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Anselm Kiefer

Kiefer-Rodin, une rencontre singulière

Ceux qui me suivent savent combien j’apprécie Anselm Kiefer, alors dès que j’ai su qu’il exposait de nouveau à Paris, je me suis précipitée. Anselm Kiefer et Auguste Rodin, un rapprochement dans la façon de procéder, dans la liberté d’utiliser les matériaux, le désir d’aller plus loin dans l’expérimentation. Le musée Rodin a proposé à Anselm Kiefer d’investir la salle d’exposition, lui donnant carte blanche. Anselm Kiefer a souvent étudié le travail de Rodin, pour cette exposition il s’est plongé dans la lecture des Cathédrales de France, livre écrit et illustré par Auguste Rodin. Lire la suite

Anselm Kiefer, une rencontre enivrante

0316Kiefer5322« L’art est comme la prière, une main tendue dans l’obscurité, qui veut saisir une part de grâce pour se muer en une main qui donne. » Franz Kafka

C’était hier soir (10 mars) au Centre Pompidou, une rencontre avec Anselm Kiefer. Je suis arrivée à 18h15 et la file d’attente était déjà bien conséquente. La rencontre avait lieu à 19h dans la grande salle du sous-sol (la dernière photo vous donne une idée de la salle). La surprise (bonne et même très bonne parce que j’aime les écrits accessibles de cet homme érudit) fut que l’un des intervenants était Marc Alain Ouaknin (Lire aux éclats, C’est pour ça qu’on aime les libellules, Bibliothérapie). Nous avions donc deux érudits sur scène, l’un catholique, l’autre juif, cela a son importance. Je dois dire que la présence du troisième homme, le médiateur, a été très vite oubliée. Celui-ci 0316Kiefer5334a fait une longue (et assommante) présentation de l’artiste. En avions-nous besoin ? A voir les têtes de MM Kiefer et Ouaknin, cela présageait d’une heure trente d’extrême sériosité. Il faut dire  que l’oeuvre d’Anselm Kiefer est assez hermétique et que j’étais loin, très loin d’imaginer ce que j’allais entendre, vivre et ressentir pendant cette conversation.

Je crois que je n’ai pas autant ri à une conférence depuis que j’ai été écouter André Brahic nous parler du système solaire en 2000 dans le cadre de l’Université de tous les savoirs, en l’école des Arts et Métiers, conférence que vous pouvez retrouver ici mais qui n’a rien à voir avec le sujet d’aujourd’hui.

Nous avons donc en face de nous deux bonhommes passionnés et passionnants, qui savent jouer de leur passion.

Anselm Kiefer se voit comme un mauvais peintre dont il manque la légèreté dans la création artistique. C’est vrai qu’on ne peut pas dire qu’il fasse dans le léger. Et le débat s’annonçait lui aussi loin d’être léger « Il est très difficile de parler de l’oeuvre d’Anselm Kiefer, tellement riche qu’on peut l’interpréter infiniment », mais voilà M. A. Ouaknin0316Kiefer5337 qui nous livre une longue citation d’Henry Bauchau (dont je ne conseillerai jamais assez la lecture – d’Antigone à L’enfant bleu en passant par… tous ses romans). Là, déjà, je m’installe dans les mots, et tant mieux, parce que les mots, il allait en être question tout au long de ce débat.

Du passé lourd de l’Allemagne à la philosophie menant tout naturellement à la cosmologie, à la Kabbale, aux mythes, Kiefer fouille dans les livres, dans l’histoire. Le livre qui étend toujours plus loin la connaissance en optant pour le questionnement permanent, l’ouverture sans frontière. Et ce questionnement de ces deux homm0316Kiefer5348es a créé devant nous une sorte de maelström de savoir dans lequel le public pouvait s’engouffrer avec ivresse par la porte de l’humour. Je comprenais tout et tout m’échappait dans la minute qui suivait, mais j’en garderai quelques séquelles précieuses. Il fut question de plasticité psychique, de perspectives, de frontières (que Kiefer déteste), et d’écriture, puisque celle-ci est partout présente dans l’oeuvre d’Anselm Kiefer.  Ouaknin lui parle des mots qu’il place dans ses tableaux, dans les sillons de la terre, la terre avale les mots… et Kiefer de rétorquer que les lettres vont se mélanger sous la terre et il en ressortira d’autres mots à la prochaine récolte. L’histoire du Golem, évidemment est évoquée. Et moi, ça me donne des frissons d’entendre et de percevoir en moi leurs mots labourer mon pauvre savoir et y faire naitre une infinité de perspectives.  Ouaknin explique à Kiefer la signification de ce qu’il fait dans ses tableaux, à partir de là, les voilà partis tous les deux dans une sorte de ping pong à bâtons rompus. Le peintre avoue doucement à l’autre : « Il ne faut pas trop parler de la Kabbale, (étonnement de Ouaknin), tu es tellement érudit que tu m’éclipses. » Ce à quoi Ouaknin répond : « Chez vous (Kiefer tutoie, Ouaknin vouvoie), il y a une Kabbale murmurée.  » oooooh, nous filons dans la traduction du mot « murmuré » et dans ses interprétations. Très vite l’un commence une phrase que l’autre termine. C’est excellent !AK-beaub1215-1850

