Une nuit je me réveille avec une immense envie de faire un cube.

Allons bon, qu’est-ce que c’est encore cette idée saugrenue… j’ai sommeil, moi !

– Non, tu n’as pas sommeil !, trotte le cube derrière mes paupières closes, et le voilà qui tournicote comme s’il existait déjà, dehors, dedans, il s’ouvre pour dévoiler ce qu’il a dans le ventre. Tu veux dire des organes, tout ça ? Non, des secrets d’alcôve, un vestiaire, un préambule, la chambre des Béatrice. On pourrait partir d’un bord du labyrinthe et ouvrir une porte au hasard. Entrez monsieur le hasard, vous êtes ici chez vous, toujours le bienvenu dans mon bazar.

Je me lève, titube dans l’obscurité, lumière, ma règle, mon crayon, un grand papier à croquer. Le cube se planifie, se découpe. Le premier jour la peau est dessinée ou presque, elle sera en noir et blanc pour ne pas attirer l’attention. Le deuxième jour, l’en dedans, la couleur s’impose, elle y fera de la lumière quand le cube se refermera pour laisser libre cours aux jeux, danses, amusements. Le troisième jour, les finitions… Allez, on le déplie ?

 

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