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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

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Art et Liberté – Brassai, deux expositions au Centre Pompidou

Je vous présente deux expositions qui sont à voir en ce moment au centre Pompidou et dont le lien pourrait être le surréalisme. Lire la suite

De plume, de danse et de musique…

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La pendule à l’aile bleue – Marc Chagall

« Les deux merveilles du monde sont la Bible et la musique de Mozart, et une troisième, naturellement, l’amour ». Marc Chagall.

Tic tac tic tac… non, ce n’est pas le Capitaine Crochet qui s’est échappé du Pays imaginaire, simplement 2015 qui s’apprête à tourner sa page. Le temps, Chagall et la musique. C’est justement la peinture musicale de Chagall, qui est à l’honneur jusqu’au 31 janvier 2016, avec une joyeuse exposition, Marc Chagall, Le triomphe de la musique, sous le grand serpent lové de la Philharmonie de Paris. Un parcours tout en couleur, des tableaux à écouter, à danser, à rêver, des décors (ceux qu’il a créés pour L’oiseau de feu, La flûte enchantée, le plafond de l’Opéra de Paris, etc) et des costumes qui rivalisent d’onirisme, ou encore des céramiques, des esquisses, un univers féérique. Des rouges à la folie comme on en rencontre dans le parc de la Villette, des bleus aux douces profondeurs intimes que se partagent les oiseaux ou les amoureux volant, chantant, dansant, s’aimant.CPhilarmonie1215

Pour ce dernier article de l’année du bocal blogueur, je vous propose ci-contre un aperçu des couleurs rythmiques de Chagall mêlées aux magnifiques lumières de cette fin décembre – photos prises ce week-end du côté de la Cité des Sciences et de la Philharmonie associées à des tableaux de l’artiste récupérés sur le net puisqu’on ne peut prendre de photos à l’exposition (dès que certains tableaux seront revenus au Centre Pompidou, je remplacerai mes emprunts). D’un clic vous pouvez céder à la tentation d’agrandir, et d’un autre clic agrandir encore.

Le fait est, qu’on aime bien le mouvement dans le bocal et nous essaierons de l’entretenir l’année prochaine quitte à y perdre quelques plumes ou à s’égarer les nageoires dans des eaux parfois un peu troubles. En attendant, sans presser le temps, c’est en vous souhaitant une très belle fin d’année que nous vous embrassons, et même si nos plumes sentent un peu fort le poisson, le coeur y est…

Bassin de la Villette, Paris, le 26 12 2015
Bassin de la Villette, Paris, le 26 12 2015

Eros Hugo, c’est cadeau…

EH-2376Je ne crois pas que j’avais l’intention d’en parler sur ce blog, mais le fait est que mon fils m’ayant offert pour noël le livre de l’exposition Eros Hugo que j’ai visitée il y a quelques jours m’a soudain donné envie de vous faire profiter des photos, des mots et des ardeurs poétiques que j’y avais cueillis.

Eros Hugo, entre pudeur et excès, une exposition à la Maison de Victor Hugo, place des Vosges, à Paris. Victor Hugo écrivain pudique quand il décrit Cosette, dans Les Misérables, ou Déa, dans L’homme qui rit, mais vous savez bien qu’il fut un grand amoureux des femmes, qu’il s’adonne au plaisir de la séduction ou à la passion qu’il avait pour sa femme, Adèle, ou ses maîtresses, dont Juliette Drouet est la plus célèbre (enfin, celle que je connais surtout). Entre tableaux et gravures d’artistes contemporains du siècle d’Hugo, ses poèmes, quelques uns de ses dessins, des lettres d’amour, cette exposition nous mène sur les traces d’un homme qui se revendiquait libre d’aimer.

