plus ce qui se passe avant ce qui se passe après, s’il s’agit d’un rêve ou de la réalité, le doute s’installe. C’est vertigineux et on se laisse emporter dans les sables mouvants de l’histoire. Ce livre est un cauchemar plein de grisaille, d’obscurité, de suie, de poussières, de slogans, de plumes, d’oiseaux-humains aussi bien magnifiques que répugnants, de peur, d’enfermement, on y traverse le monde des morts, la naissance, le mensonge, on se perd dans la narration, le narrateur prend chair, il est…, est-il ? On y « sombre fou », on rebondit, on y étouffe, c’est aussi une histoire d’amour, et si Mevlido est un éternel perdant résigné à son destin, il n’en est pas moins un homme et dans ce monde en ruine terminal où rien n’est plus fragile qu’un homme, on prend parti pour lui et sa volonté de croire à la vie. La beauté croise l’horreur et l’humour est loin d’être absent, le résultat est puissant.

Et puis un bon entretien sur remue.net : l’attentat Volodine

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