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les oiseaux dans le bocal

ou comment les poissons rouges ont pris la clé des champs

Mois

juillet 2015

Marelle… à cloche-pied dans les multivers.

Je ne chercherai pas à vous convaincre que chaque fois que je suis morte, j’en ai été consciente. Je ne parle pas de réincarnation, mais de ma vie, là, celle qui appartient à mon corps, ici présent. Un peu comme les chats qui, dit-on, ont un potentiel de neuf vies. Il ne s’agit pas non plus d’évènements qui font que nous fermons une porte et que nous franchissons le seuil d’une autre, les grands bouleversements sont, heureusement ou hélas, parties intégrantes de la vie. Non, c’est juste que lorsque je meurs, c’est comme si un brouillon s’effaçait et que je continuais sur une même portée, un rattrapage à la volée, un désaccord qui entrave peu l’harmonie du morceau. Rendez-vous au point d’orgue comme on nous disait au conservatoire quand l’un de nous se décalait par rapport au tempo. Et des points d’orgue jalonnent mon parcours. En fait, c’est un peu comme à la marelle, à cloche pied on change de case. C’est une sensation vague que j’ai toujours eue, sans vraiment m’y intéresser, jusqu’au jour où j’en ai eu la preuve.

C’est arrivé lorsque je suis tombée dans les escaliers. J’allais jeter les poubelles un lendemain de fête. Le local poubelles se trouve à l’extérieur du bâtiment. Juste devant cette petite pièce les dalles étaient cassées, disjointes. Embarrassée par mes déchets, je me suis emmêlé les pieds, une dalle a basculé, ma cheville s’est tordue et j’ai chuté tête la première dans l’escalier en béton qui mène au parking. La chute fut lente, tout en ralenti comme dans les films, je me suis vue déboulée me cogner contre le mur d’un côté contre la rambarde grillagée de l’autre me tordre me fracasser, j’ai entendu mes os craquer contre les marches, j’ai senti le goût du sang dans ma bouche, et enfin, l’arrêt de tout. Je suis restée un bon moment à regarder mon cadavre disloqué en bas des marches au milieu des fientes de pigeons et de l’urine des gens de la nuit. Mon coeur battait très fort. Quelle peur ! J’en étais toute remuée, j’ai fini par ramasser les sacs poubelles que j’avais lâchés, je les ai balancés dans les containers, et jetant un dernier regard en contrebas à l’informité que l’obscurité grisâtre s’accaparait, je suis remontée chez moi, bien chamboulée. J’ai regardé ma famille, ils semblaient tellement comme d’habitude alors que je pensais qu’ils m’accueilleraient comme une miraculée. Ils ont bien vu que je n’étais pas dans mon assiette et m’ont demandé ce que j’avais. Je suis tombée dans les escaliers et je suis morte. C’est ce que je leur ai dit, je crois qu’ils ne m’ont pas crue. J’ai mis plus d’une semaine à m’habituer à mon nouvel état, à me réunifier, à ne plus me sentir une étrangère en moi. Les dalles devant l’escalier-poubelle ont été changées depuis. On attend toujours un accident pour agir.

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J’ai alors repensé à toutes ces fois où j’ai été renversée par une voiture, où mon vélo s’est envolé, où je suis tombée dans un bassin d’eau croupie dans un parc isolé que je traversais pour aller à l’école… J’ai repensé au ressenti chaque fois le même d’être passée à travers un sas. Et puis il y eut la dernière fois. Dans ma ville, ce n’est pas quand le feu piéton est vert qu’il faut traverser, ce serait trop dangereux, on traverse quand on peut le faire, et cette fois là j’étais certaine que je pouvais. Il y avait un embouteillage devant moi, je me suis faufilée entre deux voitures, et puis le vent a soufflé très fort, je me suis sentie toute éparpillée.