« Toutes les passions et tous les appétits,

S’accouplent, Evohé ! rugissent, balbutient,EH-entree

Et sous l’oeil du destin calme et froid, associent

Le râle et le baiser, la morsure et le chant,

La cruauté joyeuse et le bonheur méchant,

Et toutes les fureurs que la démence invente ;

Et célèbrent, devant l’esprit qui s’épouvante,

Devant l’aube, devant l’astre, devant l’éclair,

Le mystère splendide et hideux de la chair ;

Et cherchant les lieux sourds, les rocs inabordables,

Echevelés, pâmés, amoureux, formidables,

Ivres, l’un qui échappe et l’autre qui poursuit,

Dansent dans l’impudeur farouche de la nuit ! »

Dieu, L’océan d’en haut, IV

Anselm Kiefer, une rétrospective au Centre Pompidou

AK-beaub1215-1737« Je suis peintre et sculpteur. […] Je n’ai foi que dans l’art et, sans lui, je suis perdu. Seuls les poèmes ont une réalité. » (Anselm Kiefer, in L’art survivra à ses ruines – leçons inaugurales au Collège de France – ed. Collège de France/Fayard) et entendu lors de l’ émission Hors-Champs : « Je ne sais faire que de l’art, je ne sais pas si je sais faire la vie. Si on confond l’art et la vie, c’est le chaos »

Voici donc que s’ouvre au public l’exposition rétrospective de celui que Daniel Arasse appelait Le maître du labyrinthe, et qui précise, « un labyrinthe sans fil, non dirigé ». C’est à Barjac, dans une ancienne filature qu’Anselm Kiefer a créé une oeuvre d’art totale, construisant une cinquantaine de bâtiments, traçant des chemins, créant un circuit  souterrain où sont posées (cachées ?) ses oeuvres, parfois dans des « chambres d’oubli » que l’on peut apercevoir par des trous au hasard du cheminement. L’artiste se dit fasciné par le mot « secret ».

« Je ne suis pas seulement monumental », dit-il encore dans l’entretien de Hors-Champs (à écouter ici). Et pourtant, c’est souvent ainsi qu’on le voit (ainsi que je me rappelle de la première exposition que j’ai vue de lui, la Monumenta qui inaugura magnifiquement le cycle du Grand Palais), et la taille de ses tableaux exposés à Beaubourg ne le dément pas.

De l’inspiration par l’Histoire, la mythologie, la kabbale, la philosophie, le cosmos et la poésie (Ses oeuvres sont traversées par les mots de Paul Celan ou d’Ingeborg Bachmann), aux matériaux de prédilection : acrylique, huile, émulsion, shellac, argile, plomb,  fil de fer, verre, paille… le monumental se situe aussi dans une certaine érudition et recherche de l’artiste sur des sujets qui le passionnent et un travail de construction dans la déconstruction.  Ses tableaux qu’il ne signe jamais sont soumis à l’interaction de la nature, exposé à l’extérieur par tous les temps.

On trouvera au centre de l’exposition, une pièce dédiée aux vitrines qui, chacune, raconte une histoire, un personnage, un lieu, parfois aux allures de maquettes comme ces modèles réduits des gigantesques tours exposées sur le terrain de Barjac ou à la Monumenta de Paris.

AK-beaub1215-1880Pour vous donner une idée de la taille d’un tableau comparé à l’échelle humaine, voici Lilith (qu’on voit mieux dans l’album), que j’apprécie particulièrement, le « regardeur » a l’impression de survoler l’oeuvre.

J’ai pris de nombreuses photos pour donner une idée de l’exposition à celles et ceux qui ne pourront s’y rendre. Une photo parait ici une piètre reproduction, trop plate alors que la matière sort de la toile ou s’y enfonce, trop virtuelle alors que l’oeuvre est une présence à part entière (pour ceux qui verront de leurs yeux, vous pouvez vous amuser à chercher le petit trou en forme de crochet dans une des toiles Interieur… en hauteur… partie droite…), mais elle a l’avantage de donner à entrevoir.

Cliquez sur une image pour ouvrir l’album… et toujours plus d’agrandissement avec le « full size » à droite en bas de chaque photo.

 

Vous avez jusqu’au 15 avril 2016 pour voir cette exposition au Centre Pompidou, Paris.

D’autres articles sur ce blog vous parle d’autres évènements Anselm Kiefer qui ont lieu actuellement :

Anselm Kiefer, plomb et images en déroulés (installation dans le forum du Centre Pompidou)

Anselm Kiefer, l’alchimie du livre (exposition à la BNF)

A signaler un dvd très intéressant qui permet de visiter l’atelier de Barjac  et de voir l’artiste au travail ou en entretien, un film de Sophie Fiennes, Over your cities grass will grow.