De l’interprétation. Voilà, le mot qui nous fait entrer dans le monde de l’anagramme. Kiefer met des anges et des serpents dans ses tableaux (comme dans Seraphim où on voit l’échelle de Jacob), le mot seraphim est le même en hébreu pour ange et serpent (de là vient une conversation sur un boa, le petit prince, la phobie des serpents, le beau A dessiné à l’école, un retour à la lettre donc au mot). Seraphim, donc, dont on intervertit les lettres (ah ces anagrammes jubilatoires !) et qui devient Seph0316Kiefer5341arim qui signifie Livre… la boucle n’arrête pas de se boucler. Et l’oeuvre de Kiefer est pleine de ces anagrammes.  Replongez-vous dans ses tableaux, dans leurs sillons, dans les labours de la pensée… la votre en retour, n’oubliez pas que les oeuvres de Kiefer vous regardent autant que vous les regardez…  Ouaknin à Kiefer : « Le murmure de la Kabbale, la langue que vous coupez en morceau. »

Nous arrivons à la poésie, principalement celle de Paul Celan, Ouaknin propose à l’artiste un poème de Celan « oh, c’est bien que tu proposes celui-là, je n’ai jamais compris, tu vas m’expliquer »… Les deux hommes sont partis dans le jeu de leur passion et ne semblent absolument pas être conscients du temps qui passe. Pourtant il passe et le troisième homme sort de sa réserve et leur dit brusquement qu’il faut finir et passer aux questions. … Un homme demande ce que signifie les lettres en haut d’une toile qui nous a été montrée au début de la rencontre. On retrouve l’image dans l’ordinateur. Kiefer ne comprend pas, il s’approche pour mieux voir, et s’exclame interloqué : « Mais ce n’est pas de moi ces lettres » Il regarde encore… « Non, ce n’est pas de moi », il éclate de rire et dit « C’est le Pompidou qui a ajouté, ça ! Ce n’est pas moi ! » Sur ce mystère enjoué, je me lève, il est déjà tard, je dois malheureusement m’éclipser pour regagner ma banlieue qui craint un peu le soir. En arrivant en haut des marches, je jette un dernier regard à la salle, allez, je ressors mon appareil photo pour une dernière… dans le RER, je repense avec bonheur à tout ce que je viens d’entendre, de voir… monsieur Kiefer, je vous aime toujours autant.

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« Etre libre, c’est garder une interrogation devant le monde et être capable de voir en lui, à chaque fois, l’aube qui recommence. «  Marc-Alain Ouaknin, C’est pour cela qu’on aime les libellules ((points essai).

Vous pouvez retrouvez les articles de ce blog concernant la rétrospective Anselm Kiefer au Centre Pompidou et à la BNF (les deux dernières étaient terminées, vous avez jusqu’au 15 avril pour visiter la première :

Anselm Kiefer, une rétrospective – Centre Pompidou (novembre 2015)

Anselm Kiefer – plomb et images en déroulés (Centre Pompidou – novembre 2015)

Anselm Kiefer – L’alchimie du livre (BNF – novembre 2015)

 

Je vous rappelle que vous trouverez la liste de tous mes articles concernant les expositions que j’ai vues sur la page Les expositions au fil des mois

Anselm Kiefer, une rétrospective au Centre Pompidou

AK-beaub1215-1737« Je suis peintre et sculpteur. […] Je n’ai foi que dans l’art et, sans lui, je suis perdu. Seuls les poèmes ont une réalité. » (Anselm Kiefer, in L’art survivra à ses ruines – leçons inaugurales au Collège de France – ed. Collège de France/Fayard) et entendu lors de l’ émission Hors-Champs : « Je ne sais faire que de l’art, je ne sais pas si je sais faire la vie. Si on confond l’art et la vie, c’est le chaos »

Voici donc que s’ouvre au public l’exposition rétrospective de celui que Daniel Arasse appelait Le maître du labyrinthe, et qui précise, « un labyrinthe sans fil, non dirigé ». C’est à Barjac, dans une ancienne filature qu’Anselm Kiefer a créé une oeuvre d’art totale, construisant une cinquantaine de bâtiments, traçant des chemins, créant un circuit  souterrain où sont posées (cachées ?) ses oeuvres, parfois dans des « chambres d’oubli » que l’on peut apercevoir par des trous au hasard du cheminement. L’artiste se dit fasciné par le mot « secret ».