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C’est là que mon ange gardien a arrêté le temps pour venir me parler. Il était tout ébouriffé et paraissait bien fatigué. Il m’a dit qu’il fallait que j’arrête de me conduire comme une gamine, que j’étais épuisante à force, qu’il était grand temps que je me pose. J’ai compris que je lui donnais trop de boulot, alors je l’ai remercié et je lui ai dit que dorénavant c’est moi qui prendrais soin de lui, que c’était un juste retour des choses. Il n’a rien répondu sinon qu’il a levé les yeux au ciel. Mon coeur s’est remis à battre, mes pieds se sont immobilisés stoppant net mon élan devant la camionnette qui fonçait à vive allure et n’a fait que me frôler. Je pense souvent à tout ça, aux chances que j’ai eue de chaque fois m’en sortir d’une façon ou d’une autre. Depuis, il ne m’est rien arrivé, enfin presque rien, je me suis bien projetée contre un poteau, toujours à cause de dalles branlantes que j’utilise comme base de lancement, ce qui me valut un coquard et quelques bleus, mais je n’en suis pas morte cette fois.

***

dessins crayon graphite aquarelle

Paris plages off

J’étais descendue à Concorde pour rejoindre la Seine, direction Paris plages. Le matin de bonne heure, c’est le terrain des joggeurs et des photographes. J’étais partie avec une idée en tête : photographier du vide (je vous dirai peut-être pourquoi prochainement).
Arrivée sur le quai, je changeais d’avis subitement, je suivrais un homme et son chien. Je me suis dit que j’allais faire un truc comme Sophie Calle, suivre un inconnu dans la rue. Et bien, ça n’a pas duré longtemps. Mon inconnu a disparu sous une racine, je veux dire qu’il était là devant moi quand mon attention fut attirée par une racine qui soulevait des pavés un peu comme au cimetière du Père Lachaise les arbres soulèvent et ouvrent les tombes, et là le temps de prendre une photo, quand j’ai relevé la tête, y avait plus personne. Ni homme, ni chien. Envolés.
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Quelle piètre fileuse je fais. Qu’à cela ne tienne, je m’adonnais maintenant au papillonnage le long du quai de Seine, cueillant sous un pont un rayon de lumière, attrapant ailleurs le regard d’un oiseau, butinant là quelques sourires d’agents d’entretien des quais. Oui mais, à force de tourner dans tous les sens pour tout voir, j’ai bien vu que j’étais devenue l’inconnue qu’on suivait. Alors l’homme portant appareil photo s’est approché de moi. Je crois qu’il a attendu que je finisse de viser pour me parler, et nous voilà partis à discuter des photos que nous faisions. Nous nous racontions un peu nos expériences de Paris plages. Il voulait me montrer ses dernières photos, alors il a tendu son appareil devant nous mais avec le soleil je lui dis que je ne voyais rien. “Venez à l’ombre” me dit-il. Je le suis jusqu’à l’ombre. Il me montrait de nouveau l’écran de l’appareil, je n’y voyais toujours pas grand chose, c’était pas faute d’essayer, j’étais dans un équilibre des plus instables tellement je me penchais. Il me dit même que j’étais sur la photo mais qu’il ne fallait pas faire attention… j’y comprenais rien du tout, alors je lui ai parlé des panneaux d’interdiction de faire des photos qui fleurissent un peu partout cette année sur le trajet sablonneux. Ensuite, je ne me souviens plus trop si on s’est souhaité une bonne journée, je me suis remise à faire des photos, il est parti et a disparu, lui aussi.

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Je suis arrivée sous un pont, c’est là que j’ai vu danser la lumière. C’était si beau, on aurait dit un film projeté sur le pont-écran. Je suis restée longtemps à contempler et puis j’ai voulu attraper au vol tous les mouvements. Ça me soulevait le coeur tellement c’était joli. Je me suis penchée pour voir d’où venait cette effervescence, là encore c’était magnifique, des ondulations marquaient la surface de l’eau de mille empreintes.