 

Anselm Kiefer, plomb et images en déroulés

AK-Beaub-1215-1960    Une grande structure, il en fallait bien une. Je me demandais… je me doutais qu’ils utiliseraient le forum. J’en ai vu pousser, pendouiller, s’agiter, se tourner des choses dans ce trou au centre du hall de Beaubourg. Aujourd’hui, ces caissons de tôle galvanisée ouverts au public moyennant quelques dizaines de marches à monter forment un espace qui donne un autre aperçu de l’oeuvre d’Anselm Kiefer présentée au sixième étage. Ai-je la capacité d’accueillir une telle oeuvre en moi pour vous en parler bien ?  Je suis sortie de cette grande expo la tête dans la matière, de l’odeur de peinture en AK-beaub1215-1918mémoire et le très beau tableau de Lilith en fond dans le regard. J’avais des mots qui flottaient dans la tête, ils écrivaient une lettre qui commençait en disant combien je vous aime… non, c’est inconvenant… alors plutôt cet autre combien j’aimerais visiter un de vos ateliers, me perdre dans vos dédales oeuvresques. Et combien je suis heureuse de pouvoir revenir, retourner, revoir cette exposition, un bien beau cadeau de fin d’année. Et la prochaine fois, je ne prendrai pas de photos, je me poserai, je regarderai les oeuvres, les visiteurs, les regards, les liens qui se tisseront, les pensées qui s’échapperont.

Mais n’allons pas trop vite, pour l’heure, c’est de ce bloc monumental dont je vais dire deux mots. J’y étais seule, libre d’y rester le temps que je voulais, peut-être les gens ne savent-ils pas qu’ils peuvent y entrer gratuitement. Steigend, steigend, sinke Nieder – En montant, en montant vers les hauteurs, enfonce-toi dans l’abîme, austère et froide à l’extérieur, touffue l’oeuvre intérieure est composée de très longues bandes de plomb qui tombent de haut dans un fond d’eau. Sur ces bandes sont collées des milliers de photographies appartenant à l’artiste. Ces bandes d’images font penser à des films déroulés, mais contrairement au celluloïd, le plomb ne laisse passer aucun rayonnement. On dirait aussi un nid de longs serpents, ce serpent qu’on retrouve dans beaucoup de tableaux. Un rapport ? Un vrai capharnaüm d’images, un régal chaotique pour mes yeux et tout ce qui s’y raccroche, mon âme, mon coeur, mon corps, la main qui tient l’appareil photo, le doigt qui appuie et vous prend un peu de ce que vous avez posé ici, le flot de vos pensées, Monsieur Kiefer ? Dedans ces grands murs métalliques, moi, je me fais des rêves… les rêves me font.

Alors voilà, un tout petit album avant l’autre qui sera bien trop grand. Il suffit de cliquer pour entrer dedans, etc… et que l’image soit.

 

Cette installation est visible au Centre Pompidou en entrant face à la porte.

Autre article sur Anselm Kiefer : l’alchimie du livre, une exposition à la BNF, ici

Et bientôt des photos de l’exposition rétrospective.

 

 

Art en Capital au Grand Palais

Accueillis par une Marianne au visage grave à la prestance fière et lumineuse ancrée dans un socle de coupures de journaux relatant l’horreur du 13 novembre, nous sommes sous la nef du Grand Palais où chaque année Art en Capital expose les artistes indépendants. Mais on était loin de l’ambiance d’une Fiac ou même de Paris-photo, ce 26 novembre. La différence venait peut-être un peu aussi des tableaux de travers… j’en ai compté trois. Autant chez moi, un tableau de travers ne me gênerait pas, tout vit un peu de travers dans mon switome, mais là, dans un salon d’exposition propre, net, professionnel, ben ça passe mal. « Tu ne vas pas y toucher ! », m’a dit l’amie qui croisait mon chemin au moment où je râlais une fois de plus « non mais, regarde, celui-là aussi… ». Non, je n’ai pas touché le tableau… un mètre soixante par deux mètres trente, imaginez s’il m’était resté sur les bras… le risque est vite calculé.

Je me suis donc baladée de case en case comme un pion sur un échiquier, même si tout est fait pour se mélanger les repères, je suis très stricte dans ce genre d’expo, je suis mon sens de la visite et pas question de m’y dérober par quelques chemins de traverse, encore que je pars du principe que tous les chemins se valent et que je n’ai qu’à me fier au quadrillage que j’ai dans la tête. Et hop… ça, c’est le pion qui s’est fait une petite diagonale.