« Je ne suis pas seulement monumental », dit-il encore dans l’entretien de Hors-Champs (à écouter ici). Et pourtant, c’est souvent ainsi qu’on le voit (ainsi que je me rappelle de la première exposition que j’ai vue de lui, la Monumenta qui inaugura magnifiquement le cycle du Grand Palais), et la taille de ses tableaux exposés à Beaubourg ne le dément pas.

De l’inspiration par l’Histoire, la mythologie, la kabbale, la philosophie, le cosmos et la poésie (Ses oeuvres sont traversées par les mots de Paul Celan ou d’Ingeborg Bachmann), aux matériaux de prédilection : acrylique, huile, émulsion, shellac, argile, plomb,  fil de fer, verre, paille… le monumental se situe aussi dans une certaine érudition et recherche de l’artiste sur des sujets qui le passionnent et un travail de construction dans la déconstruction.  Ses tableaux qu’il ne signe jamais sont soumis à l’interaction de la nature, exposé à l’extérieur par tous les temps.

On trouvera au centre de l’exposition, une pièce dédiée aux vitrines qui, chacune, raconte une histoire, un personnage, un lieu, parfois aux allures de maquettes comme ces modèles réduits des gigantesques tours exposées sur le terrain de Barjac ou à la Monumenta de Paris.

AK-beaub1215-1880Pour vous donner une idée de la taille d’un tableau comparé à l’échelle humaine, voici Lilith (qu’on voit mieux dans l’album), que j’apprécie particulièrement, le « regardeur » a l’impression de survoler l’oeuvre.

J’ai pris de nombreuses photos pour donner une idée de l’exposition à celles et ceux qui ne pourront s’y rendre. Une photo parait ici une piètre reproduction, trop plate alors que la matière sort de la toile ou s’y enfonce, trop virtuelle alors que l’oeuvre est une présence à part entière (pour ceux qui verront de leurs yeux, vous pouvez vous amuser à chercher le petit trou en forme de crochet dans une des toiles Interieur… en hauteur… partie droite…), mais elle a l’avantage de donner à entrevoir.

Cliquez sur une image pour ouvrir l’album… et toujours plus d’agrandissement avec le « full size » à droite en bas de chaque photo.

 

Vous avez jusqu’au 15 avril 2016 pour voir cette exposition au Centre Pompidou, Paris.

D’autres articles sur ce blog vous parle d’autres évènements Anselm Kiefer qui ont lieu actuellement :

Anselm Kiefer, plomb et images en déroulés (installation dans le forum du Centre Pompidou)

Anselm Kiefer, l’alchimie du livre (exposition à la BNF)

A signaler un dvd très intéressant qui permet de visiter l’atelier de Barjac  et de voir l’artiste au travail ou en entretien, un film de Sophie Fiennes, Over your cities grass will grow.

 

Anselm Kiefer, plomb et images en déroulés

AK-Beaub-1215-1960    Une grande structure, il en fallait bien une. Je me demandais… je me doutais qu’ils utiliseraient le forum. J’en ai vu pousser, pendouiller, s’agiter, se tourner des choses dans ce trou au centre du hall de Beaubourg. Aujourd’hui, ces caissons de tôle galvanisée ouverts au public moyennant quelques dizaines de marches à monter forment un espace qui donne un autre aperçu de l’oeuvre d’Anselm Kiefer présentée au sixième étage. Ai-je la capacité d’accueillir une telle oeuvre en moi pour vous en parler bien ?  Je suis sortie de cette grande expo la tête dans la matière, de l’odeur de peinture en AK-beaub1215-1918mémoire et le très beau tableau de Lilith en fond dans le regard. J’avais des mots qui flottaient dans la tête, ils écrivaient une lettre qui commençait en disant combien je vous aime… non, c’est inconvenant… alors plutôt cet autre combien j’aimerais visiter un de vos ateliers, me perdre dans vos dédales oeuvresques. Et combien je suis heureuse de pouvoir revenir, retourner, revoir cette exposition, un bien beau cadeau de fin d’année. Et la prochaine fois, je ne prendrai pas de photos, je me poserai, je regarderai les oeuvres, les visiteurs, les regards, les liens qui se tisseront, les pensées qui s’échapperont.