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Je suis repartie parce qu’il le fallait bien, non sans avoir laissé des traces.

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et pour malyloup

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Laissons fondre le chocolat

Ce matin, je pensais trop fort au mélange poire chocolat amande… vous entendez comme ces trois mots associés sonnent bien dans ma tête ? Alors j’ai préparé les ingrédients pour faire un cake… en fait, là, c’est pour la  photo, j’ai mis un fond blanc pour que ça fasse joli. . cakeChoco0715_294 Ensuite casser le chocolat (bien fort en cacao) en tout petits morceaux, on en met partout, c’est normal. Ne pas oublier de gouter. Eplucher et couper les poires en dés. Faire mousser les oeufs et le sucre puis ajouter la farine le beurre fondu la levure la poudre d’amande le chocolat les poires et les amandes effilées. Essayer de ne pas enfariner l’appareil photo… Verser le mélange dans un moule à cake et l’arroser d’une pluie légère d’amandes effilées. cakechoco0715_328mulri Pendant la cuisson, faire la vaisselle et commencer le traitement des photos. Vérifier la cuisson au bout de cinquante-cinq minutes. Sortir du four. Prendre les dernières photos. S’abstenir d’y gouter… ou juste un tout petit bout pour dire si c’est bon… muumfff… envoyer l’article avec du chocolat sur les doigts. cakechoc0715_334

Les sauvageonnes

25/07/15 et 27/07/15 – étude pour les sauvageonnes au graphite aquarelle.

(je galère complètement à photographier ces dessins, si quelqu’un sait comment photographier le papier crayonné (aussi bien bristol que Canson à grain), je veux bien des conseils – j’ai essayé dedans, dehors, sans flash, avec flash, scanner, le papier est toujours grisé et si j’éclaircis on ne voit plus le dessin)

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Lartigue, Bonisson, Springs et les chats à la MEP

Une visite à la Maison Européenne de la Photographie – programme du 24 juin au 23 août 2015
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mep0715Jacques Henri Lartigue (1894 – 1986) – La vie en couleurs
Célèbre pour ses clichés noir et blanc, Jacques Henri Lartigue a aussi fait de nombreuses photos couleur. C’est une centaine de ses ”instants fugitifs”  parmi les milliers glanés pendant près de 80 ans, qui sont présentés ici, pour la première fois montrés au public. Que ce soit la série du printemps qui ouvre l’exposition en pétillant de fleurs et de renouveau, ou celle de l’hiver avec ses teintes ocres, brumeuses, dépouillées, ou encore les voyages et les coquelicots, ce parcours fut des plus jubilatoires. Un cadrage juste, des tons à faire vibrer toutes les cordes de notre sensibilité. Le photographe est un amoureux. “Je suis amoureux de la lumière, je suis amoureux du soleil, je suis amoureux de l’ombre, je suis amoureux de la pluie, je suis amoureux de tout.” Lartigue a collectionné toute sa vie : les autographes, les conquêtes, les records, les instants fugaces. “Il est 8 heures. Assis à l’ombre, les pieds nus dans un rayon de soleil encore supportable. Mon oeil vagabond sur du gazon tondu, des feuillages inconnus, glisse à fleur d’eau bleue de la piscine.” Dans la seconde partie de l’exposition, il y a ses premières photos autochromes et des photos reliefs sur plaques stéréoscopiques (des lunettes spéciales sont à disposition du public). On y voit déjà une composition assurée.
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J’ai aussi trouvé très belles les photos de Marcos Bonisson (vidéaste et photographe brésilien) – Arpoador est une série de photos noir et blanc de la plage du même nom à Rio de Janeiro. Des cadrages très serrés sur de très gros plans de la mer agitée, d’une oreille mouillée, et puis des visages, la foule au bain, des corps en mouvements. A signaler la puissance des tons foncés.
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J’ai moins apprécié l’exposition des photos d’Alice Springs, épouse et collaboratrice d’Helmut Newton, qui montre une série de portraits de célébrités et beaucoup de photos d’Helmut Newton seul ou accompagné.
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Sur les marches qui descendent au sous-sol, suivre les traces de pattes de chat… Le chat et ses photographes comme son nom l’indique présente de nombreuses photographies de chats, joueurs, à l’affût, aimés, curieux… saisis par divers  photographes. Je retiens particulièrement deux photos : le chat vu de dos, de Bettina Rheims – j’aime beaucoup le travail de cette photographe qui m’avait enchantée avec son exposition Rose c’est Paris, à la BNF Richelieu. On retrouve dans ce chat la patte de l’artiste qui donne à ce dos de chat tigré une élégante prestance. L’autre photo c’est la petite fille au chat, de Jean-Philippe Charbonnier, qui rayonne de joie de vivre.
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Il est évident, je crois, qu’à part la photo d’entête de l’article montrant la MEP, aucune autre n’est de moi.