Alors, voilà, quelques petites choses… photos de petites choses que j’ai ramenées avec moi. Photos, sculptures, peintures… ? vous pouvez les découvrir en cliquant sur une image, et encore les agrandir en utilisant l’agrandisseur en pleine taille en bas à droite de l’image.

Picasso.mania – Grand Palais

“Quand j’étais enfant, ma mère me disait : “Si tu veux, deviens soldat, tu seras général. Si tu deviens moine, tu finiras pape.” J’ai voulu être peintre, et je suis devenu Picasso !” Picasso – Propos sur l’art.

Mercredi 25 novembre. Sortant d’une exposition qui se tenait sous la nef du Grand Palais, je passais près de l’entrée de Picasso.mania, comme il n’y avait personne, je suis entrée. Quelle bonne idée !
Imaginez des artistes connus, reconnus, aux styles bien reconnaissables et dont les oeuvres exposées dans de multiples salles  convergent toutes vers le même centre, le génie Picasso. Ainsi en va-t-il de Roy Lichtenstein à Maurizio Cattelan, d’Andy Warhol à Jeff Koons, David Hockney, Zeng Fanzhi, Jasper Johns, Erro, Adel Abdessemed, etc, de la peinture, de la sculpture, de la photographie, de salle en salle, dans un enchaînement génialement interrompu par des oeuvres du maître ponctuant ici et là le parcours en abondance. Il y a aussi un film de jeunesse d’Emir Kusturica où il est question du tableau Guernica, des vidéos d’interviews de Picasso. De comparaisons en influences, la visite est joyeuse, variée, exaltante.
Je vous laisse découvrir le parcours en ouvrant l’album, n’hésitez pas à agrandir encore les photos en cliquant sur le ziguigui en bas à droite qui permet de mettre en “full size”.
Et comme il est écrit dans l’exposition, « certaines images (mes dernières photos) peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes. »

Après cette visite, si vous ne l’avez pas encore lu, je vous encourage à vous rendre sur l’article Traits de génie (sur le blog Revue des moments perdus) pour y découvrir quelques surprises et des photos prises au musée Picasso, à Paris. Il vous suffit de cliquer sur la photo ci-dessous.

Yousuf Karsh - Picasso
Yousuf Karsh – Pablo Picasso 1954 (photo prise à Paris-Photo)
Une vraie visite vaut toujours mieux que des photos, voici le site de l’exposition Picasso.mania. Jusqu’au 29 février 2016.

Donner et recevoir de l’affection…

La sélection de photos présentées dans le cadre de Photoquai 2015 traite de la famille, prise au sens plus large que la famille génétique, il s’agit du “cadre sécurisant pour la production et la plénitude sociale, au niveau de la personne et du groupe. Un espace où donner et recevoir de l’affection, où partager des intérêts créatifs, politiques, religieux ou sexuels, où nouer des liens moraux ou sentimentaux. Un espace idéal au sein duquel l’individu se sent protégé et entouré par le groupe.”
L’exposition Photoquai à deux pas du musée du quai Branly est visible gratuitement jusqu’au 22 novembre 2015. Vous pouvez découvrir quelques unes des photos proposées en feuilletant l’album ci-dessous.
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Tu dois changer ta vie – Lille Renaissance – Tripostal

lille1115_0381J’avais feuilleté ce livre de Peter Sloterdijk à sa sortie, je comptais bien le lire, mais j’attendais qu’il sorte en format poche. Et puis, ça m’était sorti de la tête. Et là, ce titre, tout de suite ça fait tilt, bien sûr, et le livre est sorti en poche… Tu dois changer ta vie, c’est même devenu une exposition.