Mais n’allons pas trop vite, pour l’heure, c’est de ce bloc monumental dont je vais dire deux mots. J’y étais seule, libre d’y rester le temps que je voulais, peut-être les gens ne savent-ils pas qu’ils peuvent y entrer gratuitement. Steigend, steigend, sinke Nieder – En montant, en montant vers les hauteurs, enfonce-toi dans l’abîme, austère et froide à l’extérieur, touffue l’oeuvre intérieure est composée de très longues bandes de plomb qui tombent de haut dans un fond d’eau. Sur ces bandes sont collées des milliers de photographies appartenant à l’artiste. Ces bandes d’images font penser à des films déroulés, mais contrairement au celluloïd, le plomb ne laisse passer aucun rayonnement. On dirait aussi un nid de longs serpents, ce serpent qu’on retrouve dans beaucoup de tableaux. Un rapport ? Un vrai capharnaüm d’images, un régal chaotique pour mes yeux et tout ce qui s’y raccroche, mon âme, mon coeur, mon corps, la main qui tient l’appareil photo, le doigt qui appuie et vous prend un peu de ce que vous avez posé ici, le flot de vos pensées, Monsieur Kiefer ? Dedans ces grands murs métalliques, moi, je me fais des rêves… les rêves me font.

Alors voilà, un tout petit album avant l’autre qui sera bien trop grand. Il suffit de cliquer pour entrer dedans, etc… et que l’image soit.

 

Cette installation est visible au Centre Pompidou en entrant face à la porte.

Autre article sur Anselm Kiefer : l’alchimie du livre, une exposition à la BNF, ici

Et bientôt des photos de l’exposition rétrospective.

 

 

Anselm Kiefer – l’alchimie du livre (exposition à la BNF)

bnf1115_0064rDécouvrir le travail d’Anselm Kiefer à la Monumenta de 2007 a été une révélation. Je me suis sentie immédiatement immergée dans l’oeuvre avec une sensation de désir intense de me laisser envahir par la matière. Depuis, j’essaie de voir les expositions qui proposent ses tableaux-sculptures, ses objets… Inutile de vous dire avec quel enthousiasme j’ai accueilli l’annonce d’une exposition au Centre Pompidou en décembre prochain. En attendant, la BNF nous permet de découvrir les livres qu’il crée depuis une quarantaine d’années.

Alors j’ai glissé mon appareil photo dans mon sac à dos et la musique dans mes oreilles et j’y suis partie, en écoutant Judy me chanter l’au- delà de l’arc-en-ciel et les oiseaux bleus. Ce qu’elle fit souvent durant le trajet puisque j’avais mis très peu de choix dans ma sélection musicale qui tournait en boucle aléatoire. (question incongrue qui me passait par la tête : Dorothy serait-elle une adepte de twitter, aujourd’hui ?).
Ce que je vois en pénétrant dans la salle d’exposition : une suite de vitrines horizontales dans lesquelles de grands livres sont exposés ouverts ou fermés, des étagères garnies de livres parfois immenses couchés ou debout. Je m’approche, comme j’aurais envie de les ouvrir, ou ne serait-ce que les toucher avec les mains mais seuls les yeux ont cette faveur. Ses livres, je les observe, j’en détaille la matière, la manière. Les livres de Kiefer sont en cartons, en plomb, en plâtre. Ils font référence à la mythologie, l’histoire, la philosophie. Anseilm Kiefer dit que le livre “est un répertoire de formes et une manière de matérialiser le temps qui passe. […] chaque livre recèle une onde qui se déploie, formant une vague que je donne à voir lorsque je tourne les pages ou que je les mets en scène. […] Certains sont de véritables sculptures, plus grands que la taille humaine.”
Certaines installations me sont familières, comme cette tour de livres entourée de verres brisés que j’avais vu à la Monumenta, et aussi ces femmes livres m’en rappelle une autre (Phryne) que j’avais vue au Tri Postal à Lille.
Aux deux murs extrêmes de la salle deux grands tableaux se font face.
Je fais plusieurs fois le tour de l’exposition, j’ai du mal à sortir, j’entends une femme déçue de ce qu’elle voit “Je pensais qu’il s’agissait de ses livres… enfin, pas ça, des vrais livres”… J’observe un homme qui ne bouge pas depuis un moment, totalement absorbé dans un des deux grands tableaux, j’essaie d’accompagner son regard, je cherche à le suivre mais c’est moi qui suis happée par la matière.
Je regrette un peu que les oeuvres aient été mises comme dans des cases un peu étroites me semble-t-il, enfermées sur trois côtés. Un bon point toutefois, on peut tourner autour de celles qui le permettent, j’aurais aimé me rapprocher des femmes-poètes, en faire le tour, mais une corde l’interdisait, certainement trop fragiles.
Avant de vous laisser voir quelques photos accompagnées d’indications, je copie une phrase du livre de l’artiste, L’alchimie du livre : « l’oeuvre de Kiefer est certes traversée par les motifs de la mélancolie et de la ruine, de la chute et de la catastrophe ultime, mais elle est aussi, et tout autant, gorgée de désir et de jouissance, « joyeuse » au sens profond où Spinoza a pu entendre ce mot ».

*

Et pour terminer, une vue un peu personnelle de la BNF, où a lieu l’exposition (crée à partir de trois photos, prises en 2007).

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