Sortie au Bal : Images à charge

J’ai visité cette exposition le week-end dernier. J’avais préparé un article mais je me demandais s’il était utile de le poster. Images à charge est loin de l’exposition plaisir et je dirais qu’elle est plutôt âpre. Mais comme elle me poursuit un peu chaque jour, je vous en dis quelques mots.

Le Bal est un lieu dédié à la représentation du réel par l’image (18ème arrondissement, pas loin de la Place Clichy)

Images à charge, la construction de la preuve par l’image. Tout est dans le titre. L’exposition part des premières images photographiques au service de la police criminelle jusqu’aux images des guerres d’aujourd’hui.

D’habitude le Bal présente des oeuvres d’artistes, cette fois il s’agit de montrer l’image au service des chercheurs, des historiens, des criminologues. La salle du haut commence fort en présentant des images de victimes de crimes datant du début du XXème siècle, toutes dans le même format, vues de haut qui embrasse toute la scène, un peu comme si le cadavre et ce qu’il y a autour était mis en boite. Sans jeu de mots, on dirait des natures mortes. Et puis, des photographies de traces de sang ou de pas, d’empreintes, d’objets contondants, etc.

« La photographie ne dit pas nécessairement la vérité, mais elle peut être une représentation véridique. […] Las photographies comme la plupart des preuves ne sont que des signes »

Dans la grande salle du sous-sol, c’est un peu différent, puisqu’il y est souvent question de crimes de masse. Images d’avant et après un bombardement. Images d’enquête sur la destruction de Koreme, au Kurdistan irakien, l’image servant aux revendications de Bedouins sur leurs terres dans le désert du Néguev, etc…Et un film montrant les images toujours difficilement supportables de la libération des camps, les photographes formés, le film présenté aux nazis au procès de Nuremberg, dans le but de photographier et d’examiner leurs réactions face aux images de leurs crimes.

Mais c’est devant les portraits d’hommes de tous âges, de femmes parfois, photographiés avant d’être exécutés, condamnés pour crime d’état lors de la grande terreur en URSS en 1937 et 1938, que je suis restée le plus longtemps, j’ai même eu du mal à m’en extraire. En 15 mois près de 750 000 citoyens soviétiques vont être condamnés et fusillés. Je regardais les photos grand format souvent très belles de ces visages, regards fixant l’objectif, elles défilaient en un rythme lent faisant naître diverses émotions.

« Voir, c’est croire. La capacité d’attestation de l’image, qui prévaut dans la perception commune, est d’autant plus avérée dans le champ légal. La photographie révèle, enregistre, valide, certifie. Et l’usage courant de photographies dans les tribunaux, qui suite de peu l’invention du médium, le démontre : le pouvoir de vérité de l’image est un instrument de conviction essentiel au service de la justice. En réalité, ce pouvoir de vérité a toujours été ardemment débattu, parfois légitimement contesté et souvent contredit. » Diane Dufour, commissaire de l’exposition.