Il suffit d’un pas, d’une rencontre… de vous en fait, une action, un mouvement. La vie est changement perpétuel, non ? Je me rappelle cette phrase lue je ne sais plus où « ce qui n’évolue pas, meurt ». Alors vivre. L’exposition part d’un côté ou de l’autre, vous êteslille1115_0479 responsable de votre parcours, à moins que vous ne choisissiez de vous fier à la couleur de votre ticket. D’un côté comme de l’autre, de l’autre comme de l’un puisque les deux se croisent à un temps T de l’exposition, on est trimballé dans un univers complet. Complexe ? C’est comme vous voulez, là encore. Amusant aussi. Ravissant, certes. Enivrant, parfois. Laissez-vous aller à réfléchir. Les thèmes ? Explorer le monde, regarder, sentir, écouter, envisager le vivant, vivre plusieurs vies simultanément… Oh, et puis, laissez-vous porter et n’oubliez pas de prendre soin de vous. Rendez-vous est pris pour une Renaissance…

Il y a des informations sous les images, il suffit de cliquer pour ouvrir l’album.

Comme vous pouvez l’imaginer cette exposition est très touffue.

Tu dois changer ta vie, c’est au Tripostal, à Lille.

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Autres articles sur le même sujet : Renaissance, à Lille

Qu’est-ce qui vous rend heureux (introduction)

Joie de vivre : exposition au Palais des beaux-arts

Séoul vite, vite ! – au Tripostal

Joie de vivre – Renaissance – Lille 3000

lille1115_0803« Partout où il y a joie il y a création : plus riche est la création plus profonde est la joie. » Henri Bergson, L’Energie spirituelle

L’exposition Joie de vivre au Palais des Beaux-Arts, de Lille, réunit une centaine d’oeuvres dans les domaines de la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma, qui illustrent de différentes façons la joie de vivre. On y aborde des thèmes variés comme le soleil, le jeu, l’amitié, la famille, la fête, le corps joyeux, la jouissance, la sensualité et les rires. Un parcours réjouissant.

Parmi les artistes représentés on peut citer Fragonard, Niki de Saint-Phalle, Picasso, Renoir, Brueghel, Dufy, Munch, Dubuffet, Véronèse, Murakami…

« La joie de vivre est la capacité à jouir du simple fait d’être au monde, d’apprécier les instants agréables de l’existence. […] La joie de vivre est vécue ici et maintenant. Elle est plus attachée à l’être qu’à l’avoir, à l’être ensemble qu’à la possession ou la consommation de richesses. »

Suivez- moi en passant l’entrée ci-dessous, je vous propose une sélection de quelques unes des oeuvres de l’exposition.

lille1115_0826duo« La joie de vivre n’est pas la béatitude, ni la sagesse, et n’en a que faire. C’est la joie la plus simple, la plus pure, la plus aérienne… Elle ne cherche pas à durer. Elle ne cherche rien, ni ne trouve. Elle est sans pourquoi, sans raison, sans but. » André Compte-Sponville, La joie de vivre, 2015

Dans la grande salle de l’entrée, un écran passe des feel good movies dont j’ai déjà fait allusion dans mon article d’introduction. On circule, on passe, on repasse, en jetant un oeil à l’écran, puis on finit par s’asseoir, et on se laisse emporter par le tourbillon de scènes de joie qui s’enchaînent.

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voir aussi :

Qu’est-ce qui vous rend heureux ? (introduction à Renaissance)

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Lille 3000 – Renaissance

Après Eden – la collection Walther à la Maison Rouge

1015b_005rmaisonRougeLa nouvelle exposition de la maison rouge est la treizième collection privée présentée ici. Il s’agit de la collection Walther, une des plus importantes collection de photographies au monde.

Pas de photo, hormis celle de l’entrée de la maison rouge, ci-contre, les deux autres en série étant tirés du site Culture Box. Faute d’image on voudrait exalter les mots, même si les mots qui suivent n’ont pas la valeur des images. A l’entrée, les premières photos, nombreuses, montrent des gros plans de végétaux en noir et blanc. Puisqu’il faut en passer par là.  On devinera que ça ne m’emballe pas.

Ce que je vais vite apprécier c’est le classement par thème qui permet de jeter un regard plus attentif aux photos exposées, surtout lorsque celles-ci ne retiennent pas votre attention.

On y rencontre des paysages comme autoportraits de la présence de l’homme qui construit qui détruit. On cherche alors sur les photos les traces, les stigmates. Ici j’aurais cru à l’invalidation humaine lorsque le paysage s’évade comme un désert mais en s’approchant de ce diptyque on y voit l’insidieux, le petit détail au loin là dans un coin tentant de se fondre dans le décor.