Voir le site du Bal

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Exutoire

Acte : Il lui dénude l’épaule, elle hurle, la maintient de force, se débat, se plaque contre lui, enfouit son visage contre son corps. Il perce la peau, enfonce la seringue, introduit le produit sédatif. La porte jusqu’au divan, elle est secouée de soubresauts, se calme… Je m’endors en dedans. Le long du corridor lentement tu marches lentement vers la porte lointaine tu pries de ne jamais l’atteindre ralentissant ton pas tes gestes laissant le temps te dépasser te précéder t’oublier. Pause sur le film de ta vie. Lumière noire devant l’entrée tu danses à reculons debout dénudée sous le souffle de pensées épurées longues sinuosités de courbes en douceur tu t’échappes vers le large l’ondulation au corps en va vient alangui. Pause sur ton rêve. Ta poitrine soulève un soupir aspire à l’amplitude tu deviens feuillage oscillant. Le linceul aérien t’enveloppe frivole et pénètre tes songes. Tu t’allonges sans cesser d’avancer pour ne pas sombrer ne pas parler ne pas crier ne pas te révéler. Silence chuchoté. Tes voix s’échappent en un souffle subtil t’encerclent te chavirent. Le temps dans sa pause éternelle t’offre une valse un pas de deux ultime il te porte tu virevoltes te reposes meurs un peu il te veille te réveille mon ami pas encore. Attends gémis-tu dans ton sommeil étale en ailleurs d’une torpeur langoureuse attends encore un peu.

Mandalavy

Illusion en miroir

Etrange pratique que celle de l’autoportrait. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, dirait l’un. C’est surtout très amusant. J’avais pour ce faire acheté du drap blanc, du drap noir. Installation de fortune. Il m’a fallu attendre ces jours pour (enfin) jouer à la poupée. Avec moi-même. Dis-lui miroir ce qui se cache en elle puisqu’elle te le demande, qu’elle tente de violer les secrets des farces de l’illusion. Car il s’agit d’un jeu et j’ai souvent attrapé des fous rires, oh oui, me précipitant le temps que le retardateur déclenche l’appareil, tombant, me rattrapant, prenant la pose, trop tard on recommence, trop flou on recommence, hors champ on recommence, mais zut on recommence. Ma crainte étant que je me prenne les pieds dans les propres pieds de l’appareil, cadavre exquis mon bel ami, miroir brisé dis-moi quelque chose, non, ne meurs pas… j’ai parfois eu quelques sueurs froides. Ainsi se termineraient nos folles parties d’obscur et de lumière, finies les  photos surprises, photos ratées, photos caresses, photos d’un voyage du corps à l’âme au corps exposé. Heureusement tout s’est toujours bien terminé, aucun blessé ne fut à déplorer, ni d’un côté ni de l’autre.

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Ce méli-mélo de deux autoportraits date d’une dizaine d’années.

Douze pieds d’un coup

petit amusement
*
*
S’enivrant d’écriture on se la rejouerait
Poète en pâmoison de ses propres sonnets
Ayant relu matin au hasard d’un fichier
Les mots que je pondais en un temps reculé
 *
Lire ces confessions ô combien ennuyeuses
M’exhorta à penser en vers à douze pieds
Un jeu que de couper l’oignon du taboulé
En rythmant la gestuelle aux rimes périlleuses
 *
Remplacer la tristesse la peur l’abandon
Par de l’huile d’olive du sel du citron
Du persil de la menthe au gré de nos envies
En guise de contrainte à jouir de la vie
 *
Goûter fermer les yeux servir frais en trinquant
Balayer d’un revers la ronde des tourments
Car de se sustenter de pommes et d’Adam
Vaut mieux que d’étaler les ténèbres d’antan
Promis, je n’avais pas prévu de parler ni de pommes ni d’Adam, mais comme ils se sont imposés, j’ajoute une photo de mes p’tites pommes.
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