Et puis vient l’identité avec l’art du portrait qui doit saisir le « je », la singularité, et le « nous », la pluralité qui existe en chacun. Séduite par les portraits de Guy Tillim (que l’on peut voir en cliquant sur le nom de l’artiste), réalisant qu’il s’agit d’une milice d’enfants prêts à partir pour le combat, le regard devient autre. Ces visages interrogent et les réponses se perdent dans un cafouillis incompréhensif. D’autres portraits colorés de vie leur font face, les débordent et entrainent le visiteur apaisé sur la suite du parcours.

La ville, une belle présentation sur des écrans suspendus tout le long d’un mur dans la pénombre, un défilé d’images citadines. Mais ce sont les photographies d’un photographe non identifié qui attirent mon attention, et surtout la reconstitution d’une sorte d’immense bâtiment composé de 70 photos, Lotus Block, oeuvre de Luo Yongjin. C’est comme un puzzle fragmenté qui ne se raccorde pas tout à fait mais dont l’ensemble donne une sensation d’entièreté onirique.

Le corps. là, on approche de ce quMRAppelte j’aime le plus en photo. Cette merveilleuse machine qu’est le corps humain, avec ses grâces et ses disgrâces, peu importe tant qu’il y a matière, et c’est à la photo que revient le tâche de la subjuguer. Ici, on a des séries de photos qui pourraient faire un film. Ce sont des autoportraits. Song Dong  et son impression sur l’eau.

Ci-dessus, Dieter Appelt et La tache que laisse le souffle sur le miroirMRzhangHuan.

Et Peau, une série de 20 autoportraits de Zhang Huan –  (photos source Culture Box).

Quant à Ma Liuming, il marche nu sur la Grande muraille de Chine. Voir ici, la série des photos.

Au détour du chemin qui présente le thème des masques que chacun porte en soi, j’aperçois mon visage dans un miroir. Je suis toujours surprise par mon visage, je l’oublie tout le temps. Il y a quelques jours il m’a offert un regard que je n’oublierai jamais, je ne devrais plus avoir à me regarder dorénavant car jamais plus je n’y verrai l’ailleurs que j’y ai perçu. Peut-être cela vous est-il déjà arrivé ?

Au sous-sol, le thème du Voyeur donne une définition intéressante : « Nous entrons dans le domaine de l’intime, dans cet espace secret où sont transgressés les tabous et les normes sociales. Le voyeur est une figure éminemment ambiguë : pénétrant par le regard dans l’intimité des autres sans leur consentement, il tire du plaisir de cette intrusion, plaisir augmenté par le caractère moralement condamnable qu’il prête à ce qu’il voit. En extrapolant, ne retrouve-t-on pas aussi ce double jeu dans l’attitude du visiteur d’une exposition ? A l’abri de notre position de regardeur, nous pouvons à moindre frais et exemptés de toute responsabilité, goûté au fruit défendu. »

En enfilade dans deux salles, une série de (trop) petits formats d’un des photographes que j’apprécie beaucoup pour la sensualité et l’érotisme de ses photos, Nobuyoshi Araki :101 oeuvres  pour Robert Franck. On y voit des femmes nues libres ou attachées, habillées, pudiques dans le bain ou d’une impudeur troublante, des couples, des natures mortes, des enfants allant à l’école, un chat, la ville, la population ou la solitude, l’intimité. Toutes photos en noir et blanc.Et une très belle photo du photographe sur le modèle. Pour ceux qui ne connaissent pas et n’ont pas de préjugés à jouer les « voyeurs » au risque de devenir admirateurs, voyez ici, personnellement j’y vois le grand art de l’émotion sensuelle.

Voilà ce que j’en retiens ici. Il s’agit au premier abord d’une exposition pour les férus de photographies, mais le parcours proposé est assez varié et peut largement intéresser les curieux de l’humain.

La maison rouge – Après Eden, la collection Walther – jusqu’au 17 janvier 2016

Vernissage au Palais de Tokyo, ce soir

Une info éphémère pour ceux qui sont sur Paris et voudraient découvrir la nouvelle exposition du Palais de Tokyo et l’ambiance qui sévit (du bruit sans fureur) les soirs de vernissage. C’est ce soir, lundi 19 octobre, entrée libre de 21h00 à minuit. On s’y croisera peut-être… (mon signe de reconnaissance, un sac à dos bleu, des bottes bleues, un appareil photo bleu)

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